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contrechamp / ACTUALITÉS

Une gestion par foucades et sursauts

Est-ce le PPP qu’on enterre ou sa mise en œuvre qu’on retire au Comité de participation de l’État, c’est-à-dire au gouvernement ?
Pour l’heure, on sait qu’à moins d’un nouveau retournement de situation, toujours possible, le nouveau round de privatisation d’entreprises publiques décidé par la tripartite sous forme de participation associative n’aura pas lieu. Mais nous ignorons si l’engagement et le désaveu viennent du même centre de décision ou s’il est question d’un décideur et d’un objecteur distincts.
La décision d’instauration des licences d’importation, la liste des opérateurs agréés de montage automobiles, la loi sur les postes et télécommunications… ont déjà fait l’objet de ces volte-faces devenues caractéristiques de la pratique de gouvernement actuelle. Ce sera sûrement bientôt au tour de la liste des produits suspendus à l’importation d’être, partiellement ou totalement, suspendue !
On croit seulement savoir que le pacte public-privé signé par la tripartite et les dernières décisions du CPE auxquelles il a donné lieu sont suspendus par… la “Présidence”. C’est ainsi qu’on désigne désormais l’origine des directives présidentielles, peut-être parce qu’on est de moins en moins certain que le Président est directement à l’origine de ces ordres et contre-ordres qui, depuis de longs mois, font office de gouvernance. Tous les décideurs, dans les instances exécutives, disent s’inspirer, dans leur action, du seul “programme du président de la République” et veiller à l’application de ses orientations. Mais dans les faits, et hormis les décisions prises en Conseil des ministres et formellement attribuées à son initiative, comme celle de faire du premier Yennayer un jour férié, nul ne peut mesurer la part du chef de l’État dans la conception des politiques énoncées et la manière de les appliquer.
Surtout que, dans la pratique, le gouvernement peut allègrement s’écarter des programmes, orientations et normes préalablement et solennellement établis : dans l’élaboration du budget 2018, l’Exécutif ne s’est pas contraint au respect de la “trajectoire budgétaire 2017-2019” prévue par la loi de finances 2017 ; il s’est même détaché de son propre “Plan d’action”.
On ne sait si cette inconstance managériale a son origine dans les contradictions internes au pouvoir ou dans son inconsistance stratégique. On ne sait donc pas si Tebboune, par exemple, est l’auteur des mesures qui sont à l’origine de son éviction ou s’il a payé pour que le pouvoir puisse revenir sur une orientation aussi vite abandonnée qu’elle fut adoptée. À une échelle moindre, cela aurait pu arriver à la ministre des Postes et Télécommunications si elle avait fait montre de quelque attachement à “son” projet de loi.
À ce côté erratique de la gestion des affaires du pays s’ajoute le flou entourant un processus de décision qui, du fait de l’état de santé du Président, a encore gagné en opacité et s’est éloigné des procédures institutionnelles. Ce mode de gestion ne correspond même pas à une navigation à vue ; c’est une marche à l’aveugle.

M. H.


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