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contrechamp / ACTUALITÉS

Terrorisme, “réconciliationnisme” et héroïsme

Lorsque l’unanimité (moins quelques réticences) se fit sur le caractère héroïque du geste de l’officier Arnaud Beltrame au cours de la prise d’otages du supermarché de Carcassonne, le souvenir de pareils sacrifices est remonté chez de nombreux Algériens. Et quelques internautes s’en sont fait l’écho.
Ces circonstances algériennes d’alors, aujourd’hui dépassées sur le plan militaire et sécuritaire, ne sont, heureusement, pour le peuple français, point comparables au contexte français actuel. Ni à aucun autre contexte en dehors du monde musulman. Le projet de l’islamisme pour l’Algérie était d’en conquérir le pouvoir et le territoire par le moyen d’une stratégie de terreur et de génocide.
Il fallait, en effet, beaucoup d’héroïsme pour résister à ce déferlement de barbarie. Mais partout où il frappe, le terrorisme islamiste le fait pour susciter la frayeur et pousser au renoncement. En Algérie, il a réussi, par la terreur, à pousser plus d’un à la démission. Des notabilités politiques et des responsables institutionnels ont détalé devant. Il a converti à son idéologie des responsables chargés alors de la défense de l’État que ses armées, le GIA et l’AIS, étaient en train d’essayer d’abattre. Sans doute, dans l’Algérie des années 1990, la peur a fait plus de convertis que les prêches. C’est ce qui explique ce paradoxe qu’au moment où l’islamisme était militairement battu, la société et les institutions étaient quasi intégralement acquises à l’islamisme.
En France, ou dans tout pays occidental, l’islamisme ne peut recruter que dans les espaces musulmans communautarisés et pêcher quelques individus à la marge de la société. La résistance à l’effet effarant du terrorisme est possible pour le maximum de monde, l’ambiance générale étant à l’autodéfense. De plus, le terrorisme n’y soutient pas un projet politique local ; au mieux, il prétend dissuader l’Occident en général d’intervenir contre ses velléités rédemptrices et de conquête des territoires musulmans. Cependant, il ne peut se passer d’agresser cet Occident dont la conversion constitue, pour les groupes terroristes, le premier argument de recrutement.
La liste universelle de héros de la lutte contre le terrorisme est déjà longue et est, malheureusement, appelée à s’allonger. Sa matrice, l’islamisme, continue à produire… du terrorisme. Aujourd’hui, le monde pratique le paradoxe suivant : il compose avec un fascisme, l’islamisme, et fait la guerre à son bras armé, les groupes terroristes.
Les pouvoirs, en terre d’islam, affrontent le terrorisme et cultivent la doctrine qui le légitime ! Par peur, le plus souvent, par calcul politique ou géopolitique, parfois. En Algérie, s’il avait fallu que l’opinion française insistât sur l’héroïsme du gendarme Beltrame pour que des Algériens se souvinssent avoir vécu de semblables cas, c’est parce que l’illusoire “réconciliation nationale” les a contraints, un jour, à tout oublier pour ne pas froisser la sensibilité des terroristes “repentis”. Ils ne devraient y avoir que “des victimes de la tragédie nationale”. Pour que les survivants, dont certains le sont parce qu’ils ont fui le devoir de résistance, et d’autres parce qu’ils ont fui le maquis, puissent cohabiter sans mauvaise conscience et sans motif de discorde !

M. H.


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