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contrechamp / ACTUALITÉS

Transition… vers plus de pétrole

“Réussir la stratégie nationale des énergies renouvelables à l’horizon 2030”. Ce slogan fleuve est censé “résumer” l’objet de la rencontre organisée par le FCE et à laquelle participent plusieurs ministres, Sonatrach, Sonelgaz et autres organismes et entreprises concernés par le secteur énergétique.
Pour soutenir cet évènement, le président de la République a fait lire un message dans lequel il rassure sur l’état des réserves d’hydrocarbures et promet une loi sur les hydrocarbures encore plus attrayante. Il faut reconnaître que ce n’est pas le genre du discours qui invite à la mutation énergétique ; ce n’est pas en insistant sur la disponibilité de la matière fossile et sur la facilitation prochaine de l’accès à cette matière qu’on favorise les stratégies de rechange ou de concurrence aux énergies traditionnelles.
On peut même se demander si, en ces temps de pénurie de marchés publics, l’oligarchie rentière n’a pas trouvé, dans le prétexte de la “transition” énergétique, une porte d’entrée dans le juteux secteur énergétique. Il nous revient, à ce sujet, le propos de Loudah, monsieur Énergie du FCE, expliquant que c’était une bonne chose que l’Algérie ait pris du retard en matière de solaire : entretemps, les panneaux sont devenus moins chers et le coût de production plus bas… Il ajoutait qu’il valait donc mieux se concentrer sur la pétrochimie et prendre son temps pour aller vers les nouvelles énergies.
En novembre 2016, le FCE et Sonatrach ont organisé une rencontre semblable où il était question du même “quota” de production d’énergie — 22 000 MGW à l’horizon 2030 — réservé au renouvelable ! Ni la proportion ni l’échéance n’ont changé puisqu’ils constituent des bases à l’engagement de l’Algérie à la COP 21 de réduire de 7% ses émissions de CO2. Quoi de neuf, si ce n’est l’annonce d’une autre révision de la loi sur les hydrocarbures mâtinée de “transition énergétique” ?
Il y a quelques mois, comparant l’indifférence qui accompagne nos retards technologiques cumulés avec l’émotion que suscite la crise des hydrocarbures, Houda Faraoun se désolait que l’Algérie fût “en marge de la Révolution numérique”. Le pétrole intéresse, en effet, mais par son seul impact financier ! Il y a comme une justice intersectorielle en matière de sous-développement stratégique : l’Algérie est aussi “en marge de la révolution énergétique”.
C’est une tournure d’esprit chez un pouvoir pour lequel les hydrocarbures sont d’abord un moyen d’emprise financière, donc politique, sur la société. Il y a un état d’esprit correspondant chez la clientèle entrepreneuriale du régime : c’est l’exploitation, ici et maintenant, du filon qui l’intéresse. La transition, on peut l’attendre, “en marge”, pour le jour où les nouvelles énergies seront à bon marché.
Si l’Algérie avait, non pas une politique, non pas un plan de transition énergétique, elle aurait commencé par le plus simple, les premiers éléments de transition énergétique : la promotion des principes de sobriété et d’efficacité énergétique, dans la vie domestique, dans l’industrie, le bâtiment et les transports...
Pas même un effort pour décourager l’usage du gasoil… importé ! Bref, ce qui nous attend, c’est une transition vers plus de pétrole !

M. H.


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aminelicia le 18/01/2018 à 17h12

Je suis sûr que si on se penche sérieusement sur l'énergie inépuisable que constitue l'énergie solaire du Sahara, le pétrole et le gaz seraient voués au statut de reliques antiques. Mais cela n'arrangera pas les affaires de l'oligarchie et des rentiers au pouvoir. Il n'y aura plus de commissions, plus de missions, plus d'intermédiaires payés à prix d'or.

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