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contrechamp / ACTUALITÉS

Zemmouri, un crime écologique… durable

Il y a quelques jours, le wali de Boumerdès a déclaré vouloir reprendre l’hippodrome à l’abandon de Zemmouri.
Connaissant la pratique qui consiste à cacher les désastres aux responsables en visite de train et à leur maquiller le circuit, on se demande comment il a fait pour pouvoir constater le dommage : un coûteux investissement qui n’est plus qu’un site délaissé où des gradins, des écuries et autres dépendances agonisent. Une clôture, rompue par endroits, marque encore le territoire d’un établissement fantôme.  
Cette forêt, dite du Sahel, autrefois luxuriante, a connu un long processus de dévastation entamé dès la fin des années 1980. Pour son impénétrabilité, le FIS l’avait alors choisie comme lieu de regroupement pour formation idéologique et de préparation au combat de ses premières hordes d’apprentis activistes. C’est sur ces entrefaites que l’hippodrome fut construit et inauguré, en 1990.
Cet espace, copieusement boisé, servira de repaire aux terroristes, surnuméraires dans la région. C’est justement dans la tourmente de l’insécurité que cette zone connut le début d’une agression destructrice qui se poursuit aujourd’hui.
Côté Zemmouri El-Bahri, le prétexte de zones touristiques servit à entamer le déboisement progressif de son flanc Est. Des centres de vacances s’aménageaient l’un après l’autre, dans un processus de colonisation encore en cours. Même l’EPLF s’y mit, inaugurant la promotion immobilière sur… brûlis !
Côté Oued Isser, la déforestation a été, en partie, l’œuvre des bulldozers de la lutte anti-terroriste. Les nouveaux colons avançaient sur les traces des pelles mécaniques qui défonçaient la végétation pour en déloger les groupes du GIA puis du GSPC. Ceux qui, aujourd’hui, exploitent des parcelles gagnées sur les forêts détruites le font certainement au nom du programme de… mise en valeur des terres agricoles ! C’est de là que vient la tragédie : la forêt et les terres agricoles dépendent scandaleusement de la même tutelle ! Alors, un ministre de l’Agriculture à qui on demande de trouver des terres à mettre en valeur a la solution toute prête : le patrimoine forestier sous sa tutelle ! Pour ne pas contrarier une autorité dont on ne peut discuter les orientations éclairées, on fait feu de tout bois. C’est le cas.
Et un wali auquel on demande de dégager des espaces pour des ZET ne peut que sacrifier une des rares portions de littoral encore inoccupée. Même une pinède sur dune, comme celle de l’ouest de Zemmouri, un genre d’écosystème rarissime transformé en village de vacances… À côté de la frontière des deux communes de Thénia et Zemmouri, une piste est aménagée pour permettre l’accès à des décharges publiques qui, l’été, accueilleront les vacanciers.
Dans un système dont la vocation est de gérer l’avenir, mais qui n’est évoqué qu’en termes de énième mandat, on ne peut s’attendre qu’à ce résultat : on brûle les meubles pour se réchauffer aujourd’hui, et on verra pour demain. Si, en plus, cette “vision” est soutenue par une mentalité sociale cupide et prédatrice…
Tant que la fonction écologique n’est pas élevée au statut d’autorité exécutive, le discours sur la protection de l’environnement ne sera qu’une berceuse qui accompagne notre solidaire et égoïste entreprise de destruction.


M. H.


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