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contrechamp / ACTUALITÉS

Trump, déshonneur de l'Amérique

C’était donc cela son projet de “Make America great again” ?
Depuis une année qu’il est au pouvoir, Donald Trump n’en finit pas de s’en prendre aux pays d’émigration qu’il amalgame dans des ensembles génériques approximatifs (pays musulmans, pays africains…) avec un acharnement de querelleur de cours de récréation.
Avec le Mexique, qu’il prétendait obliger à construire son propre mur anti-immigration, la provocation a commencé avant même son élection. Il n’a pas pu aller au bout de son chantage, mais il s’en vengera en renégociant, ou peut-être en dénonçant, à terme, l’accord de libre-échange nord-américain (Alena). Depuis, son tour du monde de la provoc n’a épargné aucun continent, offensant jusqu’à ses alliés européens, comme la France (sur l’insécurité de Paris), l’Allemagne (sur sa gestion des migrations) et la Grande-Bretagne (sur son inaction contre le terrorisme local)…
Ses fanfaronnades ont, cependant, pris des allures de poltronnes gesticulations face aux forfanteries encore plus irresponsables de Kim Jung-un. Comme il vient de le montrer au sujet de l’accord nucléaire avec l’Iran, Trump a la reculade aussi aisée que la menace. Mais il semble avoir, dans sa nature, le plaisir de l’offense. Ses propos sur le traitement dégradant qu’il aime infliger aux femmes en témoignent.
Son sexisme n’ayant d’égal que son racisme, Trump a fini par se convaincre que l’Amérique serait plus grande sans le reste du monde. En particulier, les musulmans et les Noirs. Des pays qu’il ne perçoit qu’à travers ce triple rapport à l’Amérique : le péril migratoire, le péril terroriste et l’appel à l’aide américaine. À l’issue du vote sur la résolution condamnant sa décision de transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à El-Qods, il a bien averti qu’il se souviendra du vote de certains États “aidés” car, estime-t-il, les bénéficiaires de cette aide, les Palestiniens compris, devraient s’en tenir à ne point contrarier la puissance donatrice.
Ce serait, en effet, en cohérence avec l’idée d’“America first” que sa charité commence par elle-même. Et même qu’elle n’aille pas plus loin. Si les USA veulent appliquer ce principe de “chacun pour soi” au sujet du réchauffement de la planète, ils peuvent encore plus légitimement le mettre en œuvre en matière de solidarité économique et humanitaire. Tout cela en supposant, avec Trump, que les États-Unis ne doivent rien à personne.
En face, ces “pays terroristes” et “pays de m…”, ces victimes — parce qu’il s’agit bien d’agressions non armées — devraient prendre leurs dispositions pour s’émanciper de cette aide de dépendance. Les Africains viennent de réagir, par leur groupe à l’ONU et par leur organisation continentale, avec la fermeté qu’impose une telle infamie. Mais pour donner du crédit à leur indignation, il faudrait qu’ils se résolvent à se défaire de ces “aides” avilissantes. Il faudrait bien que ces ensembles méprisés atteignent un jour l’âge de la maturité où ils se suffiraient de leur solidarité propre et où ils cesseraient d’attendre de l’Occident son assistance et leur honorabilité.
La leçon des avanies de Trump est que le tiers-monde, l’Afrique et le monde musulman en particulier ont besoin de réaliser leur indépendance morale.

M. H.


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