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Contribution (Liberte-algerie.com)

Les foyers de violence et la distribution de rentes entravent le développement de l’Algérie

©Liberte-algerie.com

Ce n’est pas l’accumulation du capital ou ce que nous appellerions aujourd’hui la croissance économique, mais bien la stabilité de l’ordre social qui est l’objectif fondamental des puissants.
 
L’impensé majeur de la théorie économique standard (T.E.S)  des pays du nord, a empreint  largement la pensée occidentale, pour qui la croissance de la production de richesse au niveau de l’ensemble de la société est un objectif universellement partagé, dans tous les pays, en tous temps.
 
Toutes  les institutions occidentales (Banque mondiale, FMI, OMC,..) sont arrimés à la T.E.S et croient savoir, pour amorcer le développement, il suffirait de supprimer les obstacles à cet objectif, en injectant de l’épargne, en améliorant le « capital humain » et les infrastructures techniques, en libéralisant les marchés ou en promouvant la « bonne gouvernance » .
 
Tous les fondements de l’aide publique au développement, pensée et financée par le Nord et ses institutions,tiennent dans ce raisonnement.
 
Rien de plus faux. La preuve , l’échec systématique de toutes les politiques de développement dans les pays compradores du Sud.
 
Les dernières études pluridisciplinaires, totalement indépendantes et scientifiques (Histoire, anthropologie, droit, sociologie, sciences politique, économie), montrent tout le contraire, que la croissance économique n’est pas un objectif qui va de soi pour toutes les sociétés.
 
C’est la stabilité de l’ordre social (le contrôle de la violence par la distribution de rentes) qui constitue lefondement des régulations sociales et donc la préoccupation majeure des sociétés et de leur élite.
Ce qui explique le manque de volonté politique de la part de la coalition dominante en Algérie d’amorcer toute véritable politique de développement.
Cette étonnante résilience à notre décollage économique tient à ce caractère indissociablement lié du pouvoir et de la richesse.
 
La primauté à la stabilité de l’ordre social permet  ainsi de comprendre pourquoi, en dépit des gages donnés aux « institutions internationales », le développement économique et politique n’est pas l’objectif premier de nos dirigeants et de la plupart des PVD. Dès lors, les politiques « d’aide au développement » » conçus de l’intérieur ( 1300 milliards de dollars engrangés par l’Algérie, nous n’ont pas permis d’amorcer notre décollage économique et industriel d’un iota! ) ou de l’extérieur, tous deux n’ont permis qu’une faible chance de succès, la coalition dominante du pouvoir étant rationnellement rétif à prendre le risque d’une ouverture d’un ordre social au développement, qu’il est plus aisé pour elle de se maintenir au pouvoir et de s’enrichir par la création et la distribution de rentes que par l’accroissement de la richesse globale (développement et croissance économique).
La logique puissante de nos ordres sociaux en Algérie très peu ouverts à la création de richesse, fait qu’ils sont scellés à la coalition dirigeante (le dirigeants et son entourage) par crainte de perdre la main, fait que tout effort de développement venant de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, est systématiquement détourné de sa vocation initiale afin de servir les intérêts de la coalition dominante ( ANDI et le CNI ne sont que des instruments de contrôle et de partages des rentes, en aucune façon servent le développement du pays, les idées et la confidentialité des projets ne sont pas brevetées et reçoivent systématiquement un refus et une fin de non recevoir, ce qui en dit long sur la mauvaise intention de la coalition dominante).
 
Ces travaux multidisciplinaires dépassionnés et non moralisateurs, désossent ces modes de fonctionnement au cœur de l’interaction entre processus d’accumulation économique, formes d’organisation politique et stabilité sociale.
 
Ce renversement de perspective, sur lequel je travaille dur, amorce un bouleversement colossal et constitue une avancé majeure sur notre compréhension sur le fonctionnement des sociétés et déplace le fait politique au centre du développement des sociétés.
 
Le régime de Bouteflika nous a démontré de façon magistrale qu’en endiguant la violence par une manipulation de l’économie visant à établir rentes et privilèges, a entravé et raté totalement le développement et le décollage économique de l’Algérie.
 
Le peuple n’est pas médiocre Monsieur Bouteflika (je me rappelle de votre déplacée phrase qui m’a fait très mal), c’est votre politique de Klab Chaklab et de Tchik Chibila, dénuée de courage qui l’est, qui tient du niveau du raz des pâquerettes.
Le regard du Nord développé sur le sud « indéveloppable» doit changer, par l’endiguement de leurs alliés compradores des pays du Sud.


 Dr Mohamed Belhoucine

Lire également du même auteur "Les gouvernés ce sont eux la politique et sans eux point de politique !"  en cliquant ICI

 

(*): Les contributions publiées sur Liberte-algerie.com relèvent exclusivement de la responsabilité de leur auteurs

 

Publié dans : liberte-algerie.com

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