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contrechamp / ACTUALITÉS

Tamazight et l’autoritarisme

Djaballah a parlé pour eux. Pour tous ceux qui ont eu de la peine à avaler le calice de la proclamation de Yennayer comme fête légale et officielle.
Une Constitution révisée pour accorder le statut de langue nationale à tamazight ; une nouvelle Constitution qui la promeut au rang de langue officielle et lui dédie une Académie… Un enseignement encore marginal mais en expansion et un début d’usage administratif…
Avant même l’indépendance du pays, les futurs vainqueurs de la guerre des clans avaient choisi de faire de l’idéologie panarabiste le moyen d’étouffer toute expression d’une perspective nationale autonome. Il ne fallait surtout pas que les citoyens s’arrogent le droit d’imaginer leur avenir national en dehors du cadre tracé par le clan putschiste. Le baâthisme était là, prêt-à-porter politico-culturel qui dispensera l’Algérie d’un éventuel débat sur ce qu’elle est et qui elle est.
Toute prétention identitaire qui viendrait contrarier ce choix “uniciste” est impitoyablement réprimée. Mais les luttes culturelles et identitaires ont fini par imposer cette réalité humaine préexistante à l’arabisation et à l’islamisation de l’Afrique du Nord. Quand il devint incontournable que l’habit arabo-islamique ne suffisait pas à enrober un fait national et régional qui prend ses sources des millénaires plus loin, le génie réducteur s’est employé, et s’emploie encore, à chercher un statut aux “dialectes”, aux “régions”, aux “minorités”, aux “spécificités”, etc., qui survivent dans une entité arabo-islamique qui serait par ailleurs homogène.
Les éléments d’amazighité sont reconnus comme existants, pas comme structurants. S’il est juste utile de toujours rappeler les sacrifices qui ont permis à la cause identitaire de rester vivace, il n’est pas ici question de revenir sur les motivations politiques qui ont incité le pouvoir à répondre à cette revendication de la manière dont il le fait depuis quelques années, entre répression et concessions. On doit surtout observer que le même autoritarisme, qui préside au verrouillage politique, à la répression des libertés individuelles et collectives, à la dégradation des droits humains et à la dissipation prédatrice des ressources du pays, aura servi à faire avaliser un recentrage identitaire fondamental par des parlementaires en majorité inextirpables de leur certitudes islamo-baâthistes et inaccessibles à l’idée de multiculturalité.
C’est que le régime est passé par là. Et sa pédagogie de la carotte et du bâton a fait son œuvre. Les forces qui veulent prospérer sous son règne ont appris à applaudir à toutes ses décisions et à les juger d’emblée lumineuses. C’est le prix de la survie politique et de la rente. La sincérité régressive de Djaballah vient de ce qu’il n’a pas ce souci. Aucun autre régime, plus ouvert, n’aurait pu faire passer ces acquis avec autant d’aisance. Au minimum, de telles initiatives auraient essuyé quelque résistance au fallacieux motif de la menace sur l’unité nationale qui a toujours justifié la privation de liberté et le sectarisme arabiste et islamiste.
C’est étrange que, même pour ces petits progrès, il faille que la puissance autoritaire contraigne les forces rétrogrades au renoncement.

M. H.


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1 réactions
Argaz le 17/01/2018 à 23h15

Djabballah effectivement n'a aucun souci, lui qui a participé par son mutisme durant les années de terreur pendant que les têtes des algériens debout se faisaient décapiter. On n'en a pas besoin de son avis, l'Algérie est algérienne, amazigh et musulmane. Cordialement

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