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contrechamp / ACTUALITÉS

Situation révolutionnaire et discours conservateur


Depuis plus de six mois, une dynamique populaire d’une ampleur et d’une énergie considérables s’emploie à imposer un changement de système avec une détermination et une patience que la force de conviction seule peut inspirer. Malgré toutes les contrariétés, l’enthousiasme qui porte le mouvement ne semble pas s’émousser. Cependant, de toute part, et bien sûr de la part du pouvoir en premier, fusent des initiatives pour en traduire le sens, pour juger de sa pertinence, pour en évaluer les périls et les gains possibles, pour le soutenir ou tenter de l’infléchir, voire pour le contrer. On peut, cependant, observer à quel point le discours de tous ces intervenants prêche par incompatibilité avec le sujet même qu’il traite. Il n’est, certainement, pas dans la vocation du pouvoir d’appeler les choses par leur nom, son intérêt étant de nommer les choses pour ce qu’il veut qu’on les voit ! Mais même les collectifs et personnes que l’engagement et la bienveillance ont poussés à activer pour “la sortie de crise” restent prisonniers d’un lexique conceptuel que le système a façonné pour les besoins du régime Bouteflika. Ainsi, en est-il de cette notion de “sortie de crise”, une crise dont on prétend chercher la sortie avant même de l’avoir décrite et identifiée ! 
De quelle nature est-elle ? Et qui ou quelles en sont les causes ? Est-elle née avant février ou après février ? Frappe-t-elle le pays ou le régime ? Et surtout, question de l’heure et qui doit engager chacun : les revendications du mouvement populaire constituent-elles une solution à la crise ou non ?
Ce conservatisme lexical s’observe dans la survie de ces notions de “dialogue” et de “consensus”, inventions capitales du régime qui servent à noyer tout problème, et donc tout débat, dans des conciliabules interminables où l’ont rentre et sort à sa guise. En vingt ans, et plus si l’on intègre la période Zeroual, il n’y a pas eu un seul “dialogue” qui ait abouti à un… “consensus” ! Et le pouvoir a toujours tranché dans le vif, que ce soit pour l’arrêt du processus électoral, pour le retour à la “légitimité” électorale, pour la “réconciliation nationale”… Dans la question de la succession à Bouteflika, les différents clans du régime lui-même ne se sont pas entendus sur le moyen de pallier le problème de l’impotence critique de son président. Qu’est-ce que cette démocratie où l’on cultive “le consensus” comme pratique politique alors qu’on ne s’est pas encore entendu sur l’essentiel : quelle société sommes-nous ? Si bien que l’État pratique l’islamisme et l’arabisme sectaires sous l’égide d’une Constitution “démocratique” !
Le seul consensus historique, depuis la réunion de la Soummam, en août 1956, est celui qui unit le mouvement populaire. Mais ceux qui prétendent œuvrer à le traduire en processus politique le font avec l’arrière-pensée flagrante de vouloir y substituer leurs propres projets. Pourquoi ? Parce qu’ils refusent d’admettre ce qui s’y passe : une révolution populaire pacifique.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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