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contrechamp / ACTUALITÉS

Zone interdite

Samedi et hier, les autorités ont déroulé un dispositif sécuritaire d’une grande ampleur pour empêcher les manifestants potentiels, parmi les retraités de l’ANP et les médecins résidents, de venir marcher à Alger.
Le pouvoir ne se contente plus de fermer l’accès à la capitale ; il procède par une stratégie de “défense avancée” pour aller repousser ou interpeller les virtuels marcheurs au départ de chez eux, comme l’illustre l’histoire de ces médecins d’Annaba débarqués du train par des gendarmes à El-Harrouch. C’est donc tout le pays qui, au prix d’une mobilisation nationale des différentes forces de sécurité, est maillé pour faire obstruction à tout déplacement de membres de la corporation visée.
Ainsi, l’ordre règne dans la capitale et les petits départs de manifestations sont en général vite éteints avec l’efficacité répressive qu’assure un déploiement de forces toujours disproportionné par rapport au mouvement à contenir.
Intraitable quand il s’agit de réprimer les velléités de manifestation dans Alger, le pouvoir tolère un peu les sporadiques actions de protestation qui rythment la vie des régions. Tout se passe comme si le régime avait choisi de s’aménager un espace vital d’où serait exclue toute forme de protestation et où ses représentants pourraient évoluer sans risque d’être importunés par quelques voix dissonantes. Dans ce sanctuaire barricadé, les étrangers — diplomates, hommes d’affaires, journalistes et même simples touristes — pourraient constater l’harmonie populaire qui règne autour de nos dirigeants et la quiétude qui enveloppe les kermesses diplomatiques et les forums en tout genre que nos autorités aiment monter. D’ailleurs, le plus difficile pour ces invités, c’est toujours les expéditions hors des murs de la ville.
Et comme les médias de complaisance ne sont pas très attirés par les activités subversives de province, il règne une certaine discrétion autour du mécontentement disparate mais constant qui marque l’Algérie profonde. De plus en plus, ces derniers temps. En assumant l’interdiction d’activité publique dans la capitale, le pouvoir a reconnu la limite de son formalisme démocratique et l’évidence de sa nature autoritariste. Préalablement, il avait déjà tacitement admis sa gestion frauduleuse des élections en renonçant progressivement à la présence d’observateurs qualifiés durant les consultations nationales.  En effet, on ne peut pas faire valoir quelque prétention démocratique quand on défend sa survie politique par la fraude appliquée au vote et par la répression de toute activité politique et sociale autonome et pacifique.
Cette pratique répressive, qui tient lieu de gestion de l’ordre public à Alger, constitue l’expression paroxystique d’une option plus large pour le bâillonnement de l’expression démocratique en Algérie. En même temps qu’un aveu d’impopularité. Car, de quelle démocratie peut se réclamer un ordre qui est réduit à instituer des zones interdites à l’expression de ses citoyens ?


M. H.


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1 réactions
aminelicia le 25/01/2018 à 11h34

Je me demande ce qui va se passer lorsque Monsieur Ouyahia n'aura plus d'argent dans les caisses du Trésor Public, pour payer les membres des "forces de l'ordre". Ce dernier terme d'ailleurs a été très usité par les Français lors de la guerre de libération. Curieuse similitude !

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