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contrechamp / ACTUALITÉS

Une caricature, deux univers

Une caricature géante montrant un portrait moitié Salmane moitié Trump pour exprimer la collusion des deux dans la décision de transfert de l’ambassade américaine en Israël vers Al-Qods a été brandie par des spectateurs au cours d’une rencontre de football à Aïn M’lila.
À Riyad, le geste a apparemment suscité une forte indignation. Ce qui a provoqué une rapide réaction des autorités algériennes. Tayeb Louh s’est empressé d’annoncer que la justice s’est emparée de l’affaire, avec la diligence sélective qu’on lui connaît. Avant que le Premier ministre ne présente les excuses… de l’État et du peuple algérien à la royauté courroucée. Le zèle expiatoire ne s’est pas arrêté là, puisque les instances du football, à travers la Ligue de football, sont allées aussi de leur enquête. Alors que, depuis les multiples déclarations de fin saison dernière, le monde sportif attend toujours l’enquête sur les matches arrangés et la corruption qui gangrène le ballon rond, les instances footballistiques participer à la traque de “coupables” visant à montrer au monarque courroucé l’ardeur nationale mise à confondre ceux qui ont osé ce crime de lèse-majesté.
D’ici quelque temps, on sacrifiera un Algérien, ou plusieurs, avec une sévérité dosée sur l’intensité de l’ire royale. Une ire que les Saoudiens ressentent visiblement plus ardemment lorsqu’il s’agit d’irrévérence venue de leurs coreligionnaires. Car, enfin, la banderole mise en cause ne comporte pas le message le plus accablant parmi ceux que les détracteurs du régime wahhabite lui délivrent sans discontinuer et de tous les coins de la terre.
Une profusion d’ouvrages et de documents écrits, filmés et dessinés sont régulièrement produits partout dans le monde pour décrire le caractère archaïque du régime en question, pour dénoncer son despotisme sanglant et ses ingérences nocives et surtout pour démontrer la responsabilité du wahhabisme, cette idéologie qui tue dans la naissance, et le développement du terrorisme islamiste international. On ne voit pourtant pas l’Arabie saoudite contraindre les États concernés à s’excuser ou à punir leurs impertinents auteurs.
Manifestement, il a suspecté en l’Algérie l’opportunité de faire montre d’une aptitude à indignation. Dans un pays où l’impertinence artistique et littéraire s’en prend jusqu’à notre propre chef d’État, pourquoi devrait-elle se censurer parce qu’un souverain étranger a la susceptibilité facile ? D’autant plus qu’il s’agit, non d’une caricature blessante pour la personne du roi, mais d’un authentique message politique résumant la perception générale que l’initiative américaine a nécessairement été précédée de la consultation de son principal allié dans la région : l’Arabie saoudite. Le message est peut-être dérangeant pour la réputation politique du régime, mais il n’est pas offensant.
Et au demeurant, s’il devait l’être, pourquoi ne l’a-t-il pas été pour Trump qui partage le portrait avec le roi Salmane ? Parce que l’Amérique est une démocratie qui, malgré sa puissance, conçoit que les gouvernements ne disposent pas de la liberté d’expression de leurs citoyens. Et que s’il veut attaquer les insolents tifosis, il devra déposer plainte par lui-même.
Mais là, nous sommes dans un autre univers.

M. H.


Réagissant à la chronique Contrechamp d’hier, Ould Abbes a tenu à préciser que la déclaration insinuant que la question amazighe est une création coloniale est le fait de Kassa Aïssi.
Celui-ci l’aurait énoncée sur une “chaîne privée étrangère”. Dont acte.


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1 réactions
Argaz le 22/12/2017 à 20h22

Je suis immensément déçu par la réaction inappropriée de nos soit disant dirigeants en charge de la gestion de ce qui en reste du pays de la mémoire de Abane Ramdane et Ben M'hidi particulièrement. A bon entendeur...

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