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contrechamp / ACTUALITÉS

Urgence

C’est à la quasi-unanimité que la presse a commenté et lu dans le communiqué du MDN l’expression d’un bras de fer exacerbé “entre l’armée et le clan présidentiel”.Or, le communiqué en question n’identifie pas les parties “malintentionnées” dont il dénonce la réunion et qui, selon lui, “s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple”. On peut tout de même établir qu’il ne s’agit pas de Bouteflika, si tant est qu’il puisse se réunir, puisqu’en tant que Président encore en exercice, il a tout le loisir de le faire. On ne voit pas, non plus, en quoi cela servira sa pérennité de “porter atteinte à l’ANP”, même pour riposter à la position désormais défavorable de son chef d’état-major. Il ne peut pas encore s’agir de ses collaborateurs institutionnels, dont son frère : ceux-ci représentent encore une présidence non encore clôturée. 

Le mystère est entier. Mais on peut déjà trouver des raisons à l’irritation perceptible de Gaïd Salah dans le fait que, malgré l’état de dislocation de la structure politique autour de la Présidence, le chef d’état-major se trouve plus en situation politique inconfortable. Trois jours après avoir émis sa proposition de mise en œuvre de l’article 102, le Conseil constitutionnel n’a toujours pas réagi à son initiative. Ce qui en fait, pour l’heure, un coup d’épée dans l’eau. On ignore s’il se trame quelque part une contre-offensive à sa demande en forme de suggestion, mais la situation l’oblige quand même à se remettre à l’ouvrage pour faire passer sa solution. Ou une autre. S’il veut se retrouver en bonne place en fin de course.  Pour fortifier sa position, le général Gaïd Salah commence par déclarer les dernières manifestations populaires comme autant d’appuis à l’option de l’article 102. Tout en détournant le message de cette journée de revendications, il reprend à son compte l’article 7 brandi, ce jour-là, par la population. Il se voit donc non seulement approuvé dans sa démarche pour l’application de l’article 102, mais il se renforce en invoquant les articles 7 et 8, comme éventuelle solution de dépassement de cet article 102 qu’on n’arrive pas à actionner.
En fait, il n’a pas trop le choix tant il apparaît de plus en plus clair que Bouteflika, lui ou ceux qui décident pour lui, refuse de quitter le pouvoir. L’armée ne peut plus qu’envisager de le déposer pour éviter l’impasse qui se profile à courte échéance.
Pendant ce temps, la vie publique se “policiérise” et se “judiciarise” : le feuilleton des pontes du régime arrêtés ou empêchés de voyager s’emballe et tend à dépolitiser le débat. L’issue de la révolution citoyenne se rapproche et on ne voit toujours pas l’ébauche d’une méthode de dépassement du système. La cadence des marches hebdomadaires ne correspond plus ni au rythme actuel de la roue de l’Histoire, ni à l’urgence de la situation politique, économique et sociale, ni à la nature des transformations que nous revendiquons.
Si un débat n’est pas vite enclenché et rapidement mené, le peuple risque de passer du statut d’acteur de sa révolution à celui de figurant. Voire de victime.
 

M. H.


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