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contrechamp / ACTUALITÉS

Terrorisme :une affaire militaire et… politique

L’armée algérienne a éliminé vingt-cinq terroristes lourdement armés à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. Si l’on excepte la déclaration de Lamamra qui a trouvé l’opération “audacieuse”, le pouvoir politique n’a pas trop commenté l’évènement. Pas plus qu’il n’a commenté l’assassinat de quatre Patriotes dans la région de Batna ni l’arrestation d’un groupe de soutien au terrorisme comptant “un repenti”.
Depuis la mise en œuvre de la “réconciliation nationale”, l’évolution de la situation sécuritaire tient de la vie parallèle. Le pouvoir ne conçoit pas de s’exprimer sur de tels faits autrement qu’en rappelant “la paix revenue” et, en même temps, “la poursuite de la lutte contre le terrorisme”. Et même cela, il ne le fait qu’à l’occasion. Désigner ces événements pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire la manifestation. C’est contraire au dogme de la “réconciliation nationale”.
Ainsi, l’action — remarquable — des forces de sécurité, même si elle révèle surtout qu’il subsiste un potentiel terroriste insoupçonné sur notre territoire, n’est plus soutenue par un mouvement d’opinion politique manifeste. Non pas que son rôle ne soit pas apprécié dans son importance véritable, mais parce que le climat politique n’est pas à la mise en doute de l’efficacité sécuritaire de la “Charte”. La hiérarchie militaire, qui a été l’artisan pratique de la démarche de “réconciliation nationale”, doit sûrement comprendre que cette “solitude” politique de la lutte anti-terroriste est un effet de l’approche adoptée depuis la fin des années 1990 dans le traitement de danger terroriste.
En optant pour l’approbation référendaire de la “Charte pour la paix et la réconciliation nationale”, c’est parce qu’il n’était pas convaincu de la légitimité morale d’un tel processus et qu’il fallait lui donner les attributs d’un choix populaire qui engage la nation entière. Un choix qui ne peut souffrir d’aucune remise en cause. Or, le terrorisme n’est plus ce qu’il était en 1999, ou même depuis 2006. Avoir affaire à Al-Qaïda ou à Daech, ce n’est pas avoir affaire au GIA ou à l’AIS. En d’autres termes, nous n’avons plus affaire à un terrorisme “algérien”. Certes les islamistes algériens le soutiennent, mais n’ont pas de pouvoir d’orientation sur ses stratégies. Le terrorisme ne s’est pas internationalisé idéologiquement seulement ; il s’est internationalisé sur le plan du commandement, de l’endoctrinement, du recrutement et sur les plans tactique et logistique.
Or, une stratégie conçue pour rattraper des “égarés” et affaiblir, même relativement, les rangs des maquis locaux n’est pas forcément adaptable à un terrorisme sans frontières. Même le discours sur “les dangers qui nous entourent” n’est pas conforme à la réalité. C’est le même terrorisme, comme l’a montré la tragique opération de Tiguentourine. C’est le même terrorisme transnational, même s’il y a une compétition entre les deux grandes pieuvres.
Parce qu’il est un danger planétaire, le terrorisme ne peut plus être approché en termes de compromis locaux. La réconciliation nationale, outre qu’elle ne peut nous faire l’économie d’une lutte armée, est dépassée en ce que le terrorisme lui-même n’est plus “national”. Il est temps que la société politique et la société civile se réapproprient le débat sur la question sécuritaire.


M. H.


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1 réactions
muhand le 28/05/2015 à 16h16

Les militaires algériens ont compris que capturer vivants des islamistes terroristes c'est les retrouver plus tard au front par la grâce d'une amnistie de la honte décrétée par un président qui a une dent contre le peuple algérien, c'est pourquoi l'éradication de cette vermine verte passe par l'élimination physique de ces groupuscules sans foi ni loi et c'est ce que font les militaires à qui il faut rendre un vibrant hommage.

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