Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Vie politique rétamée, société surveillée

La question du consensus pour une transition est réglée. Le MSP peut archiver le concept dans sa boîte à idées, avec d’autres inventions bien à lui, comme “el Islam houa el hel” et autres coups de génie islamo-politiques. Avec le FFS, ils seront au moins deux partis visibles à cultiver ce modèle de contrat visiblement plus facile à préconiser qu’à parapher.
C’est le moment choisi par les deux chefs de partis du pouvoir, Ould Abbes et Ouyahia, pour se parler et parler d’autre chose : très certainement des “émeutes” par lesquelles on essaie de “régler les problèmes sociaux”. Et qui tendent à se multiplier, en particulier aux confins des Hauts-Plateaux et dans le Sud, malgré l’éprouvante et longue canicule qui y règne. L’aménagement des horaires de travail pour ce qui reste de l’été arrivera-t-il à calmer la colère des chômeurs et des mal-logés dans ces régions ?
La multiplication des manifestations n’est pas la généralisation de la révolte, comme on l’a observé tout au long de ces dernières années. Mais le risque n’est jamais à écarter. Et si le Premier ministre rejette cette manière de “régler les problèmes sociaux”, c’est parce qu’il entrevoit qu’en conséquence de la diminution de ressources budgétaires, de la baisse relative des niveaux de revenus, de l’augmentation du chômage, etc., le pouvoir va au-devant de fortes pressions sociales. Pour l’heure, les bienfaits de la planche à billets semblent sans limite, mais
il faudra bien que le gouvernement songe à ralentir cette espèce de fuite en avant financière.
Le régime ne fait les choses que pour défendre sa “stabilité”. Mais ne cultivant que le double réflexe de la répression et de la dépense, il manque cruellement de réponse à une demande sociale de plus en plus en plus pressante. Maintenant que l’argent commence à manquer, il ne lui reste que la répression pour contenir l’agitation si elle devait s’intensifier.
On le voit : l’aisance avec laquelle il contrôle la vie politique contraste avec l’incommodité dans laquelle le mettent les mouvements sociaux et l’expression citoyenne. En cette veille de renouvellement de mandat, les revendications syndicales, l’activisme associatif, l’animation des réseaux sociaux et l’exercice citoyen de la liberté d’expression l’indisposent au plus haut point.
Sur le front social, les techniciens de maintenance d’Air Algérie viennent de l’éprouver à leurs dépens, malgré le subterfuge bigot de leur promesse d’assurer le service du hadj. Du côté de la société civile, la peine cruelle infligée au blogueur Merzoug Touati et le sévère châtiment qui pend sur la tête du militant Salim Yezza informent sur la stratégie de dissuasion judiciaire que le pouvoir ressort à chaque fois que s’amplifie sa remise en cause.
Sinon, les partis… “c’est combien de divisions ?” Tout en entretenant une vie politique symbolique et illusoire, le régime s’emploie à traquer les derniers espaces de liberté et de critique qui survivent dans la société.


M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER