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Contribution

Amazighité, simple leurre ou avancées réelles ?

Timide avancée de l’apprentissage de la langue amazighe. © D. R.

Introduction
Les questions politiques et idéologiques et les questions linguistiques, culturelles et identitaires sont inextricables. D’autant que notre modèle d’État-nation est la reproduction mimétique de celui de la France, dans son centralisme le plus poussé, saupoudré généreusement d’arabo-islamisme.

Difficile de croire à des avancées réelles quand on a été matraqué idéologiquement durant des décennies, quand on a été otage d’une école totalement orientée vers la reproduction du discours officiel, quand on a planifié et mis tous les moyens pour créer un environnement qui a construit subrepticement un imaginaire aliénant. Quand, à cela, s’ajoutent les naïves amitiés malicieusement entretenues par les officiels. Quand la corruption intellectuelle, mais pas seulement, est devenue un lieu commun. Peut-on parler de médias libres quand le “nerf de la guerre” que représente la manne publicitaire est détenu par l’État ? Quand les professionnels de la communication sont soumis quotidiennement à de fortes tentations et, pour ceux qui en réchappent, à des pressions difficiles à supporter ?
Oui, les questions politiques et idéologiques et les questions linguistiques, culturelles et identitaires sont inextricables. D’autant que notre modèle d’État-nation est la reproduction mimétique de celui de la France, dans son centralisme le plus poussé, saupoudré généreusement d’arabo-islamisme.
Tous les partis du mouvement national, sans exception, ont prôné le triptyque une langue, une religion, une nation au nom de l’unité du peuple. Tous nos textes et lois actuels en matière de langue ne sont que des reproductions fidèles de celles établies en France à la fin du XVIIIe siècle. Tous ces partis ont prôné l’identité arabo-islamique et la seule langue arabe. Et en ce sens, les assimilationnistes, qu’étaient les Oulémas, ont eu la palme.
Au nom de l’unité dans le combat, tous les nationalistes amazighophones acceptent le diktat des franges arabo-islamiques à l’exception de quelques militants, vite classés berbéristes au sens le plus péjoratif. Ils paieront de leur liberté ou de leur vie la facture de leur courage. Tous les premiers textes fondateurs de l’Algérie indépendante sont de la même veine. Il y a eu, certes, quelques avancées mais toujours payées au prix fort. Ajoutons qu’une arabisation forcenée a pénétré tous les lieux de conscientisation (école, mosquée, médias publics, maisons de jeunes ou de la culture…).
Aujourd’hui, chacun entend jouir de la pleine citoyenneté avec ce que cela suppose en devoirs et en droits ; notamment bénéficier des droits culturels et linguistiques. Des droits garants de stabilité et de paix.
La nation, espace d’intégration, implique l’utilisation de l’outil linguistique ainsi que ses moyens de diffusion. Et puis comment aboutir à une identité nationale si on ne fonde pas une communauté de culture (s) autour de l’organisation de la nation nécessairement plurielle, c'est-à-dire autour d’un État qui respecte les particularismes des citoyens. Enfin, comment construire une nation sans lever les contraintes culturelles, identitaires et linguistiques qui traversent la société et si l’on n’admet pas que l’intégration ne peut se faire par l’effacement-reniement.

La question de la nation,de l’État et des minorités
Nous l’avons déjà dit l’Algérie est, à l’image de la France, un pays ultra-centralisateur. Sa nature même fait que l’État est hostile à la diversité. Tous les textes, et nous en avons cités quelques-uns, ont été élaborés dans le seul but d’imposer un État monolithique. La minorité qu’elle soit politique, linguistique, culturelle  ou religieuse est exclue. Les quelques avancées relèvent plus de la tolérance. Officiellement, partie intégrante du monde arabe, aucun élément ne doit venir perturber cet état de fait. Sauf que les décisions politiques, sans soubassements sociologiques, ne sont pas pérennes. Les réactions, parfois brutales, se multiplient dans le monde et vont de simples revendications culturelles ou linguistiques aux indépendances régionales en passant  par de larges autonomies.
En Algérie, où les revendications linguistiques sont récurrentes, une bonne gestion des langues  pourrait, si la volonté politique y était, permettre l’économie d’un conflit qui n’a pas raison d’être. La presse écrite, la télévision mais aussi l’internet peuvent devenir des espaces de pacification dans le bon sens du terme. Les citoyens pourraient ainsi comprendre que les nations homogènes n’existent pas. Que seule l’inter-tolérance a du sens et que celle-ci implique que tous les Algériens doivent être soumis aux mêmes devoirs et bénéficier des mêmes droits.
Cette ouverture sur l’autre, celui qui parle une langue politiquement  minoritaire, amènera les Algériens à comprendre que la diversité n’est pas synonyme de division. Qu’elle est, au contraire, un  facteur d’enrichissement  qui peut avoir un impact certain sur le développement du pays, y compris économique.
En sa qualité de construction humaine, la nation devrait être le produit de l’histoire du pays, toute l’histoire du pays.
En prenant en compte de tous les éléments qui ont construit son peuple, l’Algérie échappera, ainsi,  à la désintégration qu’ont connue de nombreux pays.
L’État-nation est aujourd’hui dépassé. La supra-nation, constituée d’ensembles infranationaux, qui tienne compte des particularismes régionaux, est une nécessité vitale. La mondialisation, faite de grands ensembles économiques, obligent les petits États à se regrouper. L’Algérie a cette chance de faire partie d’un “existant historique”, l’Afrique du Nord. Résolument méditerranéenne, cette partie du monde peut s’inscrire, sans complexe, dans cette dynamique mondiale.
Bien évidemment, à côté des langues économiquement hégémoniques, que sont, entre autres, l’anglais, le chinois, l’espagnol…, persisteront les langues nationales dans leur statut de langues officielles. Les  moyens de l’État (écoles, médias…), les pratiques langagières se chargeront de les pérenniser. Elles continueront à assurer les fonctions à la fois symboliques  et pragmatiques. Cette nouvelle organisation des nations permettra de transcender tous les conflits existants ou potentiels.

Les raisons de cet ostracisme
De fait, cet ostracisme tient à la nature même de l’État. Omnipotent, omniprésent, il ne peut souffrir de contradicteur. L’espace qu’il administre doit être un et indivisible et dans cette nation une culture, une langue et une religion ont, quasiment, seules droit de cité. À ce titre l’amazighité en a payé les frais.
La loi n°91-05 du 16 janvier 1991 portant généralisation de l'utilisation de la langue arabe est un texte absolument exclusiviste. Aucune autre langue, étrangère ou nationale, ne doit ternir cette langue officielle, seule légitime sur le territoire algérien. Une loi, aujourd’hui obsolète puisque non constitutionnelle mais non encore abrogée.  
Cette loi est d’ordre pragmatique, tous les secteurs étatiques doivent revenir aux seuls arabisants, les autres citoyens n’étant que des “résidus” coloniaux culturellement aliénés.
La hiérarchie des langues ainsi induite est à l’origine d’une idéologie diglossique. Une idéologie qui met en péril l’identité profonde du pays. Conséquemment, la négation et si possible la disparition de tamazight est considérée comme une sauvegarde de l’âme arabo-musulmane.
La position de langue dominée entraîne chez l’amazighophone une insécurité linguistique et une absence de loyauté vis-à-vis de sa langue dont il s’écarte progressivement. Par un phénomène de substitution, la langue arabe s’installe au sein de la famille et se rompt petit à petit la chaîne de transmission intergénérationnelle de la langue amazighe.  
Le processus aboutit à la haine de soi, stade suprême de l’aliénation. La langue du et de pouvoir aura dès lors atteint ses objectifs puisqu’elle devient l’unique langue légitime.
Les quelques concessions accordées à l’amazighité n’ont pas eu d’autres impacts que leurs effets soporifiques.
Tout ce qui a trait à la formation des consciences, à la vie intellectuelle, à la communication relève de la seule compétence de l’arabe classique. Malgré tous les échecs répétés de l’arabisation, tous les moyens de l’État lui sont octroyés dans le seul but de remplir la fonction symbolique qu’on lui a assignée. Les domaines de l’enseignement, du culturel, du sacré et du politique sont largement investis pour construire à terme une société clone des sociétés d’Arabie.
Pour cela, l’école est mise à contribution. Cette institution à dresser plus qu’à éduquer, est source  d’une rupture entre ce qu’il a appris dans le milieu familial et en milieu scolaire. Un véritable traumatisme psychique s’installe. S’ensuit une dévalorisation de la langue maternelle et une aliénation en bout de course.
En contrepartie, on permet à l’utilisateur de la langue légitime (la langue officielle de l’État) de ne pas être exclu des sphères du pouvoir. Ceci est  excellemment résumé dans cette reprise “si l’on ne parle pas correctement dans la langue des puissants qui gouvernent le pays, c’est que l’on appartient à la catégorie des roturiers, des moins-que-rien, bref, on n’est qu’un homme (une femme) du peuple… et par conséquent on ne peut que subir le pouvoir, mais jamais l’exercer…”. Parce que  la “langue légitime” doit s’imposer à tous les citoyens de l’État-nation. Parce qu’elle est la langue devant laquelle toutes les autres doivent s’effacer, la langue de l’État bénéficie de tous les canaux de diffusion (média, école, mosquée, maisons de jeunes, centres culturels…).

Tout est fait pour que l’arabe scolaire devienne la seule langue de promotion sociale amenant ainsi les locuteurs amazighophones à se détacher progressivement et de manière inconsciente de leur langue maternelle. Bien entendu, cela participe d’une volonté politique qui s’inscrit dans une stratégie réfléchie et planifiée. L’arabe est conçue comme un outil  du “pouvoir symbolique, de formation et de réformation des structures mentales” visant à “faire reconnaître un nouveau discours d’autorité” (P. Bourdieu).
Cette langue officielle servira à perpétuer les privilèges acquis par les tenants du pouvoir politique. Toutes les langues, autres, seront perçues comme concurrentes et pouvant déranger l’ordre établi. L’objet planifié est donc leur disparition du champ d’influence politique. L’existence d’une langue concurrente peut en effet servir de catalyseur pour une solidarité de groupe qui peut déstabiliser l’ordre établi.
C’est pourquoi, l’école devient un enjeu essentiel de pouvoir. C’est par elle que va s’installer et se perpétuer la langue d’État, charriant avec elle l’idéologie officielle.
L’enseignant est, bien malgré lui, le maître d’œuvre  de cette politique uniformisante, la pierre angulaire de sa diffusion. Il est “un maitre à parler et un maître à penser… Il  incline les enfants, déjà tout naturellement, à voir et à sentir des choses de la même façon ; et il travaille à édifier la conscience commune de la nation” (G. Davy).
Les détenteurs de cette langue vont avoir le monopole du pouvoir qui n’admettra en son sein que ceux qui acceptent d’être à leur tour  les propagateurs de la langue unique. C’est ainsi que progressivement la “langue du cœur” cédera la place à “la langue de raison”.
Le citoyen n’a donc pas d’autre choix que celui de devenir lui-même un militant de cette idéologie officielle sous peine de perdre tous les privilèges liés à la langue d’État.
Indépendamment des avantages matériels s’ajoutent les problèmes culturels et identitaires, qui passent souvent au premier plan chez les groupes minorés. Trop souvent les amazighophones sont exclus du champ de lutte puisque potentiellement coupables de visées séparatistes, même si, faut-il le dire, beaucoup choisissent de rejoindre les rangs pour ne pas être exclus des “univers sociaux… ou condamnés au silence”. Ce faisant, ils acceptent de perdre leur âme.
La langue d’État restera un “capital linguistique” qui se transmettra tant que perdurera le système politique qui peut, par nécessité, opter pour une “stratégie de condescendance”. Quelques mots anodins (en tamazight) prononcés par un officiel peuvent créer un effet de transfert positif et amener ainsi au moins l’attention des auditeurs, sinon leur adhésion. Flattés, ils font inconsciemment le jeu de la manipulation politique renforçant, un peu plus, le pouvoir des dominants.
Pour rétablir la loyauté linguistique le rôle des intellectuels et des citoyens qui ont un statut social élevé est essentiel pour l’épanouissement de la langue amzighe. Bourdieu dit à ce sujet : “Un énoncé performatif est voué à l’échec toutes les fois qu’il n’est pas prononcé par des personnes ayant le pouvoir de le prononcer… L’efficacité symbolique des mots ne s’exerce jamais que dans la mesure où celui qui la subit reconnaît celui qui l’exerce comme fondé à l’exercer.” Grâce à cette élite, la valorisation de la langue amazighe s’en trouvera renforcée et elle influera directement sur la fierté identitaire.

À propos de la Constitution
Le statut bien compris de langue officielle devrait permettre aux deux langues de pénétrer les mêmes domaines d’utilisation. L’arabe et tamazight entreraient alors en confrontation sur le “marché linguistique”. Les termes du contrat étant les mêmes entre les deux langues, il est naturel qu’une des deux devienne hégémonique. L’essentiel est qu’elle ne le soit pas par décision politique et pour des raisons idéologiques. Un statut de langue d’État permettrait surtout de rendre irréversible ce qui est déjà acquis, de développer, de diffuser, d’implanter et enfin de pérenniser la langue amazighe.
Pour le moment le préambule de la Constitution faisant de l’Algérie “une terre arabe”, l’article 3 bis octroyant à tamazight le statut de langue officielle mais pas d’État et l’article 178 qui ne l’inclut pas parmi les constantes irréversibles, laisse pour le moins perplexe.

Les questions de l’heure

La langue amazighe et ses dialectes
Toutes les langues sont productrices de dialectes et la langue amazighe ne fait pas exception. Utilisée dans des endroits parfois très éloignés, subissant donc des pressions différentes, la langue va prendre des formes diverses et spécifiques des régions où elle est parlée. Mais ces formes ordinairement appelées dialectes respectent toujours les normes de base qui donnent à la langue sa cohésion et sa particularité.
Ce phénomène de “distanciation linguistique” a abouti à l’impression d’atomisation de la langue. Impression d’autant plus renforcée qu’il n’existe pas de lieu de standardisation, notamment un centre d’aménagement. Malgré tout, la langue amazighe, sous la forme de ses différentes variétés garde une forte vitalité. Il est vrai que face aux pressions des langues en contact (arabe et français), tamazight risque de subir un phénomène d’érosion progressive si des mesures d’implantation de la langue dans la société ne sont pas prises urgemment.

La langue à enseigner
La valorisation de la langue amazighe passe par la construction d’une langue standardisée, fonctionnelle et socialement acceptée par les locuteurs. Il y a donc à définir une norme consensuelle, médiane, accessible et perméable à tous, qui puisse préserver la clarté de l’idiome. Cette construction ne peut se faire qu’après plusieurs étapes notamment en autonomisant les dialectes dans un premier temps tout en recherchant les “zones de convergence”. S. Chaker.
Deux ou trois générations sont donc nécessaires pour aboutir à un amazighe unifié accepté par tous.
Cette autonomisation des dialectes aura pour effet également d’échapper aux rapports conflictuels qui pourraient découler d’un choix dirigé. Une “guerre des dialectes” deviendrait inévitable. De plus, la précipitation pourrait aboutir à une langue “purifiée” et “hypernormée” ; un “amazighe classique” compris par les seuls initiés. S’ensuivra inévitablement un phénomène de rejet de la part des consommateurs de la langue.

Les choix possibles

1-Le choix d’enseigner une langue unique(pan-amazighe ?)
Un tel choix supposerait la construction d’une langue qui n’a jusque-là aucune réalité sociale. Il s’agirait donc d’une véritable “langue artificielle”.
Une langue de ce type impliquerait une adhésion de l’ensemble des amazighophones, des moyens financiers colossaux et une grande volonté politique de tous les pays amazighophones.
Si cette opération n’est pas impossible au plan théorique, nous imaginons aisément la difficulté au plan pratique.
Un tel choix supposerait la création d’une norme scolaire unique qui aboutirait à une rupture sociale au niveau linguistique. À côté de cette langue de l’école, continueraient de vivre toutes les variétés dialectales (cas de l’arabe et de ses dialectes).
Cette norme unique deviendrait la langue des situations formelles pendant que les variétés seraient celles des relations “naturelles”. On créerait dans ce champ déjà complexe un facteur supplémentaire de diglossie qui serait d’autant plus forte qu’il est illusoire de croire à un bilinguisme stable (entre langue scolaire et ses variétés) qui supposerait un haut niveau d’étude pour tous les amazighones. Ce choix, qui relève de l’idéologie, est à notre avis une utopie, tout au moins à court terme.

2- L’enseignement d’un dialecte De référence
Cette solution suppose d’autres problèmes dont celui de l’hégémonie d’une variété sur les autres. Il est sûr que les locuteurs dont le dialecte n’a pas été retenu n’apporteront pas leur caution, ce qui sera un frein au développement de la langue. La deuxième difficulté réside dans la détermination des critères de choix qui seront de toute manière d’ordre subjectif notamment affectif.
Les arguments les plus avancés sont la centralité de la variété, une plus grande conscience linguistique, la précocité de l’action militante en faveur de tamazight, sa relative tradition écrite, des traditions littéraires plus anciennes et un travail de modernisation de la langue plus important.
Tous ces critères aboutiront au choix du kabyle comme dialecte de référence. Mais cela entraînera une frustration chez les non-kabylophones. L’impact d’un tel “amazigh unifié” sera de fait, amoindri avec un taux d’alphabétisation inévitablement bas en dehors de la Kabylie.

3- Le choix d’un dialecte central
Dans ce cas il s’agit de choisir le dialecte qui présente le taux d’intercompréhension le plus élevé avec le reste des variétés. Nous avons donc essayé, sur la base de la liste de Swadesh, de chercher le dialecte central de tamazight. là encore le Kabyle, suivi de près par Tachelhit, est le dialecte central. Pour les raisons déjà invoquées, il nous semble évident que même cet argument restera irrecevable.

4- Le choix de la “langue polynomique”
Pour les raisons déjà citées, “l’horizontalité” des langues nous paraît impossible. Cette notion ne peut, selon nous, résister à l’épreuve du temps. Pour des raisons économiques, politiques ou tout simplement d’encadrement, une variété émergera au-dessus des autres. Ce nouveau regard sur la langue nous semble intéressant car il ouvre une piste de réflexion sur l’enseignement des langues sans norme unique.
Il s’agira pour la langue amazighe, d’un enseignement de chaque variété dans les conditions déjà citées.
On prendra toutefois soin d’utiliser une néologie commune.
L’émergence d’une variété sera, alors, le résultat non d’un choix arbitraire, mais de conditions plus ou moins objectives liées à un effort d’encadrement plus dynamique dans une variété plutôt que dans d’autres.
Dans tous les cas, cette solution nous paraît la plus adaptée dans les temps présents, d’autant que dans un avenir relativement lointain, il pourrait se dégager, progressivement, une norme scolaire unique qui ne serait pas, dans ce cas, artificielle.
Il faut ajouter que ce choix respectera les véritables pratiques langagières. Il redonnera aux “langues fonctionnelles” ses lettres de noblesse et permettra, en outre, de mettre en place un nouveau comportement, celui de l’inter-tolérance. De plus un tel enseignement devrait permettre, théoriquement, de prévenir des conflits inter-dialectaux qui sont aussi des conflits d’identité.

Son enseignement obligatoire
La valorisation de tamazight ne deviendra réalité que si son enseignement est obligatoire. Mais, pour éviter des conflits inutiles, il serait bon que cette obligation ne s’applique, dans un premier temps, que dans les régions amazighophones.
Cet enseignement sera facultatif dans les autres régions pendant une durée prédéterminée (environ cinq années) avant l’obligation. Cette période permettra une imprégnation et une meilleure acceptation.
Très vite la fonction pragmatique prendra le pas, lorsque cette “langue du cœur deviendra langue du pain”.
Alors le nombre d’élèves deviendra de plus en plus important et conséquemment le nombre d’enseignants.Les deux langues nationales partagées entre les deux communautés, amazighophone et arabophone, deviendront un ciment de cohésion sociale et mettront fin aux tensions actuelles. Les conflits linguistiques s’atténueront progressivement pour sûrement disparaître à terme.


M. L.
A suivre
(2e partie dans notre édition de demain)


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