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contrechamp / ACTUALITÉS

Sereine détermination et manœuvres troubles

La bonne nouvelle de la journée d’hier est venue des étudiants. L’intensification de la répression qu’on observe depuis vendredi dernier n’a pas affaibli leur mobilisation. Le constat est important parce que l’escale révolutionnaire juvénile du mardi renseigne sur l’état d’engagement de l’élite de notre jeunesse, un engagement vital pour le mouvement de résurrection nationale. Avant même que le chef d’état-major de l’ANP ne vienne, hier aussi, confirmer que des “parties” tentent de détourner le mouvement de son caractère pacifique, la jeunesse algérienne avait déjà adopté la bonne attitude, celle qui a consisté à poursuivre les manifestations sans reculer sur sa nature pacifiste.

Le chef d’état-major de l’armée a délivré un important message dans lequel il a tenté de lever l’équivoque sur son parti pris pour la solution constitutionnelle, largement rejetée par les Algériens si elle devait se limiter à un intérim pour préparer l’élection présidentielle sans l’évacuation préalable du régime. Le message énonce que “nous respectons parfaitement les dispositions de la Constitution pour la conduite de la transition, et je voudrais réitérer que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais”. Sans trop expliquer la méthode, Gaïd Salah semble vouloir indiquer que le respect de la Constitution ne nous enferme pas dans l’application mécanique de l’article 102. D’ailleurs, la démission, au même moment, de Belaïz, président du Conseil constitutionnel, est venue illustrer la multiplicité des moyens possibles de dépassement des difficultés institutionnelles sur la voie d’une évolution démocratique du pays. 
À ce paradoxe né de la contrainte constitutionnelle, que l’armée a voulu imposer à la solution d’une crise politique, s’ajoute un autre paradoxe : celui né du choix pour une démarche graduelle pour ne pas bousculer les institutions de l’État confronté à l’urgence de passer à la phase de transition politique effective. C’est Gaïd Salah qui fait l’observation : “La situation ne peut perdurer davantage, vu que le temps nous est compté.”Une urgence donc, mais qui ne devrait pas justifier quelque précipitation : “La réalisation de ces objectifs (revendiqués par le peuple) requiert plusieurs étapes nécessitant de la patience, de la compréhension et le rejet de toute forme de violence (…).”Dans la prise en charge des exigences du peuple, l’armée est, précise le chef d’état-major, mise en situation de devoir contrecarrer les perturbations qu’engendrent les agissements de “parties”, dont l’ancien chef du DRS formellement mis en cause, qui continuent à “œuvrer à attiser la situation, en approchant des parties suspectes, et inciter à entraver les solutions de sortie de crise”.
Dans tout cela, voici ce qui rassure : la révolution démocratique du 22 février, si elle perturbe les équilibres, en partie déjà conflictuels, du sérail, jouit de la détermination sereine du peuple insurgé.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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