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A la une / Contribution

Stratégie touristique algérienne

Infrastructures et compétences professionnelles

Des investissements accrus dans le renforcement de la capacité hôtelière et dans les ressources humaines devraient stimuler la croissance du secteur touristique algérien, à l’heure où le pays cherche à doper son nombre de visiteurs dans le cadre d’une stratégie globale de diversification de son économie.

Le 27 septembre, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Hacène Mermouri, a annoncé que 1 812 projets de réalisation de nouvelles infrastructures hôtelières avaient été agréés par le ministère. Cette série de projets devrait porter la capacité d’accueil à 240 000 lits, contre 100 000 lits actuellement, et créer 99 000 emplois. 582 des projets agréés, dont le montant global s’élève à 1,1 milliard de dinars (8,2 millions d’euros), sont déjà en cours de construction, avec à la clé 75 300 lits supplémentaires et la création d’environ 36 000 emplois directs, selon M. Mermouri. En tout, ce sont 110 projets qui devraient être achevés d’ici à la fin de l’année.
L’annonce du ministère représente une avancée considérable pour le secteur touristique, les nouveaux lits permettant non seulement de renforcer la capacité d’accueil générale, mais également de faire baisser les prix et de diversifier l’offre hôtelière.
La faible capacité hôtelière constitue depuis longtemps un obstacle majeur au développement du secteur.
Selon les estimations publiées dans le rapport “Compétitivité dans le secteur du tourisme et des voyages 2017” du Forum économique mondial, l’Algérie compterait 0,1 chambre d’hôtel pour 100 habitants, se classant dans cette catégorie à la 111e place sur 136 pays.

Des dépenses qui devraient évoluer à la hausse, tout comme le nombre de visiteurs
L’annonce de ces nouvelles infrastructures arrive à point nommé dans la mesure où le pays enregistre un nombre croissant de visiteurs et où les prévisions annoncent une hausse soutenue des entrées de capitaux sur le moyen terme. Dans son bilan annuel du secteur, le World Travel & Tourism Council (Conseil mondial du voyage et du tourisme, WTTC) prévoit un retour des investissements dans les années à venir après un affaissement en 2017, avec une hausse de 4,1% par an au cours des dix prochaines années. Cette hausse des investissements devrait faire passer la contribution du secteur aux investissements nationaux de son taux actuel de 2,5% à 2,8% d’ici à 2027, poursuit le rapport. Les efforts déployés par l’Algérie pour attirer de nouveaux investissements dans le secteur touristique s’inscrivent dans la perspective d’une hausse anticipée des arrivées : 4,4 millions de touristes internationaux sont attendus en Algérie en 2027, contre 2,4 millions aujourd’hui, selon le WTTC. Les recettes totales devraient, quant à elles, atteindre 1 500 milliards de dinars (11,2 milliards d’euros), contre 1 200 milliards de dinars (8,9 milliards d’euros) enregistrés l’an dernier. Le WTTC note également que si la participation des recettes touristiques au PIB devrait évoluer à la baisse, passant de 7,4% à 6,8% au cours de la même période, cela est uniquement dû à une expansion attendue de l’économie du pays dans son ensemble et ne reflète en rien les performances du secteur.

Accroître la capacité d’accueil des aéroports
En vue de la hausse prévue des arrivées, plusieurs grands aéroports algériens procèdent à des travaux de modernisation. Un nouveau terminal à l’aéroport Houari-Boumediene d’Alger devrait entrer en service d’ici le deuxième trimestre de l’année prochaine, portant la capacité d’accueil annuelle totale à 10 millions de passagers, contre 6 millions actuellement.
En outre, un nouveau terminal est en construction à l’aéroport Ahmed-Ben-Bella à Oran, avec une ouverture prévue en mars prochain, et une capacité annuelle qui passera de 2,5 millions à 3,5 millions de passagers. Ces projets permettront à l’Algérie de renforcer sa capacité à accueillir des transporteurs internationaux.

La formation, partie intégrante du développement du secteur
Les nouveaux projets d’infrastructures devraient entraîner la création de milliers d’emplois, si bien que le gouvernement s’attache actuellement à promouvoir le tourisme comme étant un secteur porteur d’un considérable potentiel de création d’emplois. Le secteur touristique accorde donc désormais une attention accrue à la formation professionnelle, selon Lazhar Bounafaâ, P-DG du Groupe hôtellerie, tourisme et thermalisme, et le développement d’un capital humain qualifié est considéré comme crucial pour le futur développement du secteur. “Il faut que le secteur développe les partenariats entre les secteurs public et privé en matière de formation et d’enseignement afin de générer une main-d’œuvre capable de développer des projets hôteliers et d’améliorer la productivité et la performance du secteur”, a-t-il déclaré à OBG.
L’importance de créer une main-d’œuvre qualifiée à tous les échelons a également été évoquée par les chefs d’entreprise interrogés par OBG dans sa toute nouvelle enquête Business Barometer : Algeria CEO Survey. Plus de 35% des cadres dirigeants interrogés ont cité l’aptitude à diriger une équipe comme étant la compétence la plus recherchée dans le monde du travail tandis que pour 30%, les compétences en matière de gestion d’entreprise occupent la première place, devant l’ingénierie, la recherche et le développement.
M. Bounafaâ a expliqué à OBG que l’objectif de renforcement des ressources humaines s’appliquait à tous les niveaux du secteur et que des activités telles que le service de chambre, la restauration, l’accueil et la gestion devraient toutes tirer profit de l’amélioration des normes de formation.

Faire évoluer l’image de l’Algérie sera crucial pour stimuler les arrivées étrangères
Si les perspectives sont prometteuses pour le secteur du tourisme, le pays a encore des obstacles à surmonter afin de pouvoir transformer la hausse des investissements en croissance.
L’image de l’Algérie comme étant une destination potentiellement peu sûre – les gouvernements de certains marchés-clés, tels que la France et les États-Unis, déconseillent les déplacements dans certaines zones du pays – décourage certains visiteurs potentiels. Pour tenter d’améliorer la situation, les autorités algériennes ont renforcé l’attention portée aux questions de sécurité, incitant au mois de septembre le ministère du Tourisme à exhorter la France à réévaluer ses avertissements aux voyageurs en Algérie.
Malgré cela, le nombre de visiteurs en provenance de France – le deuxième marché émetteur de touristes vers l’Algérie – n’a cessé de grimper ces dernières années, passant de 121 000 en 2014 à 169 000 l’année dernière.


Oxford Business Group


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