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A la une / Contribution

Coronavirus

CORONA, l’ennemi sans nom

© D.R

Par : Mostefa Hamouda

Consultant international IT. Londres

Docteur, toi l’infatigable athlète du bien, le vrai marathonien quand il s’agit de venir en aide aux autres, l’imbattable sprinteur pour la bonne cause, tu mérites la plus haute place du plus prestigieux podium pour être décoré de la plus précieuse médaille.”

Je m’adresse à travers cette modeste contribution à tous mes compatriotes, où qu’ils se trouvent, pour les exhorter à observer les consignes rigoureuses dictées par les experts de la santé publique de notre pays pour tenter d’arrêter la propagation de ce virus maléfique en interpellant leur bon sens et leur vigilance quant à l’attitude à prendre pour faire face à ce monstre. Un monstre non pas par la taille, mais par la gravité des dégâts qu’il est en train d’occasionner. Aujourd’hui, le monde fait face à une situation inédite, à un drame des plus morbides que les imaginations les plus fertiles ne surent jamais esquisser et les détenteurs des boules de cristal les plus claires et les plus prévoyantes ne purent prédire.

Où êtes-vous Nostradamus ? Le monde est confronté aujourd’hui, plus que jamais, à un ennemi invisible, un ennemi sans nom, même si l’état civil mondial lui a accordé le patronyme de Corona, un ennemi sans forme, même si d’éminents virologues nous le présentent comme étant une sphère ornée de ventouses. Non, il ne ressemble en rien à cela ! Son vrai nom c’est la mort et son visage est celui de la laideur, de la haine et du génocide ourdi en silence.

Qu’il soit le résultat d’une manœuvre intentionnelle dans un laboratoire quelque part dans le monde ou qu’il soit le résultat d’une recette gastronomique extraterrestre qui a tourné mal, peu importe ; Gargantua est là, mais s’agit-il vraiment de Gargantua ou de son clone qui débarque dans le but d’avaler la planète, la planète dans son entièreté, sous notre regard docile et au son de nos applaudissements ?
Non, tu n’es pas Gargantua. Toi, tu n’as pas de nom puisque tu es le fruit pourri d’une liaison sans nom, issu de géniteurs sans nom qui n’ont même pas pris plaisir à te concevoir. Moi, en revanche, je sais comment toi, tu prends plaisir, comment tu jouis. Tu jouis quand tu nous vois compter nos morts et remplir nos cimetières, tu jouis intensément de nous voir impuissants à faire le deuil des êtres qui nous sont chers, ces belles âmes que tu nous a arrachées.

Non, ce n’est point le cas Gargantua car, à travers les ères, l’histoire nous a appris que la plupart des monstres qu’a connus la planète, jouissaient en se repaissant de la chair d’innocentes personnes et une fois la panse repue, regagnaient nonchalamment leurs antres et sombraient sans aucun remords, dans un lourd sommeil. Toi, tu es pire. Tu ne dors pas, tu es à l’affût comme une hyène. Tu avales sans mâcher et tu ne t’arrêtes que pour en prendre davantage, et on ne sait même pas si tu es heureux ni si tu en tires un quelconque plaisir. Tu tues pour tuer et te caches comme un poltron, comme un lâche !

Je comprends l’hyène affamée, elle tue pour se nourrir, et toi ? Tu te multiplies à l’infini pour coloniser, étouffer pour tuer. Tu es l’esclave de ta vilaine mutation et c’est vilainement que je te combattrai et à la manière la plus vilaine je t’achèverai, toi qui cultives la haine et qui nourris la mort. Non, je ne te laisserai pas faire ! Je te déclare la guerre et tu la perdras !
Je ne te laisserai pas faire, au nom de l’humanité, au nom du beau que tu veux enlaidir, au nom de l’élève que tu veux priver d’école, au nom de l’étudiant que tu veux éloigner des bancs de l’université, au nom du malade que tu veux séparer de son infirmière, au nom du petit ouvrier que tu empêches de mettre du pain sur la table de ses enfants, au nom du fidèle, quelle que soit sa confession, que tu veux éloigner de son espace de culte, au nom de l’enseignant que tu veux contraindre à ne plus transmettre le savoir, au nom des chercheurs qui se sont mobilisés pour éteindre ta rage, au nom du fleuriste qui égaye nos jours et qui voit ses fleurs se faner l’une après l’autre dépeignant le monde de ses couleurs ; tu as tué le fleuriste ! Je déclare la guerre aussi à tes alliés, ceux qui se sont rangés à tes côtés sans être même sollicités pour former le tandem du meurtre, pandémie-infodémie et pour te présenter comme le conquérant de tous les temps.

Ces collaborateurs te glorifient sans répit en te décorant de la médaille de la honte, celle de “Mass-killer”. Le conquérant de toutes les contrées, le faiseur de lois, le dictateur du prix du baril, le décideur de la bonne santé de la Bourse, le réducteur du taux de carbone dans l’air. Non, rien de cela ! Que du vent ! La planète est en train de se refaire, elle est en train de rétablir un nouvel ordre pour mieux s’équilibrer et pour bien accueillir nos enfants pendant les milliards d’années qui viendront, et pour cela, elle ne ferait jamais appel aux services du minuscule monosynaptique, voire l’écervelé que tu es, pour l’impliquer dans une si ingénieuse opération.

L’ignoble mission que tu t’es attribuée se limite à remplir les hôpitaux et tu l’as accomplie avec zèle et abnégation. Tu es un tueur tout court. Complexé par ta petitesse, tu te venges. Tu te venges sur le beau parce que tu es laid, tu te venges sur l’instruit parce que tu es inculte, tu te venges sur les amoureux par ce que tu es vomi, tu te venges sur la planète parce qu’elle a refusé de t’accueillir comme un invité bienvenu. Tu resteras un sans-abri jusqu’à ton extinction. Tu partiras au diable, comme un dictateur craché par son peuple et rejeté par tout ce qui parle, tout ce qui chante, tout ce qui pleure, tout ce qui brille, tout ce qui gémit, rejeté même par le fauteuil qu’il a indûment occupé. Tu es, néanmoins, dans ton odieuse quête de déchirer le monde, et contre ton gré, arrivé à nous rassembler.

Pour une fois, nous tous (citoyens du monde, toutes confessions confondues nous nous serrons les coudes comme un seul homme pour te combattre), voilà ta prouesse, une prouesse de taille, petit ! Une prouesse en matière d’échec ! Je t’ai déclaré la guerre à distance, les mains nues, mais je connais quelqu’un qui s’est mis en face de toi, sur le terrain, le torse nu, mais gonflé, pour te dire : “À nous deux !” Oui, il s’agit du Dr Mounir Saadaloud, ce fier Batnéen, ce Pur-sang-Gantri. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est tout simplement le symbole de la sagesse, de la générosité et de la modestie. Disposant d’un matériel des plus sophistiqués, doté d’une plateforme technologique des plus modernes, unique en Afrique et en Europe, seuls les grands laboratoires peuvent y prétendre. Mounir a décidé de te regarder dans les yeux, depuis Batna, toi l’ennemi du monde, et de livrer bataille avec armes et bagages.Pour certains, voilà une occasion en or pour gagner de l’or ! Non, ce n’est pas Mounir.

Lui, il met tout son matériel, encore neuf, son personnel et plus de douze heures par jour de son précieux temps GRATUITEMENT pour sauver des vies et ce, sous les cris assourdissants de ses banquiers qui veulent cupidement voir son ardoise vite épongée. Mon cher Mounir, toi qui excelles dans l’art du bel agir, tu verras sans aucun doute ton auguste geste rétribué par celui qui détient les coffres des univers, des terres et des cieux.
Même si nous avons, à l’unanimité, salué la noble action du Toubib, une main seule ne peut produire parfaite ovation. Maintenant que les jalons sont posés, tous ceux qui sont dans le corps médical là où ils sont doivent se joindre vite à Mounir, chacun comme il peut, pour créer une véritable force pour contrer ce mal.

Docteur, toi l’infatigable athlète du bien, le vrai marathonien quand il s’agit de venir en aide aux autres, l’imbattable sprinteur pour la bonne cause, tu mérites la plus haute place du plus prestigieux podium pour être décoré de la plus précieuse médaille.

Ton entreprise sera gravée dans les annales de l’histoire des grands hommes qu’a connus notre pays. Ces modestes lignes sont une manière de te rendre un fervent hommage pour ton courage et ta disponibilité envers une population qui aurait pu être sévèrement touchée par cette catastrophe, et à tout le staff du secteur de la santé qui travaille sans relâche afin de sauver des vies sachant qu’ils le font en risquant la leur. Encore une fois, bravo à notre Docteur. 

Quant à toi vilain gnome, avec un peu d’avance, je te dis donc adieu gnome parmi les gnomes ! Tu as, de facto, échoué, car l’humanité a été, à travers les âges, confrontée à d’autres abominables et invisibles monstres, mais elle a survécu. Et pourtant, ces ennemis étaient encore plus forts, plus féroces et plus mortels que toi ; tu as voulu être un pâle imitateur comme le sont les ignobles tueurs en série ; tu as tué, certes, mais l’humanité a des ressources insoupçonnées et tu disparaîtras bientôt.

Tu disparaîtras même du vocabulaire qui t’a pourtant accordé la Une depuis déjà fort longtemps. Je me penche, in fine, avec beaucoup d’amour et de compassion du côté de toutes ces familles, à travers le monde, qui ont été touchées dans leur chair en perdant un de leurs êtres très chers, pour les rassurer de ma sincère sympathie et surtout pour les rassurer que même si le Corona a effectivement tué le fleurist,e il n’empêchera pas l’arrivée du printemps. Des printemps se succéderont et de plus belles roses écloront.


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