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contrechamp / ACTUALITÉS

Une transition sous tutelle

Le président Bouteflika a enfin répondu favorablement au peuple qui lui demandait de renoncer à un cinquième mandat. Une victoire qu’il faudrait sûrement apprécier à sa juste valeur quand on sait de quelle fort belle manière elle vient d’être arrachée. Mais une semi-victoire, Bouteflika ayant glissé sa prolongation de règne jusqu’à, au moins, la fin de l’année (clôture des travaux de la conférence nationale) et jusqu’aux élections qui viendront ponctuer cette période de transition.
Nous ne sommes donc pas dans le cas d’une fin de régime immédiate, comme revendiquée par la population qui manifeste.
La décision de Bouteflika de revenir sur sa candidature à un autre mandat présidentiel n’est pas la fin de quelque chose. Mais elle se veut quand même le début d’autre chose dont les grandes lignes sont tracées dans son message, un plan de transition.  
On y lit que la “conférence nationale inclusive et indépendante” aurait tous les pouvoirs nécessaires à la conception de la base institutionnelle du nouveau système politique national. Mais il reste difficile d’y entrevoir la démarche prévue pour la mise en place des conditions de rupture rapide avec le régime dans sa globalité, comme revendiqué aussi par les foules de manifestants. Si l’on se réfère à la première décision concernant le changement de gouvernement, le remplacement d’Ouyahia n’est pas ce qu’on pourrait appeler un acte de rupture. Pas plus que le retour de Lamamra. Or, la composition du gouvernement constitue la première traduction concrète du message-programme du président Bouteflika.
Même si nous n’avons pas à aller plus vite que la musique, les nominations de… rupture déjà actées n’encouragent pas à l’optimisme. On aura donc un vice-Premier ministre, un Premier ministre et un président du même régime pour gérer le pays pendant la période de transition.
Vient ensuite la question des modalités de sélection des membres de la conférence nationale et, au bout de l’opération, la composition de ladite conférence. Qu’on ignore pour l’heure. Mais il leur faudra un haut degré d’autonomie pour conduire les travaux de réforme politique et les mettre en œuvre
en toute indépendance alors même que le régime est encore au pouvoir !
En tout état de cause, ce sont ces deux questions (la nature du régime gérant et la composition politique de la conférence) qui préoccuperont les Algériens et détermineront le climat politique national pour les prochains jours et les prochaines semaines.
Le régime ne renonce visiblement pas à la manœuvre. Pourtant, durant ces quinze jours de protestations, loin de s’atténuer, le soulèvement est pourtant allé en se renforçant et en se généralisant. La dernière corporation à exprimer sa participation au mouvement revendiquant un changement de régime n’est autre que celle des magistrats. Le fait est particulièrement prodigieux s’agissant d’une institution dont le contrôle politique constitue la condition première pour qu’un pouvoir injuste puisse instaurer son autorité sur son peuple. Ce qui explique la réaction d’arrière-garde du désormais ex-ministre de la Justice rappelant les magistrats à leur “obligation de réserve”.
Juste avant que le message de Bouteflika n’évoque cette nouvelle “exigence de reddition des comptes”.
L’avenir nous en dira plus.


M. H.


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