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A la une / Contribution

Une école telle que nous la rêvons

L’école est l’une des plus belles, des plus nobles et des plus utiles institutions que l’humanité ait inventée

Une école performante, socle d’une société émancipée. ©D. R.

Destinée à éduquer, à instruire, à former les nouvelles générations, elle fait l’objet de tous les espoirs, de toutes les exigences, de toutes les attentes et aspirations de la société en général, et des parents en particulier, mais elle demeure aussi et surtout un lieu de luttes idéologiques parce que, justement, ses contours déterminent ceux de la société – à construire ou à consolider – et les programmes qui y sont mis en œuvre établissent son orientation doctrinale.

Poser la question de l’école, c’est donc poser le problème du projet de société. Cela reste encore un tabou chez nous ! Quelle école mettre en place pour quel Algérien de demain ? Faudrait-il former un croyant ? Un sujet ? Ou un citoyen ? Telles sont les questions fondamentales, posées en filigrane à travers toute réforme de l’école. Questions auxquelles on ne veut pas, toujours, chercher, et encore moins donner de réponses. Il est vrai que des velléités de sa réforme ont toujours été prônées par différents gouvernements, cependant aucun dirigeant, aussi haut placé soit-il, n’a pu, n’a voulu toucher du doigt son mal profond (mal à l’origine de celui de la société aussi).
Tout le monde sait que notre école, qualifiée souvent de sinistrée, est prise en otage par l’idéologie islamiste de mauvais aloi, couplée à un arabisme sectaire, réducteur et ravageur. Une idéologie qui a fini par la détourner de sa mission première : dispenser les savoirs ! Une idéologie qui a formé des monstres destructeurs en lieu et place de savants bâtisseurs !
Comment libérer l’école (donc la société) de l’emprise de cette idéologie réductrice et destructrice, mise en œuvre en son sein dès la fin des années 70 ?
Comment la libérer de cette nébuleuse qui a aliéné, tant sur le plan intellectuel que spirituel, notre jeunesse ?
Comment l’affranchir de cette doctrine qui a mis main basse sur elle, et par voie de conséquence sur la société ?
Comment arrêter l’hydre intégriste, friande de cerveaux humains, sortie des entrailles de cette institution et qui se retourne contre elle ? (1) 
Comment et par quels moyens la soustraire à cette doctrine arabo-islamiste qui a instrumentalisé la religion, exacerbé le sentiment patriotard et qui a, pendant des décennies, formé, au mieux, des esprits confinés dans un mysticisme fanatique et un nationalisme chauvin, et au pire, produit et fourni des soldats aux GIA, AQMI et autres candidats kamikazes à Daech ?

À toutes ces questions, une seule et unique réponse : la mise en place d’une école républicaine, laïque et performante !
Oui, en notre for intérieur nous aimerions, tous, que l’école préserve nos enfants des luttes idéologiques qui la traversent et la minent, du tumulte de la société, de sa violence, de ses méfaits mais aussi qu’elle les aide à s’y insérer harmonieusement.
Qu’elle les épanouisse tout en les forgeant à l’adversité. Qu’elle leur apprenne non seulement les fondamentaux (lire, écrire, compter), mais qu’elle les émancipe aussi qu’elle se charge de tous les savoirs nécessaires et utiles qu’ils doivent acquérir, qu’elle forge leur avenir, qu’elle les prépare à la vie mais aussi au reste.
En quelque sorte, nous souhaiterions, tous, voir nos enfants scolarisés dans une école performante et indépendante de toute chapelle idéologique

Une école performante
Une école qui, au-delà de sa mission de dispenser le savoir, le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-devenir, s’attelle aussi et surtout à former des citoyens responsables, intègres, probes, incorruptibles
Une école qui puisse changer les mentalités, promouvoir l’égalité et faire disparaître les préjugés. Une école qui se doit aussi d’être investie de multiples autres missions : instruire nos enfants, transmettre les savoirs, accroître l'éveil des esprits, former les consciences des futurs citoyens, réintroduire l’esprit critique, l’esprit d’analyse, réintroduire la rationalité, permettre à chacun de trouver sa place dans le monde du travail, redistribuer l'égalité des chances et être le liftier de l'ascenseur social. L’école ne doit pas, ne doit plus se contenter de dispenser un savoir au rabais ou encore “fabriquer des travailleurs robotisés, dociles et obéissants” comme prescrit dans la charte de “l’école fondamentale”. Elle ne doit pas, non plus, fonctionner sous l’emprise de la volonté des décideurs et de leur option idéologique. (2)
Elle ne doit surtout plus former des sujets soumis ni des croyants convaincus ou encore moins des intégristes fanatisés,
radicalisés ! Une véritable école se doit de former des citoyens responsables, soucieux du destin commun, prêts à le bâtir ensemble et à le défendre ensemble, même au détriment de leur propre intérêt.
Elle doit fabriquer l'élite intellectuelle. Une élite qui soit à même de travailler à l'éveil des consciences individuelles et de la conscience citoyenne, une élite qui conduise le peuple vers la lumière et la liberté.
Une élite qui ne saurait être complexée, une élite qui investisse le champ de la politique et qui ne l’abandonnera pas aux ignorants et aux apprentis sorciers de tout genre comme cela se passe aujourd'hui dans notre pays avec les dégâts que l'on ne finira pas de compter.

L’école doit se donner aussi comme objectifs de :
forger une conscience citoyenne aiguë ; élever le niveau général ; développer l’autonomie ; susciter la capacité d’invention, d’imagination, de création ; accroître le sens de la réflexion, de l’analyse, du raisonnement ; aiguiser le sens critique ; encourager la recherche, la créativité, l’émergence des talents ; cultiver le sens de la communication ; donner le goût pour le travail.
Son champ est tellement vaste, ses ambitions tellement nombreuses. Elle doit aussi et surtout  apprendre à l’enfant à appréhender la vie, à avoir confiance en soi, à veiller à son épanouissement personnel, à son équilibre psychique et psychologique à aimer la vie !

Une école novatrice
Afin de ne pas demeurer en reste, il est urgent de bâtir cette école novatrice qui puisse, dans les meilleurs délais, former des élites avant-gardistes qui seront à même de prédire les métiers de demain, de faire face aux enjeux universels ; de former des femmes et des hommes capables d’affronter les défis mondiaux, des cadres aptes à réaliser des prouesses dans le domaine des nouvelles technologies, dans celui des compétences numériques. Il est impératif de bâtir cette école novatrice et émancipatrice propre à former des professionnels compétents et performants en tout genre et en toute catégorie mais aussi et surtout des citoyens responsables, éclairés, respectueux des règles de vie communautaires, soucieux du devenir commun, jaloux de leur patrie (on ne se lassera pas de le répéter !).
Bien entendu, cela ne pourrait pas se réaliser sans la mise en place de programmes et méthodes d’enseignement modernes et adéquates pour l’appropriation des savoirs qui favoriseront l’insertion dans l’universalité, la mondialité. Cela ne pourrait se faire sans la mise en place d’outils performants, de moyens aussi bien humains que matériels quant à l’enseignement des sciences, de toutes les sciences, des technologies, de toutes les technologies, des plus grandes jusqu’à la nanotechnologie. Sans la mise en place de moyens didactiques performants, modernes, cela ne pourrait se réaliser, enfin, sans la mise en place d’une politique qui vise la conquête de tous les savoirs existants de par le monde, car il s’agit bien d’aller à l’assaut des savoirs, de tous les savoirs (scientifiques, techniques, technologiques, économiques, numériques, culturels, artistiques) afin de se les approprier pour pouvoir propulser notre société dans le concert des nations avancées.

Mais avant, il faudrait et en urgence :

  1. Libérer notre école de l’emprise de l’idéologie rétrograde : l’arabo-islamisme.
  2. La soustraire à toutes les luttes partisanes.
  3. Mettre en place un programme à standards universels, comme énoncés plus haut.
  4. Élaborer et dans les meilleurs délais un plan Marshall pour la formation des enseignants et cadres pédagogiques tous niveaux et tous corps confondus.
  5. Réexaminer les méthodes et les moyens didactiques.
  6. Revoir de fond en comble le système d’évaluation.
  7. Reconsidérer les langues d’enseignement (enseignement des langues maternelles dès la première enfance, ce qui permettra et favorisera l’épanouissement et l’éveil de l’enfant, et enseignement des sciences et technologies dans les langues étrangères, ce qui donnera la possibilité d’un rapide et libre accès aux savoirs universels).

À ce sujet, il y a lieu de nous décomplexer et de lever le tabou de la langue d’enseignement actuelle : la langue arabe accuse un retard incommensurable dans le domaine des connaissances scientifiques techniques et technologiques ; nous possédions, nous le possédons encore cet outil linguistique qu’est la langue française considérée à juste titre comme “butin de guerre” par Kateb Yacine. Cet outil, j’en suis convaincu, nous aidera beaucoup à réduire l’écart qui existe entre nous et le monde occidental.
Enfin, il faudrait s’atteler, et au plus tôt, à construire cette école, républicaine, laïque et performante où seront enseignés les droits de l’homme, les vertus de la tolérance, l’amour et le respect de la vie, celui du prochain, celui du travail, celui de l’effort et bien entendu celui de la patrie, sans chauvinisme aucun !

Le rêve est toujours permis.

Med Akli Lannak

Ancien SG direction éducation Tizi Ouzou.
Enseignant à l’université M. M. de Tizi Ouzou

Notes :

  1. Les stigmates des massacres des AIS, GIA et AQMI ont marqué notre société de manière indélébile. Qui ne se rappelle pas des ravages de ‘la décennie noire’ où les hordes de terroriste islamistes des GIA, dont l’âge dépassait rarement les 25 ans, mettaient à sac la société et brûlaient les écoles sous les youyous de leurs mamans ?
  2. “L'école algérienne forme des Algériens arabo-islamiques à conscience socialiste” (in la Charte nationale de 1976).

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2 réactions
Universitaire le 05/02/2017 à 15h26

il n’y a pas d’école, de collège, de lycée et d’université uniques, la ségrégation existe, non plus au sein de la classe, mais d’un établissement à l’autre. Des écoles, collèges et lycées de centre villes ne ressemblent en rien à ceux des banlieues ou certains quartiers sensibles, quartiers du genre « favela », « kazdiri » ou « chaabaoui » ou « quartiers d’insécurité ». La violence des jeunes serait le reflet de la violence sociale : chômage, dysfonctionnements familiaux, ghettoisation.

Universitaire le 05/02/2017 à 15h29

Déjà à la fin du XIX siècle, le philosophe Nietzche [1] se demandait quel sens donner à l'acte de "civiliser" ? Que signifie domestiquer ? L'éducation de l'homme n'est-elle pas dressage ? Si la civilisation se caractérise par la plus extrême violence, la violence de l'esprit sur lui-même, rien d'étonnant à ce qu'il y ait des " retours de bâton ", des retours du refoulé, des régressions barbares. 1. Friedrich Nietzsche. Généalogie de la morale. GF-Flammarion, Paris, 1996. Note 129. p.213.

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