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contrechamp / ACTUALITÉS

Transparence : les limites du système

Les autorités algériennes ont ordonné aux banques d’ouvrir toutes grandes leurs portes à tout dépôt sans poser de question sur l’origine des fonds.
Tout de suite après, le ministre des Finances s’est dit satisfait “des mesures prises ces derniers temps”, celles-ci ayant, selon lui, attiré des “sommes énormes” en provenance du circuit informel. Même s’il est normal qu’un guichet débureaucratisé soit plus engageant qu’une banque inquisitrice, cet afflux de fonds aux origines anonymes reste économiquement difficile à expliquer. Car, en effet, l’activité informelle a besoin de capitaux informels. Sinon, cela veut dire que la spéculation foncière et immobilière, les ateliers souterrains, l’extraction clandestine de sable, le commerce de contrebande, le change parallèle et toutes ces activités où le chèque est prohibé sont en train de disparaître !
Outre cette économie parallèle dont le fonctionnement nécessite des fonds non traçables, il y a aussi les trafics de drogue et autres articles prohibés qui “tournent” aussi avec de l’argent.
Cela, sans compter l’incivisme fiscal répandu qui fait que des Algériens fuient la banque pour fuir les impôts. Du fait de notre long passé de colonisés, nous avons intégré l’idée d’externalité d’un État qui, au lieu d’être l’émanation politique de la société, serait son exploiteur. Et, depuis l’indépendance, la pratique du système consistant à enrichir son clan et sa clientèle d’écornifleurs, en puisant dans les impôts et les royalties du pays, n’a pas contribué à nous guérir de cet instinct de défiance vis-à-vis du… beylik.
L’enrichissement des familles souscrivant à la rente se fait de mille manières. Des privilèges discrétionnaires aux concessions patrimoniales, en passant par le détournement impuni et le passe-droit en matière d’importation et de réglementation des changes, etc. Pour être aussi pandémique qu’elle l’est dans notre pays, la délinquance économique a aussi besoin de complicité politique. Le rôle du politique est justement de pousser le contrôle à déserter les circuits de transit de l’argent informel. Pour les besoins des privilégiés d’entre les prévaricateurs, ces circuits peuvent s’étendre hors des frontières. C’est le ministre du Commerce qui reconnaissait récemment l’importance de la surfacturation, principal procédé de transfert illicite de devises. Rien qu’à considérer les placements immobiliers, de notoriété publique, réalisés par certains pontes du régime, on comprend qu’il y en a d’autres.
L’informel est une nécessité de système. C’est pourquoi ce même système s’est toujours heurté à ses propres limites, à chaque fois que le pouvoir a exprimé des velléités de transparence. Au demeurant, comme le reconnaît le discours officiel, ce n’est pas tant l’objectif de transparence qui pousse le pouvoir à faciliter les opérations de guichet, mais le besoin de faire feu de tout bois pour procurer, en ces temps de crise, des liquidités supplémentaires à un système financièrement vorace.
Ce ne sont point “certains guichets bancaires (qui) ont été à l’origine d’entraves dans le domaine, au motif de la disposition relative à l’origine des fonds notamment”, comme les en accable le ministre. Mais, c’est le système qui n’a pas pu aller contre sa logique. Et qui n’est pas près de le faire.


M. H.


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2 réactions
Fraternity le 27/02/2018 à 15h49

Le système a imaginé tous les stratèges et combines, pour rapatrier les fonds qui circulent librement dans l'informel sans succès (obligations convertibles, rémunérations contre amnistie fiscal, finance dite islamique..) Les fonds attirés non chiffrés ne représentent qu'une goutte d'une économie dominée par l'informel.Même les clients du système qui s'activent sous sa bienveuillance ne font pas confiance aux banques : Khelifa, BEA, BCIA sont passés par là; serait il le début de la fin..!!

kad25 le 28/02/2018 à 12h14

Pourtant c'est si simple, tant qu'il restera toujours des employés de banques ou de la poste, par ailleurs, qui prennent leurs aises et méprisent les clients. Aucune avancée ne sera possible sans changer les mentalités. Ils faut qu'ils sachent que les clients ont droit au respect et à leur argent.

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