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contrechamp / ACTUALITÉS

SNM : quel message pour quels destinataires ?

Le communiqué du SNM a donné lieu aux lectures les plus contradictoires. Et pour cause : il semble avoir voulu y mettre tant de messages mais, peut-être timoré, il s’est contenté de tourner autour du pot. Avant de s’engager à… soutenir la feuille de route de la “transition constitutionnelle”.

Première observation : il est étonnant que ceux qui rendent la justice n’arrivent pas à s’imposer un devoir de clarté dans leur communication. Pourtant, qui mieux qu’un magistrat connaît l’importance de la lettre pour qui veut saisir l’esprit du message ? 
Seconde observation : pourquoi le SNM n’identifie pas les destinataires de sa mise au point ? Qui sont “ceux qui portent des accusations contre la magistrature et ses hommes à travers le recours, de plus en plus répété, de nombreuses parties officielles et non officielles, à la présentation d'une image stéréotypée d'une justice n'agissant que sur injonction” ? Qui “traitent avec eux (les magistrats) comme un appareil qui n'entre en action que sur ordre ou sur convocation” ? 
Il y a comme un paradoxe dans la démarche du syndicat : d’un côté, il s’élève contre ceux qui dénoncent l’absence d’indépendance de la justice ; de l’autre, il signale lui-même l’impossibilité “d’une justice indépendante et protégée avec les lois et structures régissant actuellement le parcours professionnel du juge, et qui ont prouvé leur inefficacité” ! Il va plus loin en préconisant que “la protection de la justice et des juges” doit “se matérialiser à travers un ensemble de procédures consacrant l'indépendance totale des magistrats, à commencer par le respect des lois et la révision des structures régissant le travail du magistrat et son parcours professionnel” ! Après avoir dénoncé, confusément parce que timidement, le “traitement” réservé à la justice, celui d’un “appareil qui n'entre en action que sur ordre ou sur convocation”, le SNM en vient à exiger une réforme de structures de la justice, mais de manière timorée, sans nommer sa revendication par son nom ! 
Il note ensuite, à juste titre, que “l'appel à la liberté de l'Algérie nouvelle implique obligatoirement l'appel à la liberté et à l'indépendance de la justice et son affranchissement de toutes les entraves matérielles et humaines”. Mais oublie de noter les entraves politiques, autrement plus contraignantes et plus productrices d’injustice. On peut lire l’hésitation politique du SNM dans “son engagement à contribuer de manière efficace à faire sortir le pays de sa crise pour le mener à bon port avec le peuple souverain”, une sortie de crise qu’il inscrit… “dans le cadre de ses institutions constitutionnelles qui expriment sa volonté libre”. 
C’est un syndicat conscient de l’état de contrainte de l’institution, mais agacé par l’image qui en découle qui s’adresse enfin au maillon faible de l’univers judiciaire, l’expression critique : il assure veiller à garantir, aux magistrats, “le soutien matériel et moral face à toute atteinte, par des déclarations, des insinuations ou tout autre acte matériel, à leur intégrité et à leur indépendance, en se constituant partie civile”.
Il est plus aisé de réprimer l’expression critique que d’entamer le combat politique pour l’indépendance judiciaire.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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