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contrechamp / ACTUALITÉS

Système de rente, un régime d’exclusion

Abderrahmane Achaïbou a écrit au président Bouteflika pour dénoncer le refus de l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, d’accorder à son groupe les agréments pour l’importation et pour le montage des marques dont il était le concessionnaire pionnier.
Il faut croire que le départ de Bouchouareb, en mai dernier, n’a pas arrangé les choses pour les entreprises Achaïbou, puisque les marques qu’il détenait et que l’ancien ministre a reversées ensuite à “ses parents ou amis” ne lui ont toujours pas été restituées. Ce qui prouve que, dans le régime, il y a une espèce de “continuité de service” qui fait que l’alternance à la tête des institutions ne change rien à la nature de ce régime.  Et ce qui prouve aussi que ce n’est pas dans la clandestinité que Bouchouareb a opéré sa “répartition” des quotas d’importation de véhicules et des marques élues au montage local. S’il a servi “ses parents et amis”, il a aussi dû servir “les parents et amis” des autres membres du régime, chacun en fonction du poids qu’il représente.
C’est la règle de fonctionnement de ce système de gestion des affaires de l’État dont la finalité est prioritairement privative. Autrement dit, les intérêts des familles du régime, parentèles biologiques et clientèles politiques, passent avant les intérêts du pays et avant toute conception doctrinale de sa gestion économique. Parmi les responsables de l’État, le pouvoir de servir ses proches est inégal et est fonction de la contribution de l’individu ou de l’enrochement de son clan au régime. Mais, dans ces limites, cette aptitude à faire profiter les siens ne s’exerce certainement pas à la dérobée.
D’ailleurs, dans ce système de répartition clanique de la rente, le pouvoir ne considère que les prébendiers ; il ignore les exclus, ne serait-ce que parce que c’est la masse. Il ne sabote pas Achaïbou, par exemple, c’est juste qu’il n’y a pas de place pour lui, parce que des ambitions parrainées passent avant. Et si certains ont pu faire fortune sans passer par le filtre politique, ils sont traités pour ce qu’ils sont : des anomalies à réduire pour qu’elles ne puissent pas répandre la pédagogie de la réussite autonome.
Il est donc vain de chercher un recours auprès d’un système conçu pour assurer une répartition sélective des dividendes récoltés par l’exploitation du sous-sol national. Ce serait prêter à ses génies une candeur qu’ils sont loin d’avoir. Et cela reviendrait, indirectement, à les dédouaner de leur responsabilité dans l’organisation et le pilotage d’un système de pillage qu’ils conduisent avec une totale clairvoyance.  Aujourd’hui, l’automobile constitue, pour ainsi dire, le véhicule principal de distribution d’une rente amoindrie. C’est pour cette raison qu’on assiste à une restructuration nerveuse du secteur.
Dans le mode de répartition oligarchique de la rente, les oubliés de “la liste officielle” ne correspondent jamais à une erreur. Ni à un acte isolé.

M. H.


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