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contrechamp / ACTUALITÉS

Un partenariat stratégique de campagne ?

À l’issue de la rencontre Bouteflika-Macron et sa délégation, Jean-Yves Le Drian a déclaré que “Bouteflika est intellectuellement en parfaite forme”, entretenant ainsi la tradition des témoignages de bonne santé que délivrent souvent les visiteurs français de notre Président.
Du point de vue de la campagne pour le cinquième mandat, la relation avec le quatrième président français de l’ère Bouteflika débute visiblement sous de bons auspices. Et par les résultats du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) réuni à Paris, jeudi dernier, on a voulu nous montrer qu’elle va en s’améliorant. Même si les quinze dernières années de cette relation sont loin de figurer, par leur bilan global, un réel cas de “partenariat stratégique”.
Ce bilan illustre plutôt les limites d’une coopération concentrée sur le secteur éducationnel et culturel, dont une partie découle de l’effort naturel d’un gouvernement français pour la promotion de la langue française. L’Algérie n’est, en effet, pas dans des dispositions qui lui feraient présenter quelque attractivité pour l’investissement étranger, qu’il soit français ou autre. La règle des 51/49 la contraint à se contenter de formules qui, comme dans le cas de l’automobile, se résumeraient à de “l’importation déguisée”.
Cet obstacle de politique économique prend la relève d’un autre, psychologique celui-là, qui résidait dans le préalable tacite des excuses de la France pour son passé colonial. Cette demande n’est pourtant pas formellement exprimée. Mais, le contentieux mémoriel s’ajoutant à un climat des affaires défavorable, le développement du partenariat économique s’en trouve naturellement hypothéqué. Il semble, cependant, que, désormais, il n’y a pas que cela. À l’horizon, s’estompent de nouvelles embûches qui ne manqueront pas d’affecter la sérénité apparente de la relation. Car la France de Macron ne vient pas en coupable. Non seulement celui-ci a adopté l’attitude devenue héréditaire des présidents français — reconnaître le passé mais pas s’en excuser — mais il est, à son tour, en demande d’une espèce de “droit au retour” au profit de “ceux qui sont nés en Algérie” et qui sont attachés à ses racines. On ne peut imaginer que, dans le contexte français, le gouvernement puisse le demander pour les pieds-noirs mais pas pour les harkis. L’autre demande, peut-être moins sensible, concerne la participation militaire algérienne à la lutte contre le terrorisme hors de ses frontières.
L’année 2018 est une année charnière pour le régime algérien. Elle doit préparer les meilleures conditions pour une cinquième élection de Bouteflika. Et si le témoignage de bonne santé du ministre français des Affaires étrangères et, surtout, un voyage d’État de Macron constituent des éléments bienvenus de campagne pour le cinquième mandat, il sera, en revanche, plus dangereux pour la cause de ce cinquième mandat d’initier un débat sur le retour des harkis.
Quelle stratégie pour le partenariat algéro-français, sinon un échange occasionnel de bons procédés n’échappant pas à l’usage politicien qui, depuis deux décennies, affecte nos relations internationales ? En cela, et au-delà des promesses de circonstance, elle ne peut être qu’aléatoire, sinon capricieuse.  


M. H.


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