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“L’Algérie a besoin d’un président qui peut faire office de boussole du peuple”

©Archives Liberté

Ce qui est condamnable sans doute est le déferlement de mensonges sur les capacités physiques et mentales du Président à assumer ses fonctions.
L’homme d’État doit se soucier des conséquences de son action. Il est celui selon la judicieuse formule de Régis Debray : “Celui qui veut la conséquence de ce qu’il veut.” Refuser la résignation, s’opposer à l’injustice, aux faits du prince, c’est lutter pour l’éthique de la vie, et non pour la survie. Les belles leçons d’humanisme nous apprennent à vivre une vie plus douce, plus sereine, dans un espace calme, tranquille, afin de prendre le temps de vivre, de donner le sens à la vie, à soi-même, aux autres, à l’entourage. Les réflexions et la méditation bien pratiquées dans un environnement qui change rendent l’homme et la femme plus performants à l’action politique. Le silence dissimule l’indifférence, la lâcheté ou l’approbation.

Le président Bouteflika envisage-t-il de se présenter pour un 5e mandat ?
Depuis quelques mois maintenant, l’Algérie vit au rythme de l’actualité liée au 5e mandat, que l’on soit du côté des partis du pouvoir ou de l’opposition. Les débats renforcent le sentiment que le 5e mandat occupe une partie de notre existence. C’est un fait que nous ne pouvons pas nier, et ce qui va se jouer pour ou contre le 5e mandat, c’est le choix d’une vision et d’une stratégie pour tout le peuple. Le cri qui monte du peuple en réponse à l’ambition du Président s’il revendique un 5e mandat est “20 ans ça suffit, c’est déjà trop”. Djamel Ould Abbes ambitionne de déclencher d’importantes manifestations sur tout le territoire en faveur du 5e mandat, ce que Freud appelait “le délire collectif”. Les partis du pouvoir qui sont plus royalistes que le roi ont imposé le 5e mandat. Peut-on inverser la tendance et redresser la barre ? Que faire alors ? Les partis de l’opposition peuvent s’unir pour combattre le danger que représente le 5e mandat, qui ne sera que le statu quo et l’immobilisme. La tournure des événements peut leur donner une grande chance pour obtenir le changement du pouvoir et non un changement dans le pouvoir. La sortie du Président est proche, mais imprévisible. Le Président est encensé, vénéré, applaudi sans retenue par les représentants des partis du pouvoir et des institutions de l’État, alors que de par son incapacité à agir et sa passivité de par sa maladie grave et durable, il a abandonné le peuple à son triste sort et provoqué l’isolement du pays sur le plan international. Ce qui est condamnable sans doute est le déferlement de mensonges sur les capacités physiques et mentales du Président à assumer ses fonctions. Comment en sommes-nous arrivés là ? Chaque responsable politique doit faire son examen de conscience. Le Président est, de par sa maladie grave et durable, absent, définitivement absent de la scène politique. Seuls le Premier ministre, qui incarne l’austérité du budget, et le secrétaire général du FLN, qui est persuadé qu’il est visionnaire, stratège, tacticien, veut  entrer vivant dans l’histoire pour ses exploits légendaires dans les maquis et ceux qui les suivent, disent qu’il fait tout, décide de tout, dirige tout. Rien n’est pire pour des responsables politiques que de se payer de mots qui risquent d’engendrer des catastrophes politiques.

Recenser les fautes et les erreurs du Président afin de se projeter dans le futur
Le président Bouteflika fidèle à sa vision du pouvoir a volé à plusieurs reprises la Constitution. On se souvient de la fameuse apostrophe d’Alexandre Dumas : “On peut voler l’histoire (ici la Constitution) à condition de lui faire de beaux enfants.”
En agressant textuellement la Constitution, le Président à produit des nains politiques soucieux de privilégier leurs intérêts sur ceux de la communauté, qui parlent en son nom et revendiquent son héritage politique, courent les micros et les caméras pour chanter des louanges à sa personne. Il n’y a pas d’autre recours pour le Président que sa conscience qui l’interroge douloureusement. Le Président est de par sa maladie grave et durable absent, définitivement absent de la scène politique. Seuls le Premier ministre, qui incarne l’austérité du budget, et le secrétaire général du FLN, qui est persuadé qu’il est visionnaire, stratège, tacticien, qu’il a droit, par ses explois légendaires dans les maquis, d’entrer vivant dans l’histoire, et ceux que les suivent, disent que le Président fait tout, dirige tout, contrôle tout. Rien n’est pire pour des responsables politiques que de se payer de mots qui risquent d’engendrer des catastrophes. Ils parlent au nom du Président, mais ne peuvent faire office de boussole du peuple. Des accumulations de rancœurs remontent contre eux, et les Algériens les considèrent comme des accident de l’histoire.

Le pouvoir qui gouverne de manière despotique a condamné le pays à l’échec
Dans la gestion de l’affaire de l’APN, les députés de la majorité ont préféré la bonne conscience au cas de conscience. Ils ont priviliégié au risque de l’aveuglement la bonne conscience confortable, qui nourrit leur contentement qui est une catastrophe politique, sur le cas de conscience inhérent à la dimension tragique du problème. Ils ont failli à cette tâche car ils ont préféré l’éthique de conviction à l’éthique de responsabilité  selon la fameuse distinction de Max Weber.
Ils ont accueilli chaleureusement Bouhadja nommeé président de l’APN par le président Bouteflika, car il n’y a pas séparation mais confusion des pouvoirs et ils ont mis la même ardeur pour le destituer.
Il y a de très nombreux privilégiés qui ont pillé les richesses du pays, ce qui a suscité le colère du peuple qui a dénoncé cette dérive qu’ils méprisent alors qu’ils parlent en son nom… Où va l’école qui doit apprendre à se cultiver et à penser ? Où va l’université… Les policiers manifestent, violent la loi et les principes de base de leur fonction avec une totale impunité. Un tour d’Algérie de la corruption révélera les bénéficiaires de parachutes dorés au sommet de l’État, les magouilles à milliards et à millions de dinars. Les puissants et les riches sont justiciables, comme tous les citoyens. La démographie importante, 76 millions d’habitants en 2050, qu’il faut la résoudre dans les meilleurs délais.

La liberté est le patrimoine commun des Algériens
Il faut accorder une grande importance à la liberté, patrimoine commun de tous les Algériens, qui se réalise par le combat politique pour la démocratie, la justice, car là où elle fait défaut surgit la tyrannie du pouvoir totalitaire qui est à son crépuscule, mais reste à savoir quelles forces politiques prendront la relève. Les défenseurs de la liberté ont une dimension de générosité de solidarité et d’ouverture, appréciée par les victimes de la répression et de l’oppression, sans distinction et sans exclusion, quels que soient leurs engagements politique, social, culturel, religieux. Les Algériens sont loin d’être égaux devant la loi, et les droits humains sont constamment en danger de manipulation et de récupération par une administration envahissante et étouffante. Tout ce qui cède au rapport de force, au fait accompli, marginalise et humilie la personne humaine est à combattre.

La liberté d’expression et de la presse
Pour lutter contre l’arbitraire, l’injustice, la répression, la corruption qui sont devenus des modes de gouvernement, la liberté d’expression qui est le fondement de toutes les libertés, et de la presse, constitue un impératif, une arme redoutable ; la presse indépendante qui a le sens de l’éthique et de la responsabilité, et ne dissocie pas le savoir-faire du faire savoir, consciente de la nécessité d’une gestion moderne et dynamique de l’information, est engagée dans le débat démocratique et la confrontation des idées en relation avec les faits de l’actualité. Elle est menacée dans ses intérêts et même dans son existence, car elle ne peut vivre sans l’apport de la publicité. Elle est en liberté surveillée, dans le collimateur du pouvoir pour son indépendance éditoriale. Le pouvoir qui s’est emparé des moyens d’information les plus puissants, les télévisions et les radios, manipule et intoxique l’opinion publique par sa propagande. La liberté d’expression et de la presse, est une priorité préalable à la réalisation de la démocratie. Plus qu’un métier le journalisme est une manière de vivre, de réfléchir, de penser, de méditer et d’agir. Les journalistes de la presse libre respectent trois principes : vérité, respect de l’expression plurielle des courants de pensée et d’opinion, objectivité et honnêteté intellectuelle et morale. La situation que vivent les journalistes, qui subissent la répression revêt une gravité exceptionnelle. Les journalistes sont condamnés à de lourdes peines.
L’emprisonnement des journalistes de la presse électronique et d’autres, dans l’affaire dite du réseau Amir DZ. La présomption d’innocence qui est un droit constitutionnel est bafouée. Pour les journalistes, il faut clarifier la vérité et la dire quoi qu’il en coûte, c’est une question de morale et d’exigence politique. Internet et les réseaux sociaux sont des armes redoutables que les journalistes pour qui de devoir d’irrespect du journaliste est le fondement de la profession, utilisent de manière éclatante pour visibiliser la collusion entre un pouvoir totalitaire et une justice qui n’est plus un pouvoir mais un instrument du pouvoir. La femme a les mêmes capacités que l’homme, les mêmes droits doivent lui être accordés. Il faut protéger les valeurs féminines, les qualités de la femme, l’affirmation de son identité. La place de la femme dans la sphère politique est réduite dans la société masculine, alors qu’elle prend conscience qu’elle a les capacités au même titre que l’homme d’occuper des postes de haute responsabilité. La politique ne donne pas l’exemple de la parité femmes-hommes dans les institutions de l’État, et ne peut se vanter de promouvoir la place des femmes dans la culture. Le pouvoir qui impose aux partis politiques une place minime aux femmes dans les deux Chambres du Parlement, veut s’acheter à peu de frais une conscience féminine. Il faut augmenter la place des femmes dans l’encadrement des institutions de l’État et des entreprises. La mixité est source d’enrichissement mutuel et d’innovation. Le pouvoir doit promouvoir une politique de bonne mixité, pour dirigeants et cadres où s’élabore la statégie. Recruter des femmes dans l’administration, les institutions de l’État, les entreprises, c’est bien, reste à leur faire une place, une juste place dans les directions. La conviction est que la mixité dans les hautes sphères des institutions de l’État, de l’administration, des entreprises, est le gage de performance et de réussite. Les femmes doivent disposer de leur libre arbitre et de leur destin. L’enjeu décisif que représente la juste place de la femme qui est l’égale de l’homme permet de remettre l’humain dans la société.

Proposer une alternative pour une sortie de crise
Les clans du pouvoir ont des codes, des réseaux mais sont divisés, entre ceux qui lui sont fidèles et ceux qui viennent de le quitter. Une opposition unie et forte n’est réalisable que si le 5e mandat se précise et se concrétise, pour boycotter le scrutin. Les responsables politiques de l’opposition doivent savoir la collusion de deux exigences contraires. Chacun d’eux doit faire son mea-culpa, mais la responsabilité politique ne peut se contenter de la contrition. Il faut agir. Il est dommage qu’il n’y ait pas un parti des indignés.
L’opposition doit s’unir, car elle a conscience que le 5e mandat qui est un danger car c’est le statu quo et l’immobilisme mortifère, c’est la continuité qui fait appel à la planche à billets, et à l’inflation à deux chiffres qui déclanchera comme au Venezuela, la faillite. Il faut rendre hommage aux chansons populaires et à leurs auteurs, chantées dans les manifestations et les stades. Pour une nouvelle ère, il faut placer aux commandes du pays des dirigeants compétents, honnêtes, en mesure de définir et de réaliser une politique moderne, de redresser l’économie après des dizaines d’années de laisser-faire.
Les enjeux dominants à satisfaire sont : l’éducation, la santé, l’économie, l’emploi, la démocratie, l’État de droit, la justice, la liberté. Il faut mettre fin à 2 Algéries, celle des puissants et des riches, celle des pauvres, afin de faciliter le vivre ensemble.

Alger, le 30 octobre 2018
Par : Ali Yahia Abdennour

Militant des Droits humains


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