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contrechamp / ACTUALITÉS

Statu quo

Les millions d’Algériens qui revendiquent la fin du régime ne se sont pas bercés d’illusion et cru que le régime allait plier bagage juste parce qu’on le lui demande. Ce pouvoir n’est pas venu et n’a pas duré par la volonté du peuple ; il ne se voit donc pas partir par la volonté de même peuple.
Les foules d’Algériens qui manifestent depuis des semaines se savent engagés dans une tâche ardue. Et pour cela, ils se sont choisi la difficile voie de l’ordre, de l’union et de la persévérance.
Pour l’heure, le régime s’accommode de cette forme d’expression qui n’a rien de déstabilisant pour ses habitudes et prend tout le temps nécessaire pour tenter ses artifices et manœuvres. Une attitude cyniquement enveloppée dans des hommages câlins au gentil peuple qui proteste massivement, mais pacifiquement. Le chef d’état-major de l’ANP a réitéré hier ce discours encenseur à l’égard des marcheurs dans une allocution faite, dirait-on, pour… ne pas répondre à la question posée par toute une nation : tout en nous apprenant que “pour chaque problème existe une solution, voire plusieurs, car les problèmes, aussi complexes qu’ils soient, trouveront indéniablement une solution convenable, voire adéquate”, mais ne nous fait pas part de la solution qui convient à notre cas. Après avoir émis cette lapalissade, il se limite à nous faire part de son assurance que “le peuple algérien (…) dispose des aptitudes nécessaires pour éviter à son pays toute conjoncture pouvant être exploitée par des parties étrangères hostiles”.
Comme dans le sketch “Le Sar Rabindranah Duval” de Pierre Dac et Francis Blanche, il suffirait donc au bonheur des Algériens de savoir qu’il y a une solution. Inutile de la mettre en œuvre ! Dans le spectacle évoqué, l’acolyte du Sar, espèce de devin indien, s’écrie à propos d’un problème qu’il vient de lui poser : “Il peut le faire, mesdames et messieurs !” Et la salle applaudit sans que l’espèce de mage indien ait à faire la démonstration de son pouvoir divinatoire. Le subterfuge exécuté par Gaïd Salah n’omet pas de glisser dans son discours l’épouvantail d’une “conjoncture pouvant être exploitée par des parties étrangères hostiles” et que le peuple a la responsabilité
d’éviter.
C’est dans la même veine que le président Bouteflika a évoqué, hier aussi, dans son message du 19 mars, “un peuple qui doit prêter main forte à son armée pour préserver l'Algérie contre les dangers extérieurs”.
Avec l’intervention, le même jour aussi, d’Ouyahia, appelant à des réponses dans les “plus brefs délais aux demandes pacifiques” du peuple algérien dans une lettre par laquelle il informe ses militants que le RND “prendra part à ce processus de transition démocratique proposé par le président de la République”, il y a tout lieu de croire à une initiative concertée au sommet, pour la relance de la feuille de route pour une transition conduite sous la tutelle de Bouteflika.
Dans un certain sens, le régime fait du surplace tout en faisant préventivement porter au peuple la responsabilité d’une éventuelle dégradation de la situation propice aux “dangers extérieurs”. Il se profile donc une sorte de passage en force dont le pouvoir n’ignore pas le risque, mais qu’il va tenter tout de même !


M. H.


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