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contrechamp / ACTUALITÉS

Une conception du pouvoir

La succession de choix politiques et économiques qui ont mis le pays dans son état actuel  est le fait d’un régime qui, dès son avènement, a conçu le projet de perdurer indéfiniment. À partir de cette résolution, ses orientations et les décisions qui en ont découlé ont toutes été inspirées par cette finalité et furent vouées à la servir.
Cette visée conservatrice est à l’origine, entre autres, du traitement ambivalent de la question de l’islamisme : lutte contre le terrorisme et accommodement avec l’islam politique. L’ampleur des concessions politiques découlant de la “réconciliation nationale” est, en effet, sans commune mesure avec ses très relatives retombées sécuritaires. La victoire sur le terrorisme est le fait de la lutte armée.
Malgré cela, des perspectives inespérées s’ouvraient aux islamistes grâce à ce rapprochement avec le pouvoir. En banalisant son impunité, le pouvoir a d’abord légitimé, a posteriori, le terrorisme. En encourageant leur participation politique, il a ensuite ouvert les institutions à l’infiltration des courants “entristes” de l’islam politique. En agréant le commerce informel bazardji, il a encore renforcé la base économique de la mouvance islamiste. Contre la reconnaissance de son autorité, le pouvoir a, enfin, concédé aux intégristes la prérogative tacite de régir le mode de vie des Algériens en usant librement de leur pression de hordes. Leur pouvoir de contrôle idéologique s’étend alors à l’école, à l’information, à l’art, aux loisirs, etc.
Il a sacrifié le libre développement culturel des Algériens sur l’autel d’une “paix” politique avec les islamistes et de sa “stabilité” tant invoquée !
Tout autant que sa perspective politique et civilisationnelle, le développement économique du pays a été occulté au profit d’une gestion domaniale des ressources du pays. Cette option rentière vise à empêcher l’émergence de tout pouvoir économique autonome dans la société et permet au pouvoir de créer “ses” propres fortunes, ses fortunes de confiance. Le règne du régime a été jalonné d’onéreux “programmes de soutien à la croissance” qui ont servi à entretenir des opérateurs qui sont en train de fondre en même temps que les réserves de change ! Ils ont aussi servi à renforcer la légitimité du régime par une diplomatie “commerciale”.
Drôle d’économie de marché dont l’État veut contrôler, non pas le fonctionnement, mais les acteurs. Résultat, il l’a sclérosée et en est resté l’acteur principal. Mais acteur rentier, improductif. Dès que la rente s’est tarie, on s’est aperçu qu’il n’y avait presque pas d’économie. Mais des opérateurs qu’il faut continuer à perfuser, au risque de perdre de précieux alliés.
Le pouvoir a aussi pris de s’approprier le monopole de l’intervention sociale tous azimuts ; subventions, crédits jeunes, logements sociaux…à des citoyens qui ont fini par prendre goût au confort de cet empressement politique. Paix sociale assurée ! Et “stabilité politique” garantie tant qu’on ne leur pose pas la question de la provenance de ces compléments de revenus.
Ce qui ruine le pays depuis près de deux décennies, c’est une conception du pouvoir. Elle consiste à soumettre toute la vie nationale à la finalité unique de la pérennité de ce pouvoir.

M. H.


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