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contrechamp / ACTUALITÉS

Système, trafic et corruption

Une nouvelle quantité de cocaïne a été saisie au port d’Oran. Il s’agit de sept cents…grammes, cette fois-ci. C’est, cependant, suffisant pour expliquer que le scandale des sept cents kilos n’a pas mis fin aux affaires.
Quelques jours plus tôt, un “baron” de la drogue — encore un ! — aurait été arrêté à Sidi Bel- Abbès. Il était recherché depuis 2013, dit-on. Il a ainsi pu continuer à jouir de son business en toute liberté parce que des gens, parmi ceux en charge de la lutte contre les trafics, lui ont assuré l’immunité.
On a trop vite cru, espéré, que l’affaire des sept quintaux allait provoquer un séisme rédempteur dans nos institutions. Des décisions de déchéance ont touché les plus hautes positions  du système sécuritaire mais autant ne pas supputer. Depuis que d’autres “coupables” sont revenus en “victimes”…
Pourtant, notre histoire récente est jalonnée d’affaires politico-financières “infécondes”. Malgré cela, nous ne nous sommes pas encore faits à cette idée que, dans notre situation politique, il est vain de croire que, juste parce qu’un autre scandale a éclaté, quelque chose va changer en matière de trafic et de malversations en tous genres. Ceux qui animent la vie mafieuse nationale sont, comme on le constate à chaque esclandre, dans les institutions.
De plus, la prévarication s’est répandue, par une espèce d’effet de ruissellement, jusqu’à la base de ces institutions, se “démocratisant” et se banalisant ainsi. La morale, lasse de résister à une pratique conduite par ceux qui ont mission de la freiner, a fini par s’y adapter. Même si, par prudence, on dissimule l’objet de ses magouilles, on ne cache plus les fruits de ses trafics ! Quelle institution de vigilance publique s’est enquise de l’origine de la croissance exponentielle, ostentatoire et, par endroits, agressive de la fortune de Chikhi ?
Ceux qui s’en sont aperçus ont d’abord pensé à se sucrer, direz-vous !
Un exemple illustre cette impuissance structurelle de l’État à contrer le trafic et la corruption : celui des produits pyrotechniques. Il ne se passe pas une fête familiale sans qu’elle donne lieu à une débauche de feux d’artifice ou, au moins, de pétards. Les jours suivant les résultats du baccalauréat, un déferlement sonore et fulgurant a embrasé tout le pays. Ici, aussi, la morale s’accommode de ces fournitures criminelles et contribue à la pollution sonore de notre environnement. On dirait un pays où personne n’a besoin de conditions de concentration, de méditation, de réflexion !
Ce sont donc des tonnes, des centaines, des milliers de containers qui transitent régulièrement par les ports, pas par les frontières terrestres, vastes et difficiles à surveiller, et assurent l’approvisionnement soutenu du marché de la pyrotechnie. Pendant ce temps-là, les autorités poussent leur coquetterie prohibitive jusqu’au chocolat aux noisettes !
Quand, dans une société, la corruption domine, tous les fléaux, les plus périlleux, peuvent se frayer un chemin jusqu’au cœur de cette société. Il suffit de payer les corrompus parmi ceux qui sont en charge de la défendre.
Il n’y a pas d’autre remède à la malédiction de la corruption que de changer le système politique qu’elle entretient.


M. H.


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