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contrechamp / ACTUALITÉS

Terrorisme : guerre et paix

Le général Gaïd Salah a salué “les résultats retentissants réalisés sur le terrain” par l’ANP.
Cette phrase aurait pu être prononcée à n’importe quel moment, tout au long de ces vingt-cinq dernières années, tout au long de cette longue guerre que l’islamisme a imposée, une guerre qui n’est pas encore finie et qui, en effet, “ne peut prendre fin qu’avec l’éradication totale du fléau”. Car, c’est dans la nature du terrorisme d’agir tant qu’il dispose de “bienfaiteurs” pour le financer et l’armer, d’écoles pour lui préparer de la chair à canon, de prédicateurs pour lui rabattre les amateurs de houris et les convaincre de la légitimité de la violence rédemptrice.
De son côté, le terrorisme, quand il ne peut pas vaincre, peut se suffire de terroriser. En attendant… Il a une espèce de propriété de régénérescence, tant que les ingrédients à la base de sa formation peuvent être à nouveau réunis.
Pour vaincre, vraiment, le terrorisme, il faudrait vaincre l’islamisme. Et les islamistes. Et pour vaincre l’islamisme, il faudrait commencer par le combattre. Or, quand on scrute les institutions et qu’on observe la société, on voit dans leurs attitudes respectives que ce combat n’est clairement pas à l’ordre du jour. Et pour cause : la riposte à l’hégémonie islamiste, à son prêche comme à sa terreur, consiste, partout dans le monde musulman, en une stratégie de composition. Pour se le rallier, les États adoptent la culture sectaire de l’islamisme et l’imposent à leurs sociétés.
Pire, certaines dictatures musulmanes y ont trouvé l’antidote au mouvement démocratique qui, éventuellement, les remet en cause. C’est le cas de l’Algérie. En cédant à la tentation du compromis islamo-conservateur, elle a favorisé politiquement le terrorisme tout en le réduisant militairement. Pour s’attirer les bonnes grâces des terroristes potentiellement attirés par l’offre de “réconciliation nationale” et de leurs parrains politiques, le pouvoir s’est contraint à leur aménager un contexte rigoriste où ils peuvent se réinsérer sans efforts d’adaptation séculaire. La “réconciliation nationale” a eu l’effet désastreux de banaliser le statut de terroriste : ce n’est plus un monstre, puisqu’à son retour, on peut le voir activer dans l’administration, à l’hôpital et même dans les services de… sécurité. Elle a aussi suscité la frustration ravalée, mais réelle, des victimes.
Sans la pression de la lutte armée, passée et présente, la “réconciliation nationale” n’aurait pas eu ces redditions à brandir comme autant de trophées politiques. La preuve, lorsqu’il s’est agi de libérer, comme “repentis”, les terroristes emprisonnés, on n’en a dénombré à peine deux mille six cents. Or, au plus fort du GIA, le maquis en comptait au moins trois mille. Où étaient-ils passés ? Éliminés par la résistance et les forces de sécurité.
C’est donc bien la lutte armée qui a réalisé les retentissants résultats sur le terrain de la lutte contre le terrorisme en Algérie.
Le succès politicien de la “réconciliation nationale” ne vient, lui, que de ce qu’en matière de guerre, et comme l’écrivait Bernanos, “l’esprit de l’Avant fait la guerre, c’est l’Arrière qui fait la paix, la paix lui ressemble”.

M. H.


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