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contrechamp / ACTUALITÉS

Soubresauts

Dans un moment de déprime, Seddik Chihab a laissé tomber un aveu qui vaut témoignage : “Il y a (dans le régime) des forces qui sont gênées par les partis. Il s’agit de forces non structurées. Des forces non constitutionnelles, non organisées, etc. Elles sont partout. L’Algérie a été dirigée par ces forces durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années.” Sept ans au moins que le pays est donc géré par des gens qui refusent de s’exposer à la lumière du jour. Et qui jouissent d’une autorité qu’ils tiennent directement de Bouteflika, qu’elle eût transité par un de ses frères ou pas.
La révélation de ce qui est un secret de Polichinelle — les marcheurs égrènent tous les jours les noms de ces khédives informels — est suivie d’un autre aveu. “Nous n’avons pas eu le courage nécessaire pour exprimer tout ce que nous pensions de cette candidature qui paraissait anormale”, reconnaît le porte-parole du RND.
Avant d’ajouter que “nous (les dirigeants du second parti de la ronflante ‘Alliance présidentielle’) n’étions pas convaincus de la candidature de Bouteflika” !  
Autrement dit, ils ont osé soutenir une candidature qu’ils savaient nocive pour le pays et un Président qu’ils savaient secrètement remplacé, dans ses prérogatives, par un gang illégitime et illégal depuis au moins sept ans déjà. Misère !
On comprend que le RND ait vite fait de désavouer… son porte-parole : même s’il ne fait que confirmer ce que tout le monde sait de la mise en coupe réglée du pays par une secte, l’aveu d’un responsable de ce niveau vaut pièce à conviction. D’ailleurs, son parti n’a pas insisté sur les faits rapportés, mais seulement sur son “éloignement des positions connues du parti”.
Le repentir de Chihab tombait d’ailleurs mal, précédant de peu la perfide déclaration du coordinateur du FLN se défaussant, non pas sur le RND, mais nommément sur un Ouyahia qui aurait “géré pendant des années” et… “tout monopolisé”. Celui qui a été promu chef du parti majoritaire et de l’Assemblée nationale par la force du cadenas ose alors justifier l’injustifiable : “Le FLN n’a aucune responsabilité dans la situation actuelle.”
Dire que c’est à Ouyahia qu’est revenu le “sale boulot” de légitimer le double putsch au profit de Bouchareb par sa théorie du “fait accompli” ! “Le temps des baisers entre deux chemins ne dure qu’un carrefour”, chantait Brel. Les baisers de Judas durent le temps que l’un des deux soit exécuté !
En jouant à la victime — ô comble de l’arnaque ! —, le FLN espère sauver sa peau de parti, sachant que le peuple réclame à la mafia politique la restitution du sigle sacré. Car si ce symbole continue à être instrumentalisé par des intérêts de bandes, la rupture, même avec le départ du régime, n’aura été qu’une illusion. Il est primordial de priver le régime de la rapine des moyens de se reconstituer, dont et surtout le sigle FLN.
Si, dans ce contexte de sauve-qui-peut, les deux partis du pouvoir feignent le ralliement au mouvement populaire par précaution tactique, ils n’omettent pas de poursuivre leur alliance…antipopulaire à travers leur soutien solidaire à la feuille de route de Bouteflika.
Assurément sans trop y croire.


M. H.

 


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