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contrechamp / ACTUALITÉS

Tamazight et cinquième mandat

Dans la perspective du cinquième mandat, Ouyahia a réédité son engagement de ne pas se présenter contre Bouteflika.
Prudente attitude. D’une part, dans ce cas de figure, le résultat sera prévisible ; d’autre part, l’inutile défi mettrait en danger une carrière qui, pour n’avoir pas abouti à la fonction suprême, reste pour l’heure assez prospère.
Promu d’emblée patron d’un appareil conçu in vitro, Ouyahia ne va tout de même pas faire le détour de l’opposition pour espérer assouvir son évident appétit de pouvoir. Dans un système où les trajectoires politiques se programment de l’intérieur, l’opposition mène à tout sauf au pouvoir. Faute de pouvoir concurrencer le détenteur de l’autorité absolue, on ne peut rêver que de lui succéder.
Cette stratégie semble lui attirer quelques agressions décochées de l’intérieur du régime. Car, de nombreuses ambitions, amarrées à un  dénominateur commun — la pleine obédience au président Bouteflika —, languissent à l’ombre du tuteur et ont de plus en plus de mal à contenir leurs mutuelles hostilités.
Pour prévenir une possible succession issue du RND, Ould Abbes défend le monopole du FLN, parti de la majorité, du Président, de l’État… et d’où émergera nécessairement le candidat qu’il soutiendra. Dans cet affrontement aux arrière-pensées inavouées, Bouteflika lui-même devient un enjeu. Si bien qu’Ouyahia doit clamer que “Bouteflika appartient à tous”.
Et pour le faire sien, le Premier ministre pousse la spéculation jusqu’à s’inventer un Bouteflika en rupture avec le FLN de la “Charte nationale” et des “constantes”. Il n’hésite même pas à intervenir dans “l’écriture de l’Histoire” pour évoquer des témoins anonymes rapportant le fait, inconnu jusqu’ici, que Bouteflika aurait désapprouvé l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri, le 19 avril 1980 !
Avec un tel capital “culturaliste”, on ne devrait pas douter que ce sont bien les convictions de notre Président qui ont fondé les décisions prises en faveur de tamazight. Malheureusement, ce passé politique revisité rappelle, irrésistiblement, le propos pour le moins offensant par lequel Bouteflika précisa, dès l’entame de son règne, sa position quant à la revendication amazighe : le “jamais” retentira longtemps dans tant de mémoires blessées. Qu’importe l’arithmétique politique qui l’a contraint à ces concessions. Mais ce serait une injustice supplémentaire que de vouloir détourner le résultat de sacrifices cumulés d’élites et de populations qui, au fil des décennies, se sont dévouées à leur cause au profit d’un pouvoir qui s’est durablement appliqué à les réprimer, de manière sanglante parfois. Ainsi, en fut-il lors de la répression du mouvement de 2001 qui fit plus de cent victimes, dont des enfants.
Quant à la censure de conférences, pas besoin de remonter à 1980 : en 2017 et 2018, des universitaires — Daho Djerbal et Aïssa Kadri — sont interdits de prise de parole publique ! Et des cafés littéraires ne doivent leur survie qu’à une forte mobilisation populaire. Les contraintes politiques évoluent obligeant à des adaptations de position. Mais il n’est pas permis d’y adapter les faits.


M. H.


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