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Le financement, maillon faible du développement agricole

Les exploitants agricoles ont du mal à contracter des crédits bancaires. ©D. R.

L'encadrement financier du secteur agricole demeure une incitation incontournable qui mène directement vers la réalisation des investissements. La prolifération des exploitations agricoles privées, générée par la privatisation progressive des exploitations collectives et la restitution des terres nationalisées aux anciens propriétaires, ont fait accroître les besoins en financement. La Banque de l'agriculture et du développement rural (Badr) a été créée à cet effet, devenue autonome à partir de 1990. De ce fait, les pouvoirs publics ne garantissent plus les emprunts bancaires, la Badr s'est transformée en banque commerciale classique qui applique à l'agriculture les règles strictes du crédit bancaire, l'essentiel des exploitants agricoles individuels n'avaient plus accès au financement bancaire.
Le secteur informel a pris le relais du financement de l'agriculture et sous diverses formes qui se contractent avec consentement des parties sans aucune couverture juridique. Une étude réalisée par l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) en 2002 sur le financement des exploitations agricoles dans notre pays nous renseigne sur les différentes formes pour lesquelles optent les exploitants agricoles en vue de financer leurs activités, il en ressort :
— l'autofinancement qui représente l'essentiel du financement de l'agriculture, les petits exploitants font surtout appel au réseau familial, les plus importants s'approchent d'autres membres de milieux d'investissements différents (petits industriels, commerçants) ;
— le crédit fournisseur : ce sont essentiellement les commerçants fournisseurs d'intrants qui offrent des facilités de paiement à leurs clients sérieux, reconnus pour leur régularité dans les paiements ;
— la vente sur pied : certaines productions très recherchées (essentiellement en arboriculture fruitière) sont achetées par des commerçants ce qui permet aux agriculteurs d'effectuer les investissements nécessaires (forage, équipement agricole…) ;
— l'association avec partage de production : elle concerne surtout les productions annuelles ou l'élevage. Le propriétaire de la terre travaille, avec un autre agriculteur sans terre ou n'ayant qu'une petite superficie, l'ensemble de l'exploitation et de la récolte est partagé suivant des règles prédéfinies.
À partir de l’an 2000, le Fonds national de régulation et du développement de l’agriculture (FNRDA) entre en application, c’est un fonds de financement inédit dont a bénéficié le secteur agricole, géré initialement par la CNMA, puis la Badr, toutes les branches ont été touchées et dans les détails les plus élémentaires, cela s’est traduit sur le terrain par l’application de programme de soutien direct aux agriculteurs, soutien qui avait pour but principal la mise à niveau des exploitations agricoles par :
— l’adaptation des systèmes de production ;
— le développement  des  productions agricoles ;
— l’amélioration  de la productivité ;
— la valorisation de la production agricole
Encouragés par le financement assuré par ce fonds, les agriculteurs et autres investisseurs dans le secteur ont adhéré avec force au programme qui, à première vue, répond à leurs attentes et leur offre tous les moyens nécessaires pour mettre en marche leurs exploitations qui se trouvaient dans des situations dramatiques sinon d'abandon.
L’application de ces mesures a été faite dans la précipitation et sans étude au préalable, ni encore un suivi ou contrôle durant la réalisation des projets financés, les prix de référence fixés par l’administration pour la réalisation des différentes opérations étaient beaucoup plus élevés que ceux pratiqués réellement sur le terrain, cette situation “alléchante’’ a attiré les pseudo-investisseurs rentiers qui ont violé ce secteur pour en tirer profit sans que leurs projets soient finalisés et ayant créé aucun emploi, une fois que le soutien de l'État a pris fin, la plupart d'entre eux n'ont pu faire face aux diverses charges d'exploitation et qui se trouvent hors du champ d'éligibilité au crédit...
Cette fièvre a même affecté les agriculteurs de profession qui se sont perdus entre l’administration agricole et les banques afin de régler leurs dossiers de soutien et d’encaisser les plus-values ! Leurs exploitations étaient totalement abandonnées ou alors gérées à mi-temps !
Ce type de financement, au lieu de jouer son rôle dans le développement de l’agriculture, a généré une situation de cacophonie. Durant cette période une migration fulgurante d’opportunistes s’est opérée vers le secteur. Le secteur agricole algérien a toujours souffert de l’absence d’une politique de financement adaptée aux spécificités du secteur agricole et du monde rural.
Le financement de l’agriculture souffre également de l’absence totale de coordination et de cohérence entre l’administration agricole et les institutions financières, la façon avec laquelle le dossier de l’effacement des dettes des agriculteurs a été traité, est des plus illustres à cet égard. Le processus de l’effacement des dettes a été étudié et exécuté par les institutions financières sans se référer au ministère de l’Agriculture qui a un droit de regard sur le secteur et qui a les moyens nécessaires pour se prononcer sur la solvabilité des sujets proposés à bénéficier de cette “grâce’’.
L’essor de l’agriculteur dépend inéluctablement du financement, il est donc impératif de créer un organisme spécifique pour le financement du secteur, en prenant en considération les spécificités du secteur et en garantissant l'accès au crédit à l'ensemble des agriculteurs à travers tout le territoire national, un financement qui permettra la mobilisation et la mise en œuvre de toutes les ressources suffisantes pour la réalisation des investissements qui propulsent l’agriculture vers le développement et atteindre, par conséquent, l’autosuffisance alimentaire.
Dans cette optique, il s'avère que le principe mutualiste a montré ses avantages, dans plusieurs pays où les petites exploitations sont majoritaires et dont la taille ne favorise pas l'accès au crédit, le principe coopératif engendre un cadre de solidarité qui consolide les garanties offertes.

M. A.
Expert agricole


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