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contrechamp / ACTUALITÉS

Souveraineté, géopolitique et démocratie


Depuis de longues années, le pouvoir chinois sévit dans un huis clos absolu contre les minorités du Xinjiang, en particulier contre les musulmans ouïghours de cette région. Mais le monde est tout de même au courant des pratiques d’oppression et de répression dont cette minorité est victime. Surveillance, centres d’“éducation”, séparation des enfants de leurs parents…pour ne parler que de formes de sévices confirmées.

La Chine ne constitue pas un cas unique de violation “systémique” des droits de l’Homme, mais la question ouïghoure est illustrative du caractère vital du principe de souveraineté pour la prospérité des dictatures. Règle corollaire de ce principe, la norme internationale de non-ingérence constitue une garantie d’immunité pour les régimes autoritaires répressifs.
Le 10 juillet dernier, vingt-deux pays, tous européens, en plus du Canada, du Japon, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ont cosigné une lettre à ce sujet et l’ont adressée au Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU. Dans ce document, les États signataires se disent préoccupés par “des rapports crédibles faisant état de détentions arbitraires”, de “surveillance généralisée et de restrictions, ciblant particulièrement les Ouïghours et d’autres minorités dans le Xinjiang”, et rappellent 
à la Chine “ses obligations de membre du Conseil des droits de l’Homme”... 
On peut noter que, parmi les pays signataires de la lettre, il n’y avait aucun État musulman qui aurait pris le risque de fâcher la Chine au nom de la solidarité de communauté ! Dans le monde non démocratique, les régimes sont solidaires des régimes, pas des peuples ou des groupes humains !
La réaction de la Chine a été immédiate, sans surprise dans son fond, mais étonnante dans sa forme : deux jours plus tard, le 12 juillet, elle fait signer une “contre-lettre” à trente-sept pays “amis”. Ces États y félicitent la Chine pour “ses remarquables réalisations en matière de droits humains”. Ils y expliquent la répression des musulmans ouïghours par le fait que “le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux ont causé d’énormes dommages à tous les groupes ethniques du Xinjiang” et soutiennent la création de “centres d’enseignement et de formation professionnels” (nom officiel des centres d’internement des Ouïghours) en les qualifiant de “mesures de lutte contre le terrorisme et de ‘déradicalisation’ dans le Xinjian” !
Dans cette liste de pays soutenant le régime chinois dans le harcèlement de la minorité musulmane régionale, on compte onze États musulmans, dont l’État gardien des Lieux saints, les inévitables agitateurs internationaux, le Qatar et les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Syrie, le Pakistan et… l’Algérie.
N’y voyons surtout aucun choix idéologique ou calcul d’intérêt national. La géopolitique des dictatures vise d’abord à entretenir leur solidarité de nature. L’Homme passe bien après le Système. Pour la survie de chacun, je ferme les yeux, tu fermes les yeux et on se tient les coudes.
Hors démocratie, la souveraineté n’est pas la souveraineté des peuples ; elle est celle de leurs despotes.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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