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A la une / Contribution

L'ANCIEN CHEF DE LA ZONE AUTONOME D’ALGER REVIENT SUR SON PARCOURS

La coupe est pleine !

Les combattants de la révolution algérienne au maquis. © D.R.

Je n'ai jamais compté ni vérifié, mais j'affirme, au risque de me tromper, que de tous les responsables politiques et militaires de la Révolution du même niveau, je pense avoir été le tout premier à être écarté. Ostracisé.

Je jure sur la mémoire des chouhada qui sont morts à mes côtés dans la bataille. Par le sang de Si Lakhdar que j'ai enterré de mes mains, par les années d'enfer que le colonialisme nous a imposées et duquel nous avons triomphé, pour voir l'emblème national flotter dans le ciel de l'Algérie indépendante. Je jure que toutes ces années de feu ont été pour moi plus douces et moins lourdes que les cinq ans qui viennent de s'égrener sur le chapelet de mon destin.
L'Algérien qui s'adresse à vous n'est ni un tribun ni un homme de plume. J'étais un chaudronnier, soudeur à l'arc et à l'autogène, jusqu'à ce que je réponde, en mars 1955, à l'appel des hommes libres qui montait des djebels.
Je suis devenu moussebel, djoundi, moudjahid engagé dans le combat sacré pour mettre fin au colonialisme. Chaque grade que je porte, non sans fierté, je l'ai gagné sur le champ de bataille et nulle part ailleurs. J'en garde les marques, comme autant de preuves dans ma chair, avec au fond de la gorge l'âcreté et l'amertume que m'ont laissées les héros qui n'ont pas connu “le lait et le miel” de la liberté.
J'ai assumé des responsabilités au plus haut degré des structures militaires. J'étais, en janvier 1960, un des fondateurs de l'État-major général de la glorieuse Armée de libération nationale (ALN), comme adjoint militaire de Houari Boumediene, aux côtés de Kaïd Ahmed et d'Ali Mendjeli (Allah Yar'hm'houm oua y'wessaa 3alihoum). Je suis le dernier membre vivant de cette institution. J'ai siégé aux côtés des plus importants responsables politiques au sein du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA). J'ai mené au combat les lions intrépides du Commando Ali-Khodja. Nos ennemis d'hier dans ce qu'ils comptent d'honnêtes, ne manquent jamais de rendre hommage à notre bravoure.
Après avoir démissionné de l'État-major général pour des raisons qui seraient bien longues à énumérer ici, j'ai sollicité du gouvernement issu du CNRA d'août 1961 son accord pour rentrer en Algérie et poursuivre le combat mais sur le terrain. Je peux attester qu’il n’y avait là aucune manœuvre ou une quelconque ruse ou supposée stratégie ou tactique pour me mettre au service d'un quelconque clan ou groupe dans le but de court-circuiter une institution au profit d’une autre.
C'est en compagnie du commandant Moussa Charef que nous sommes revenus en Wilaya IV historique avec ordre écrit du président Ben Khedda de remettre de l'ordre dans la Wilaya IV. C'est ainsi que nous avons confirmé officiellement le colonel Hassan dans ses charges de colonel avec l'accord de tout le conseil de wilaya. Comme nous n'avions pas l'intention de demeurer au sein de la Wilaya, j'ai demandé à Si Hassan de nous assister dans la mission de remise sur pied de la Zone autonome d'Alger (ZAA). Si Hassan a désigné Si Mohamed Berrouaghia, pour nous accompagner à Alger, afin de nous présenter les militants qui activaient encore dans la capitale.
Ainsi, j'ai pris le commandement de la deuxième Zone autonome d'Alger (ZAA), que nous avions ressuscitée pour les besoins de cette phase de la guerre.  
Mes compagnons et moi avons organisé la résistance citoyenne de la ville. Nous l'avons préparée à recevoir le GPRA, autrement dit prendre ses fonctions officielles de capitale de la République algérienne. La lutte contre l'OAS a été âpre et meurtrière. Dans sa folle entreprise de garder l'Algérie française, la sinistre organisation a opté pour la politique de la terre brulée. Mais Alger ne brûla pas...
Et c'est une Algérie unie dans son peuple et sa terre qui a fêté son indépendance. Un pays, maître de son destin, qui n'était affidé ni à Washington, ni à Moscou ou au Caire, à Londres ou à Pékin, venait de recouvrer sa pleine et entière souveraineté... Mais l'État restait à construire.
Je n'ai jamais compté ni vérifié, mais j'affirme, au risque de me tromper, que de tous les responsables politiques et militaires de la révolution du même niveau, je pense avoir été le tout premier à être écarté. Ostracisé.
Était-ce pour me faire payer ma démission de l'EMG ? Ou ma fidélité au CNRA et au GPRA ?
Quoiqu'il en fût, j'ai accompli mon devoir jusqu'à l'arrivée et l'installation du GPRA et de son président dans une capitale apaisée. Aucun incident notable n'a perturbé le déroulement du référendum historique et l'entrée des responsables, de tous les responsables, à Alger. Tous ont été logés par mes soins. Des appartements et des villas ayant appartenu à d’anciens colons dans les meilleurs quartiers de la ville leur ont été attribués et beaucoup les habitent encore quand ils n'ont pas été transmis à leurs légataires après leur disparition.

Je jure que je ne l'ai pas fait pour moi-même
Des élections pour l'Assemblée nationale constituante ont été organisées selon le système des quotas. Autrement dit chaque institution qu'elle soit civile ou militaire avait un certain nombre de représentants. Les six wilayas que comptait le pays, de même que les fédérations de France, du Maroc et de Tunisie, ainsi que la première Zone autonome d'Alger que dirigeait Yacef Saâdi. Toutes les structures politiques et militaires qui ont mené le combat libérateur ont délégué leurs représentants au premier scrutin de l'histoire de l'Algérie sauf une : la deuxième ZAA.
Elle qui a barré la route à l'OAS et l'a empêchée de commettre l'irréparable et de compromettre les accords d'Evian. Elle qui a fait changer de camp à la peur après l'action du 14 mai en réponse à l'attentat du port d'Alger qui avait fait 72 morts. La ZAA qui a organisé la population pour subvenir à ses besoins. Qui a assuré les approvisionnements en biens de consommation. Nous avions suppléé dans l'urgence au départ des Européens qui dirigeait l'administration, l'éducation, la santé. C'étaient eux qui faisaient fonctionner les centrales électriques, les centraux téléphoniques, les ports, les aéroports, les chemins de fer. Tout a marché normalement. La ZAA qui a empêché le blocage de la capitale, voire du pays tout entier n'avait eu aucun représentant à la Constituante ! Pourquoi cela ?  
J'avais compris.
N'écoutant que ma propre conscience je me suis détourné du landernau politico-militaire, dans lequel je ne me reconnaissais plus. Un milieu où des condottières étaient saisis d'une fièvre létale. Les alliances les plus saugrenues le disputaient aux discours les plus fantaisistes où la démagogie ferraillait avec le clientélisme.

La suite nous la vivons !
En octobre 1962, alors que rien absolument ne m'y obligeait ni personne pour m'y invitait, je me suis rendu en compagnie de Omar Oussedik, mon compagnon de lutte et mon ami de toujours, au siège du FLN, afin de rencontrer Mohamed Khider (Allah Yarahmou), alors secrétaire général du Front, transformé en parti politique, depuis le Congrès de Tripoli auquel Omar Oussedik et moi-même avions refusé de participer étant occupés par la situation tragique que vivait Alger.
Je remis la somme de 185 millions de francs, représentant le reliquat de la gestion des finances de la ZAA. J'avais insisté pour qu'il me soit délivré un quitus ainsi qu'une copie au secrétariat. Le récépissé est toujours en ma possession. Puis, comme tout citoyen qui retrouvait la vie civile, après sept ans de combat multiforme, j'ai cherché du travail.   
J'avais trouvé un emploi dans l'administration l'hôtel Aletti. Puis dans les tissages Gouja chez un certain M. Béghin, à Boufarik. Je mets à la disposition de ceux qui en douteraient mes fiches de paye. Ma situation sociale n'a pas changé jusqu'à mon arrestation en 1964 et ma mise en résidence surveillée à Tamanrasset, par le président Ahmed Ben Bella, pour des raisons que j'ignore jusqu'à présent.
L'homme qui s'adresse à vous aujourd'hui, et qu'une certaine presse a traité “d'escroc”, sans lui donner l'occasion de parler pour se défendre, aurait pu prendre l'argent en sa possession à cette époque, et lancer de juteuses affaires. Rien n'en a été.
Si je me suis décidé à m'expliquer, et je veux être entendu, c'est en partie pour me défendre contre tous les ragots et calomnies inquisitifs qui ont été propagés par des médias attentifs, plutôt qu'à l'information, mais à la rumeur des hammams et des salons de coiffure.
Comment la situation est-elle partie en vrille pour me propulser dans les pages des faits divers de la presse ? La genèse tient en peu de mots.
En 2011, je me suis embarqué dans une galère qui m'est apparue comme une affaire tout ce qu'il y a de plus régulier, tant dans la forme que dans le fond. Une entreprise d'apparence convenable. Mais d'apparence seulement. Il s'agissait, m'avait-on dit, de livrer de l'eau au complexe cellulosique de papier et d'emballage, situé dans la zone industrielle de Bou-Ismaïl (Tipasa). La chose était d'une simplicité enfantine. Il fallait faire l'acquisition de camions-citernes pour assurer la livraison. J'étais à mille lieues de penser et encore moins de croire un seul instant, qu'une machinerie machiavélique s'est mise en branle à mon insu, pour manager ma méconnaissance en matière de gestion d'entreprise.
On a beaucoup glosé sur de prétendues affaires que j'aurai possédées depuis 1962. Il n'en est rien. Je n'en ai jamais fait, hormis la gestion d'un centre de remise en forme dans les années 60. Centre situé dans un immeuble de la rue Hamani (ex-Charras). Aujourd’hui objet de mon litige avec l'administration. Ce qui n'a rien à y voir en matière de management.
Pour revenir à cette “affaire”, j'ai chuté, à mon corps-défendant dans une chausse-trappe habilement échafaudée par une conjuration criminelle que la police n'a jusqu'à présent pas démasquée.   
Je n'étais pas encore conscient du traquenard dans lequel je venais de tomber, que les médecins me diagnostiquaient une tumeur maligne au côlon. Je subis en toute urgence une intervention chirurgicale à Alger. Je croyais que j'étais tiré d'affaire, quand les praticiens me prescrivirent une autre intervention bien plus lourde et plus délicate qui nécessitait un transfert de toute urgence à l'étranger.  
Je subis donc une autre opération mais celle-ci, à très haut risque, vu mon âge avancé et la nature sournoise de la maladie.
 

 Convalescent, encore à l'étranger, épuisé par la succession des interventions, je suis abasourdi quand des amis, qui ont lu la presse algérienne, m'informent que je faisais l'objet d'une attaque aussi vipérine que véhémente. Des titres, peu soucieux de déontologie ou tout simplement de donner à leurs lecteurs une information crédible et complète, m'ont brocardé. Ils avaient pris pour argent comptant les propos de trois plaignants. Ils ne m'ont laissé aucune chance. Un des articles en question m'accusait d'“escroquerie” (El Watan du 14 juillet 2014). Mon patronyme, ferré du qualificatif d'“escroc”, balafrait la page 4 sur toute sa largeur. Pourtant, je n'avais pas été traduit devant un juge qui est le seul habilité par la loi à qualifier les actes des accusés. Le souci du scoop a sans doute fait oublier à la journaliste, qu'aux termes de la constitution de la République, “toute personne est présumée innocente jusqu'à l'établissement de sa culpabilité par une juridiction régulière et avec toutes les garanties exigées par la loi”. Par ailleurs n'est-il pas d'usage que tant qu'un jugement n'a pas été prononcé de ne donner que les initiales des nom et prénom des mis en cause ? Les plus grands criminels ont vu leur nom protégé par la loi mais pas le mien. Je découvre à mon âge qu'il y a des personnes qui, comme les tiques, se font un nom sur le nom des autres. Foulant aux pieds les règles primaires de la présomption d'innocence, le journal reproduisait intégralement une lettre de Mme veuve Boubnider dans laquelle elle soutenait que je l'aurais sollicitée et je reprends ses termes “avec la complicité de (mon) gendre et de (ma) fille” pour une “aide financière pour créer une société de transport d'eau”. L'information aurait été complète si elle avait précisé qu'il s'agissait non d'un prêt mais d'un investissement, et qu'à ce titre elle avait commencé à toucher des dividendes en dinars sonnants et trébuchants et en liquide ! Cette lettre m'accusait d'avoir “préféré quitter le pays plutôt que de faire face à (mes) responsabilités”, alors que je me trouvais sur un lit d'hôpital ! Ce tract qui m'insultait et insultait la vérité serait l'œuvre médiocre de l'avocat, ancien sénateur, Mokrane Aït Larbi. Lui aussi investisseur, mais il a préféré mettre en avant le nom de son jeune frère. Lui l'“électron libre”, ainsi qu'il s'est autoproclamé, c’est autoconvaincu qu'il est historiquement appelé à un destin national. Il ne veut apparemment pas altérer son ambition et écorner sa notoriété, en se rendant au prétoire autrement qu'en robe de plaideur. D'autres s'en sont pris carrément à ma famille et celle de mon gendre. “Les Zerari et les Hadjouti...!” Je demande au journaliste auteur de cette titraille que viennent faire ici les Zerari, morts ou vivants ? De quel forfait sont responsables “les Hadjouti”, pour ainsi les incriminer dans une affaire qui concerne des personnes identifiées ? En quoi mes frères et sœurs, mes cousins d'ici ou d'ailleurs, éparpillés à travers toute l'Algérie et le vaste monde, sont-ils mêlés de près ou de loin ? Leur consœur et aînée, une des fondatrices de la presse nationale, Z’hor est une Zerari, pourquoi cette généralisation ? Connaissent-ils seulement les familles qu'ils suspectent et qu'ils blâment, sur lesquelles ils ont jeté l'opprobre. Je passe sur les titres vengeurs et culpabilisants de celles et ceux qui n'ont pas ménagé leur peine pour donner un caractère criminel à une affaire qui aurait pu relever d'un tribunal administratif sans plus. Je m'interroge sur le sens de la déontologie et de l'éthique ? Je pensais que c’était la somme des obligations qui régissent la pratique d'un métier, qui s'imposent aux professionnels. N'est-ce pas la base de la philosophie qui guide tous les métiers dignement assumés ? Pour avoir battu le pavé et m'être mobilisé sans compter, aux côtés des journalistes, en tête des manifestations pour la consolidation de la liberté d'expression. Pour avoir fréquenté les bancs des tribunaux devant lesquels comparaissaient des femmes ou hommes des médias, pour avoir assiégé les prétoires de plusieurs villes les plus éloignées, je sais aujourd'hui établir le distinguo entre les “journalistes” et les “journaleux” !
Mon admiration et mon respect vont pour les premiers et je garde, secret, tout mon mépripour les autres. Je ferme cette parenthèse sur la presse qui a considérablement envenimé, en pesant de tout son poids, la question par des fuites savamment distillées en violation flagrante du secret de l'instruction. Et partant, peut-être, influé sur le déroulement du procès et les condamnations. Mais il ne m'appartient pas de les commenter. Je les subis. J'en reviens à mon récit chronologique. Je pris la décision de rentrer, malgré mon état de santé défaillant, pour comprendre ce que signifiait cette charge.
Aussitôt revenu à Alger en catastrophe, déterminé à affronter cette cabale où l'offense la dispute à l'outrage, les médecins révélèrent un autre cancer. À la prostate cette fois. Nécessité d'une nouvelle opération chirurgicale d'urgence sous peine de métastases. Me revoilà dans le bloc. Le propre d'un escroc, comme j'ai déjà eu à le dire, n'est-il pas de s'emparer de la galette, fruit de son forfait, puis de prendre la tangente pour se sublimer dans la nature et se faire oublier pour croquer ses millions ? Comment aurais-je pu escroquer ma propre épouse ? Ma belle-famille ? Mes amis, les meilleurs ? Tout cela ne m'a pas fait perdre de vue mes obligations vis-à-vis des “investisseurs”. Je pensais trouver de la compréhension auprès de certains parmi eux, du moins ceux-là auxquels j'étais lié par une amitié ancienne à l'épreuve des questions de sous. Loin s'en faut, je me trompais. Ignorant de ce qui se passait réellement au-dessus de ma tête, convaincu que l'argent ne rentrait pas dans mon compte en raison de lenteurs bureaucratiques, je pris la décision de m'adresser par écrit au président de la République. La réponse ne tarda pas, et en juin 2015, je fus reçu par le Premier ministre Abdelmalek Sellal dans son bureau.
Après avoir levé et écarté les bras à la de Gaulle, il me lança enthousiaste, ce sont ses termes : “Le président Bouteflika m'a dit : Je veux que tu me règles dans les meilleurs délais le problème du commandant Si Azzedine, mon ami et compagnon de lutte.” La scène s'est déroulée en présence du directeur de la Banque de développement rural (Badr), et son chef de cabinet. Mais après consultation de mon avocat, j'ai fini par me rendre compte que je faisais l'objet d'une filouterie à grande échelle, sans équivalent dans les annales du crime en Algérie. Sur conseil de M. Sellal, je déposais plainte auprès de la police de Tipasa. Alors que l'enquête de police était en cours et qu'elle n'avait livré encore aucun résultat, la justice embrayait sa lourde mécanique. Puis sa machinerie s'emballa. Je réponds aux convocations qui me sont parvenues. Mes forces physiques me trahissent. Mon âge et surtout les opérations successives que j'ai endurées m'éreintent. Je me défends mal. C'est pain bénit pour mes accusateurs. Je me pose toujours la question qui consiste à savoir pour quelles raisons cette affaire était traitée au pénal puisqu’il s'agissait après tout d'une affaire de mauvaise gestion. La justice m'a donné tort. Jugez-en. Elle m'a, entre autres, condamné à verser 90 millions de DA à M. Aït Larbi lui qui n'a mis que 28,2 millions de DA et qui a touché 18 millions en dividendes. Normalement le remboursement ne doit pas excéder 10,2 millions.

Pourquoi ?   
Mais en fait de “tort” de quel “tort” s'agit-il ? Le tort d'avoir souhaité faire profiter mes amis et ma famille dans une affaire que je croyais sincèrement profitable pour nous tous. Ces amis que je remercie de n'avoir pas saisi la justice, convaincus qu'ils étaient que l'homme d'honneur que je suis allait, en se saignant aux quatre veines, les payer rubis sur l’ongle. Ceux qui nonobstant leur patience, à laquelle je rends malgré tout hommage, qui m'ont tourné le dos et qui ont hélas “oublié” l'adresse de la famille qui les accueillait. Ceux qui ont “perdu” leur téléphone “perdant” du coup mon numéro. Ces “ceux” oublieux des “menus” services que l'amitié impose, que je leur ai rendus. J'évoquais précédemment l'immeuble de la rue Hammani où j'avais ouvert un centre de remise en forme en 1966. En effet, le propriétaire français, quittant l'Algérie, me l'a confié avec autorisation de le sous-louer. Je l'avais bien sûr signalé aux biens vacants. Pointilleux, et avec une rigueur notariale, je n'ai jamais manqué à mes devoirs d'exploitant du bien en question. Aussi me suis-je toujours acquitté de mes redevances et impôts depuis 1966 jusqu'à aujourd'hui. À la fin des activités du centre de remise en forme, je sous-louais l'essentiel de l'immeuble à une société d'assurances nationale, tout en m'acquittant de mes dus auprès de l'administration. La vente de cet immeuble de rapport que j'exploite depuis était, pour moi, la solution pour rembourser rubis sur l’ongle tous ceux qui avaient mis de l'argent dans la malheureuse société qui a mal terminé. Cela me permettait d'envisager le règlement de tous mes problèmes. C'était mon dernier espoir pour que tous mes tourments cessent une fois remboursées les sommes en liquide que ma famille que ma femme et la famille de mon gendre ainsi que mes amis m'avaient confiées en toute confiance et en échange d'aucun document. Le règlement était simple. Avant que des personnes qui avaient un plan derrière la tête n'en fassent une affaire d'État, la transaction devait se passer entre les Domaines et moi-même, autrement dit l'exploitant, en usant de mon droit de préemption. J'ai donc accompli les démarches nécessaires pour en faire l'acquisition. C'est là que les choses ont été sciemment compliquées. Il y avait blocage. Où donc se situait-il ? D'une surprise à l'autre jusqu'à ce que j'apprenne qu'une transaction avait été passée en catimini, à mon insu, entre “l'État”, allez savoir qui, et le propriétaire français ! Alors que j'en étais l'occupant sous toute la présidence de Houari Boumediène, celle de Chadli Bendjedid, Mohamed Boudiaf, Ali Kafi, le président Liamine Zeroual et le président Bouteflika du moins jusqu'à 2015. Que s'est-il donc passé pour qu'une situation qui a marché normalement depuis 51 ans se grippe subitement ? Mon erreur, si cela peut s'appeler erreur, c'est de n'avoir pas acquis auparavant ce bien qui me faisait vivre depuis un demi-siècle. Coup de théâtre : alors que je ne le connaissais que de nom, M. Tahkout, qui a fait main basse sur le transport estudiantin, s'est proposé de me faire un prêt pour m'aider à régler en partie les remboursements. J'accueillis avec joie la “généreuse”. Mais pendant que je m'interrogeais encore sur la belle âme des “braves gens”, mon “bienveillant nouvel ami” me somma de lui rembourser illico presto l’argent avancé. Sans crier gare, il me réserva un véritable “feuilleton” en prime time, tourné à l'insu de mon gendre et de mon avocat, sur sa chaîne de télévision ! Voici l'usage que font ces gens de peu, du fleuron de la technologie du XXe siècle ! Tout s'éclaircissait. La vente a été bloquée par le Premier ministre Sellal qui n'a jamais eu l'intention de régler ce problème malgré les injonctions du président de la République.
Tant que j'exploitais cet immeuble et que je bénéficiais de l'usufruit, tout allait selon leurs prévisions. Autrement dit à ma mort “ils” allaient s'emparer de ce bien. Quant à M. Tahkout, il était convaincu de son côté qu'étant dans l'impossibilité de satisfaire le remboursement dans l'immédiateté qu'il voulait m'imposer, j'allais tout bonnement le lui concéder pour des clopinettes.  Depuis, j'ai frappé à toutes les portes de tout ce que le pays compte de bureaux. Moi qui ai rencontré les hommes les plus illustres qui ont remis l'Algérie dans le sens de l'Histoire en la rendant à son peuple, je peine à obtenir un rendez-vous avec le Premier ministre M. Ouyahia...Témoignez...Témoignez... Témoignez. Je prends l'opinion à témoin que je n'ai demandé ni un passe-droit ni un privilège. Comme je ne suis pas homme d'entourloupes, je n'admets pas les coups tordus. J'ai vu s'ouvrir sous mes yeux et se refermer à mon nez des portes en quantité. Dieu fasse que la prochaine sera la bonne, car je ne frapperai plus à aucune.


le Commandant Azzeddine Zerari


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