Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Contribution

Contribution (Liberte-algerie.com)

"Les gouvernés ce sont eux la politique et sans eux point de politique !" (Partie 03)

Développement:

                    La captation de la politique par l’Etat Algérien est la plus grande tragédie que traverse notre pays. Les forces et mouvements sociaux doivent prendre leur destin en mains, personne ne peut le faire à leur place, et c’est par la politique et la démocratie absolue qu’ils peuvent le faire. Quand l’Etat s’occupe de la Politique, il inverse les rôles et fabrique à l’intérieur de son corps défendant, les toxines et les ingrédients qui le dévorent et l’avilissent à l’origine de son impuissance, inefficience, de son laxisme, de sa complaisance, de sa déliquescence et de sa faillite.

Ma présente lettre ne vise en aucune façon, à plaider, adhérer, appuyer et soutenir une  intervention militaire pour changer ce régime, car la puissance militaire constitue la partie faible du pouvoir : elle est dure mais friable. La force militaire ne saurait suffire à établir une autorité stable et souveraine. La souveraineté exige le consentement des gouvernés, à ce titre le pouvoir souverain doit constamment être en mesure de négocier sa relation aux gouvernés. Il ne faut pas tomber dans le piège ou la ruse, surtout pas, de dire, que l’armée en finale peut nous proposer le modèle de la « transition démocratique »  qui s’inspire de la forme obsolète du caudillismo latino-américain qui a épuisé son parcours et que défend un ringard, un ex responsable, bec et ongle par opportunisme, mimétisme et crétinisme, car il ne peut engendrer à son tour que de nouvelles oligarchies corrompues et compradores, qui vendent notre pays à l’impérialisme et à la France (c’est ce qu’on est en train de vivre actuellement), plus que des systèmes démocratiques.

Et surtout que l’armée ne s’implique pas et évite de se piéger dans les fausses enseignes tel le  « consensus démocratique » qui consiste à dire que le pouvoir d’Etat doit être confié aux principaux partis (et qui en réalité sont sans réelle représentation et profondément impopulaire), un sorte d’un grand centre mou qui ramollit et tue la politique. Ce jeu invariant et récurrent de l’expression « consensus démocratique » cache une triste réalité et une impuissance criante : les partis convoqués par l’armée au pouvoir s’accordent sur le point qu’en définitive on ne touchera pas au capital, qu’on laissera la propriété privé et les grands groupes nationaux et internationaux dévorer encore plus l’Algérie et le principe du bien public.

La loi de la démocratie parlementaire telle qu’elle est mimée chez nous, est appropriée au développement du capitalisme dans ses manifestations passées et actuelles, c’est à dire l’étouffement des véritables aspirations populaires.

L’Etat Algérien se trompe et ne perçoit pas les champs et les lignes de forces, seules les forces sociales, mêmes si elles sont inorganisées,sont les acteurs véritables de la création historique et politique.

Lorsque l’Etat s’approprie via le Parti FLN, le monopole de l’action politique, cela conduit de fait à une complète dépolitisation de la société.

Prime conséquence de cette dépolitisation, la fonction politique de la représentation qui consistait, de façon mystificatrice, à prétendre hisser le peuple au pouvoir n’a jamais été opératoire et s’est avéré un gros mensonge.

A cet égard, tous les partis algériens sans exclusive, dans leur pratique ne sont pas immergés dans l’enchevêtrement complexe de notre tissu national et n’ont pas l’adhésion des mouvements populaires car ils sont coupés de la dynamique d’ensemble des processus sociaux.

Les partis algériens fonctionnent en vase clos, et ne tirent en aucune façon des mouvements populaires ni leurs existences, ni leurs idées programmatiques et tactiques. Leur mode de fonctionnement est horriblement bureaucratique, fait signe vers un noyau central et sa couronne constituée de veules bureaucrates, un schème d’autorité, ce qui reconduit carrément à une négation et à un effacement autoritaire de la multiplicité.

Hélas ce schème de pensée de la nécessaire et obligatoire condition de l’adhésion aux  lignes de masses, n’est pas prit en considération lors de la délivrance laxiste et complaisante de l’agrément administratif aux partis nouvellement créés.

La crise actuelle de la démocratie n’est pas seulement liée à la corruption et à l’insuffisance des institutions et des pratiques ‘’démocratiques’’, mais aussi au concept lui-même. Les partis qui se disent démocratiques, sont tous logés à cette fausse enseigne démocratique ou le pouvoir  ne sera jamais ‘’ pour tous ni exercé par tous’’.

Le fascisme et le totalitarisme sont définis épistémologiquement comme l’éradication de la politique du champ de la société. C’est avec çà qu’il faut rompre !

Les libertés ne viennent pas par le ‘’ciel pur des idées’’ et des ‘’ luttes parlementaires fragmentaires’’ prisonnières du capital, comme nous le clament de nouveaux partis,  ce credo récent des libertés est un zéro pointé à gauche.

Les citoyens doivent s’approprier équitablement s’il le faut par la force, les moyens collectifs de production, ce sont les uniques  armes entre leurs mains pour conquérir leur liberté, d’une part, et d’autre part, il faut que la sphère productive, propriété collective nationale, soit découplée et autonome de la sphère financière internationale.

Certains caciques , insistent avec hâte à introduire et construire des médiations pour loger et greffer à l’intérieur de notre appareil productif et de consommation, un processus de financiarisation internationale, via le mensonge de la governance. Se faisant plus royaliste que le roi, ils doivent savoir que le développement capitaliste est affligé aujourd’hui d’une crise économique insoluble, que le capitalisme néolibéral ne parvient pas à produire , à maintenir et à garantir ses propres règles effectives de la governance (en anglais), en conséquence en quoi les marchés financiers sont incapables de dominer continuellement nos économies.

On ne saurait redéfinir des catégories telles que la représentation et la souveraineté, pour ne pas parler de la souveraineté nationale, sans reconnaitre le fait, à la lumière de beaucoup d’économies, que les marchés financiers mondialisés sont devenus l’instance première d’une production autonome de légalité et de politiques publiques surfaites et qu’il est impossible d’imaginer quelles médiations construire au sujet du processus de financiarisation, sur la crise de l’état providence et de la faillite du néolibéralisme centré sur le marché (très perceptible en U.E) !

L’impérialisme financier tend de plus en plus à shunter les médiations institutionnelles des Etats-nations et à imposer une sorte de chantage au terme duquel ce sont non seulement l’emploi et les salaires, mais aussi la capacité à jouir des droits fondamentaux ( du droit au logement au droit à la santé) qui dépendent inévitablement de la dynamique et des fluctuations des marchés financiers.

La financiarisation est dans l’essence même du capitalisme et de l’impérialisme, de loin ils pompent nos richesses et n’ont pas besoin d’intervenir militairement pour voler nos ressources.

L’Algérie est en phase d’accumulation primitive du capital, et la concentration de celui-ci entre les mains de quelques uns est le danger numéro un, auquel notre population et notre pays seront confrontés à très court terme. Toutes les institutions du pays favorisent,  pensent et sont au service d’un quarteron d’affairistes. Triste recul et tragédie. Il faut que cela cesse.

Pour arrêter cette accumulation du capital à l’origine des catastrophes, il faut tout simplement mettre en place un dispositif de lois des finances qui annule l’optimisation fiscale et augmenter parllèlement les taux imposition à hauteur de 90% sur ces énormes bénéfices. Il a été démontré que dans les cycles courts économiques, que cette accumulation primitive des capitaux suscite des convulsions qui se joignent aux crises économiques et sociales périodiques rendent impossible l’accumulation et la distribution équitablement répartis, par dresser la classe ouvrière contre la domination du capital par de fortes frictions sociales et de luttes, avant que ce capital sucrier est atteint les dernières limites de son développement pour aller à vau-l’eau.

Nous avons copié et mimé le parlementarisme occidental dans son architecture tel qu’il fonctionne dans les démocraties libérales et capitalistes (sauf dans la transparence des élections et le vote des lois). Il faut savoir que la démocratie parlementaire en Europe tire sa révérence. C’est fini. Si on approfondi, sur la genèse, de ces démocraties, on observe qu’elles ont émergées tous des mêmes crises : la crise des parlementarismes impériaux qu’a représentée la première guerre mondiale, vécue comme un suicide de l’Europe ‘’civilisée’’. 

  Les démocraties libérales en occident sont redevenus les vassales du capital et de ses détenteurs. La vague néolibérale qui a déferlé, par l’asphyxie des dettes, a fait que les démocraties n’ont plus les moyens, ni ‘’la souveraineté’’ d’accepter le principe de la modération et de la redistribution. Les parlements sont sous la coupe et les fauches caudines des cours de justice continentales et celles-ci à leur tour sous l’emprise totale du capital.

Tous les contributeurs que nous lisons et écoutons , que ce soient les institutionnels organiques,  les mercenaires-coopérants qui vivent à l’étranger, et les charlatans qui peuplent et habitent nos médias, tous sans exclusive font une grave erreur.

Tous avancent l’idée, sans exclusive, que nous pouvons ‘’brider’’ le capitalisme, à briser sa domination incontestable, et ce, à l’intérieur du modèle démocratique.

Rien de plus faux ! La démocratie représentative est constitutivement sous l’autorité du capital.

  Les démocraties parlementaires, toutes sans exception sont situées dans l’environnement capitaliste mondialisé, qui seraient l’incarnation du projet moderne même. Même si un jour (on va rêvez !) dans un autre cadre on installera la véritable démocratie (à l’intérieur du système capitaliste) comme régime de l’immanence  pure, la démocratie comme modèle obéirait uniquement, à travers les mécanismes de la représentation politique, à la logique de l’autonomie et non de l’hétéronomie. Nous en aurions fini avec la transcendance, avec le grand Autre. Mais il y a un autre grand Autre qui se dissimule dans la démocratie représentative, ce grand Autre, c’est le Capital. Il est donc impossible d’arracher de manière définitive  la société démocratique telle que nous la connaissons de la matrice capitaliste. (à suivre)

Mohamed Belhoucine

Docteur en Physique

Partie 01

Partie 02

Partie 04

Partie 05

(*): Le titre a été choisi par Liberte-algerie.com

(*): Les contributions publiées sur Liberte-algerie.com relèvent exclusivement de la responsabilité de leur auteurs


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER