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A la une / Contribution

Actions caritatives et caractère religieux de l’intervention sociale en Algérie

Entre don social et don religieux

Des jeunes collectant des dons destinés aux nécessiteux. ©D. R.

Les buts déclarés de l’action caritative des uns et des autres ne sont pas toujours “nobles”, ou complètement dénués d’arrière-pensées “mercantiles”. Le Pr Rouadjia nous livre une analyse historico-sociologique du phénomène dans notre pays.

La notion d’éducateurs spécialisés ou de spécialistes dans le travail social échappe presque complètement à l’entendement commun en Algérie. La raison en est la quasi-inexistence d’écoles de formation dans ce domaine et qui rend ces concepts (formateurs, travail social, éducateurs spécialisés, etc.) complètement étrangers à l’imaginaire local. Comme substitut à ces concepts, nous pouvons évoquer l’action caritative sous ses formes diverses et qui, en Algérie, remplit tant bien que mal la fonction du travail social, tel qu’il se pratique en France notamment. C’est sur les diverses formes d’actions caritatives pratiquées et historiquement attestées que nous allons nous appesantir quelque peu dans les pages qui suivent.
L’action caritative (al’amel al khaîrikhaîri), et partant les œuvres pies, sont des pratiques consacrées aussi bien par le livre saint de l’islam (le Coran) que par la Sunna (la tradition musulmane), qui renvoie, elle, aux actes et aux paroles (hâdith) du Prophète Mohammed. L’islam est théoriquement une religion qui se veut tout à la fois religion de soumission absolue au Créateur et paix (étymologiquement : le mot islam a deux significations en arabe “soumission” [aslamâ] et “paix” [salam ou silm]). Ses cinq piliers que sont la chahada (il n’y a de Dieu que Dieu et Mohammed est Son Prophète), les cinq prières quotidiennes, la zakât (l’aumône légale), le jeûne du mois de Ramadan et le pèlerinage à La Mecque (pour celui qui peut) attestent en pratique non seulement de cette soumission ou “reddition” à Allah, mais témoignent également d’une solidarité humaine obligatoire (faridha) imposée par le Créateur aux membres de communauté musulmane (l’umma al islamiyya). Adjectif ou substantif, l’islam est donc indissociable de ces obligations cultuelles qui lui sont imposées par le Très Haut, et de la solidarité et de l’entraide qu’il implique en vertu des dispositions testamentaires contenues aussi bien dans le Coran que dans le corpus des docteurs de la foi musulmane. Il existe, en islam, plusieurs formes d’entraide et de solidarité socialement instituées parce qu’elles découlent du Coran et de la Sunna.
Parmi les cinq piliers cités, la zakât ou aumône obligatoire se révèle être à l’examen une des formes les plus répandues et les mieux observées par les pratiques des agents sociaux islamiques. À côté de la zakât envisagée par la tradition comme un acte hautement charitable, qui plaît à Dieu, et qui récompense son auteur dans l’au-delà, il existe d’autres formes de solidarité musulmane, dont l’une des plus célèbres et des plus originales s’incarne dans l’institution dite habous.

Le habous comme “assistance sociale” des pauvres
Pour comprendre le sens d’une telle institution et saisir le mobile pour lequel elle a été fondée à l’origine, une définition s’impose. Étymologiquement, le mot habous, appelé parfois wakf, dérive de la racine verbale arabe qui signifie littéralement “arrêter, immobiliser, réserver à...”.
Alors qu’en Orient arabe, on parle de wakf (pl. awqâf), au Maghreb l’on préfère dire et écrire habous (arrêter, emprisonner). Ce que vise le constituant d’un habous, c’est de mettre à la disposition des pauvres une portion de sa richesse par l’entremise de Dieu qui en est à la fois le dépositaire et le garant. Les formules incantatoires usitées par le constituant en sont d’ailleurs un exemple édifiant : “En vue des nobles actes, des bonnes œuvres”, et “Au profit d’Allah, le meilleur des héritiers”.
Tout se passe en somme comme si cette aumône n’était pas destinée aux créatures, objets de l’action charitable du donateur, mais à Dieu lui-même, considéré comme étant le seul dévolutaire. Du temps de la colonisation française en Algérie, de tel appel au divin n’était en effet point admis par le législateur pour qui Dieu ne saurait être l’héritier légitime, car le Dieu invoqué n’est rien d’autre qu’un “être essentiellement immatériel” (Charnay, 1965, p. 96), et de ce fait il ne saurait prétendre en aucune manière à la détention des biens terrestres. C’est en raison de ces formules empreintes d’une forte dose de piété religieuse considérée comme contraire à “la rationalité laïque” du droit français que bon nombre de habous institués durant l’époque coloniale furent purement et simplement invalidés.
Les habous à buts désintéressés et charitables immédiats ne sont pas rares en pays d’islam dans les pays musulmans, et que les mobiles de telles œuvres pies sont déterminés par des causes diverses, dont les plus saillantes sont, d’une part, le désir sincère du croyant de se rendre agréable à Dieu en donnant aux démunis une portion sa richesse, et de se racheter, d’autre part, par ces mêmes actions caritatives. S’assurer une place enviable au Paradis, et “laver ses os souillés” par tant de péchés graves ou véniels, grâce soit à la zakât, au pèlerinage à La Mecque, soit aux actions charitables en général, voilà enfin le but vers lequel toutes les imaginations, les rêves et les espérances du croyant sont tendus. Croire en le Paradis d’Allah, pour tout croyant musulman, ne relève pas de l’ordre de la plaisanterie, ou si l’on préfère, de l’inanité, mais bel et bien de la certitude. Car pour lui, la vie ici-bas, avec ses richesses, ses leurres, son luxe aveuglant et ses mille tentations, n’est rien d’autre qu’une puissance éphémère qui éblouit. Dès lors se pose-t-on la question de savoir quelles sont plus précisément les institutions qui, en terre d’islam, profitent le plus des biens “immobilisés” par les fondations habous ? Parmi la foule des bénéficiaires, il en est deux qui méritent une attention particulière : les zaouïas et les mosquées. Historiquement, les habous ont été de tout temps aussi bien au Machrak (Orient arabe) qu’au Maghreb, les pourvoyeurs de fonds en faveur des bonnes actions (al ‘amal al khairiyya), et les zaouïas, ces lieux d’enseignement coranique et de reproduction de la mystique musulmane (Dermenghem, 1954, 2015) figurent parmi les premières fondations pieuses en islam qui ont toujours bénéficié des largesses des institutions habousales. Lieu de recueillement, de méditation, de récitation ou de psalmodie du Coran, les zaouïas ont toujours été et elles le sont encore de nos jours le lieu où l’on apprend le Coran, l’arabe littéraire, et les rudiments de l’algèbre. Dans la dépendance de chaque zaouïa se trouvaient et se trouvent encore des écoles (des médersas) destinées à l’apprentissage des élèves, zaouïas qui fonctionnent souvent sur le mode d’un internat, comme c’est encore le cas de la zaouïa d’El-Hamel (Bou Saâda) et de celle de Dar Cheikh El Mokhtar d’Ouled Djellal (Biskra). Les élèves y sont logés et nourris jusqu’à la fin de leurs études, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils apprennent à “réciter par cœur les soixante versets coraniques” et qu’ils parviennent, enfin, à les réinterpréter selon les dogmes de l’islam orthodoxe (sunnite). Qui finance ces zaouïas, sinon les habous dont il est question ? Pris au sens extensif, le habous où le bien “immobilisé”, peut être le fait non pas d’une fondation pieuse, d’une institution publique ou privée reconnue d’utilité publique, mais le fait d’une donation de particuliers : d’un “pécheur”, par exemple, qui veut se racheter, ou d’une ex-prostituée repentie in extremis et qui, pour s’épargner, les terribles “châtiments d’Allah”, cède une portion de ses biens en faveur de ce qu’il/ou qu’elle juge dans le besoin. Sans constituer un habous selon les formules de constitution précédemment indiquées, et sans passer par nul intermédiaire, ces particuliers qui s’auto-jugent eux-mêmes redevables d’une dette envers le Créateur (péchés commis), ils s’empressent alors de le rembourser sous forme de dons aux fondations religieuses (zaouïas, école coranique, mosquée). Souvent, les auteurs de ces actions charitables s’acquittent de leurs dettes envers Dieu en versant eux-mêmes directement certains montants en argent ou en une quantité déterminée de nourriture aux indigents (blé, orge…).


Cours de soutien scolaire assurés par une association socio-religieuse. - ©D. R.

Pour que ces actions soient agréées d’Allah, beaucoup de ces donateurs se conforment à la Sunna et aux hâdiths du Prophète en se gardant bien d’ébruiter leur donation, car le faire serait d’en effacer les effets bénéfiques. Les donataires peuvent être aussi bien des individus que des institutions et la nature de la donation est très variée : zaouïas et mosquées peuvent recevoir des tapis en laine ou en nattes de palmiers, des tissus décoratifs ou votifs (souvent de couleurs vertes) ou de couvertures en poil de chameaux pour “les étudiants en interne”. Les médersas, du temps de la présence française en Algérie, qui se trouvaient en dehors ou dans la dépendance des zaouïas, étaient financées aussi bien par les fondations habous que par les dons des particuliers, dont le souci des récompenses, dans l’au-delà, les poussaient à faire preuve de largesses à l’égard de ces institutions pieuses (Turin, 1954).
Quoi qu’il en soit, les habous ont été, de tout temps, en pays d’islam, “l’assistance sociale” des pauvres, et comme le note l’ex et premier président de la République Algérienne, Ahmed Ben Bella, l’islam se fonde “sur la solidarité du tissu social” dont les habous en seraient la preuve tangible, puisque “le quart de la Tunisie vivait du habous […] En Algérie, tout l’enseignement jusqu’au secondaire était géré par le habous…” (Ben Bella, 1982, p. 54).

Les mosquées : entre centres sociaux et espaces idéologiques
Après les zaouïas et sur le même plan qu’elles, les mosquées figurent parmi les fondations pieuses et de ce fait elles peuvent être constituées en habous. Ces dernières ont une fonction religieuse et sociale et de multiples usages. La mosquée dérive de l’arabe : masjed, qui veut dire prosternation.
Elle porte un autre nom en arabe : djam’a (ce qui réunit ou rassemble). Socialement, elle est le lieu de convergence et de rassemblement de la communauté religieuse ou villageoise, le point de ralliement au double sens, spatial et religieux.
Dans tous les cas, elle sert tout à la fois de lieu de prières, de sociabilité et de rassemblement des fidèles. Ouverte à tous les croyants, la mosquée peut servir tour à tour de lieu de rencontre et de sociabilité, d’ablution, et de méditation, et aussi de point d’étape, de gîte et de couvert. En vertu de cette polyvalence, et en vertu du fait qu’elle est réputée beit Allah (la maison de Dieu), la mosquée peut donc drainer toutes sortes de personnes aux mobiles divers. Le croyant fortement imprégné du dogme malékite, le soufi (le mystique), imbu des enseignements hétérodoxes, le consommateur ou l’usager des rites magiques, le musulman à la foi incertaine ou munâfik (hypocrite), etc., s’y côtoient sans qu’aucun d’eux ne sache exactement ce qui se passe ou se trame dans “le cœur de l’autre”.
Le cœur étant censé être non seulement le siège de la pensée, mais aussi le siège de la foi, et qui donc peut nous dire si tel ou tel pense comme il le dit dès lors que “son cœur” demeure pour nous imperméable ? Puisque la mosquée n’appartient qu’à Dieu, rien n’empêche en effet un musulman dissident, mécontent du pouvoir local et central, d’y élire domicile et de propager les idées “séditieuses”. C’est ce qui s’est passé justement dans le début des années 80 en Algérie lorsque les islamistes s’étaient progressivement emparés des mosquées dites d’État en construisant eux-mêmes des mosquées dites “libres” (indépendantes) par rapport à celles de l’État.
Au nom de la réforme religieuse et au nom de l’action caritative en direction des plus démunis, ces islamistes avaient pu utiliser partiellement l’argent des collectes organisées et des dons faits aux mosquées sous forme de zakât, et de sadaqâ (aumône) pour élargir leur assise sociale et politique et s’imposer comme force religieuse concurrente à celle de la religion officielle. Nos enquêtes de terrain à ce sujet, effectuées tant en Algérie (Rouadjia, 1990) qu’en France (Rouadjia, 1992), ont montré comment certains lieux de culte, et partant, les œuvres pies peuvent être détournés de leurs objectifs initiaux et utilisés à des fins outre que religieuses.
Même si l’intention, chez beaucoup, d’effacer les péchés commis ici-bas, au moyen de la prière, de la zakât, de l’action caritative (par exemple, pourvoir la mosquée en eau potable, la transporter soi-même jusqu’au seuil de celle-ci), soit présente dans l’esprit de chacun, il n’en reste pas moins que le désir d’utiliser la mosquée et la sadakâ à des fins inavouées, partisanes, demeure également sous-jacent aux actions de beaucoup de fidèles.
Hormis ces cas d’instrumentalisation de la religion à des fins inavouées, il reste que le travail social entrepris au nom de la religion, de l’humain et de la récompense dans l’au-delà demeure extrêmement prégnant dans l’esprit comme dans les conduites sociales majoritaires de la société algérienne.
À côté de nombreuses associations à but culturel, sportif, médical et social, il existe en Algérie 17 000 mosquées selon Bouabdallah Ghalamallah, le précédent ministre des Affaires religieuses et des Wakfs (Habous), mosquées qui fonctionnent souvent sur le mode de l’intervention sociale puisqu’elles distribuent en dehors des grandes fêtes religieuses les produits de la sadakâ aux indigents. L’idée que l’action caritative (al’amal al-khaïrî) telle qu’elle se matérialise à travers le don (sadakâ) permet de remettre les péchés est si enracinée dans l’imaginaire social que les individus rivalisent de générosité en la matière.
La sadakâ n’efface pas seulement les péchés (adhounoub), mais s’avère être, selon les paroles du prophète Muhammad, un antidote contre les maladies : “Soignez vos malades avec l’aumône et fortifiez votre fortune avec l’aumône”.

Des associations à vocation socio-religieuse
À côté des mosquées dont la fonction est souvent polyvalente (Rouadjia, 1990), il existe, partout en Algérie, une foule d’associations de bienfaisance, à caractère à la fois religieux et social. Les unes interviennent au niveau des malades tels les handicapés, auxquels elles apportent un soutien financier effectif accompagné d’assistance diverse ; les autres interviennent au niveau de la distribution d’aliments de subsistance (semoule, huile, sucre…) aux familles démunies.
D’autres encore se manifestent à travers le soutien scolaire aux enfants des familles indigentes, comme celles des bidonvilles ou des quartiers investis par des populations précaires, ségréguées. Certaines associations religieuses, comme celle de al Irchâd Wa al Islâh (Guidance et Réforme), née dans le sillage du MSP (Mouvement de la Société pour la Paix), issu de l’ex-Hamas, parti d’obédience Frères Musulmans (Carre et Michaud, 1983), mène des actions à plusieurs niveaux : le premier porte sur la conscientisation au sens de moralisation de la société, le second concerne l’enseignement d’un “islam pasteurisé”, conservateur et qui contraste de manière aussi bien paradoxale que criante avec celui, radical, enseigné naguère par le fondateur historique de “la secte”  Hassan El Banna ; le troisième niveau, enfin, se rapporte à l’action caritative conçue comme moyen de capter le maximum de fidèles en les mobilisant au service du parti dont elle est le prolongement naturel, parti dont l’idéologie se veut être le porteur à la fois d’un islam “modéré” (par opposition à celui du Front islamique dissous) et réformateur au sens moral et éthique.
Comme pour ratisser large, ladite association al Irchâd Wa al Islâh, met l’accent sur les crèches qu’elle gère indéniablement de manière efficace, c’est-à-dire de manière disciplinée où le souci de la sécurité et de l’hygiène prime apparemment sur les considérations idéologiques et “mercantiles” qui caractérisent les associations similaires, mais statutairement “laïques”. Beaucoup d’animateurs sont, en effet, des bénévoles et effectuent, en dehors de leur travail “alimentaire”, un certain nombre d’heures de travail “gratis” en faveur des différentes crèches.

Conclusion
Le travail social, tel que nous venons de le décrire, ressort essentiellement de l’initiative des membres de la société civile. En Algérie, les pouvoirs publics sont quasiment absents de ce champ laissé presque entièrement à la discrétion des initiatives individuelles. Les carences étatiques sont comblées donc, en ce domaine, pour partie par les citoyens qui éprouvent le besoin d’être agréables à Dieu et pour partie par certaines formations religieuses et politiques dites d’opposition. Mais les buts déclarés de l’action caritative des unes et des autres ne sont pas toujours “nobles”, ou complètement dénués d’arrière-pensés “mercantiles”, puisque les médias locaux font régulièrement état d’associations dont les chefs ou certains des membres de celles-ci ont été impliqués dans des affaires de prévarication. L’absence d’une politique étatique en ce qui concerne le travail social, son utilité, explique du même coup l’absence, en Algérie, de formateur spécialisé du travail social, capable donc d’analyser et d’aider à l’intégration des exclus et des laissés-pour-compte dans le tissu social.

A. R.
Ahmed Rouadjia est professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Laboratoire d’études historique, sociologique et des changements socioéconomiques, université de M’sila (Algérie).

 


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Commentaires
1 réactions
Brahms le 15/10/2017 à 15h08

Il ne faut pas apprendre à donner le poisson aux citoyens mais à pêcher le poisson autrement dit, il faut inculquer aux gens que par le travail, on améliore sa vie. Pour cela, il faut donner un salaire décent, des primes intéressantes, une retraite intéressante et partant de là, tous les problèmes sociaux économiques seront résolus. Il est donc inutile de parquer des gens dans la précarité, la misère sociale pour ensuite attendre la religion afin de combler les manques.

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