Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Contribution

Contribution (Liberte-algerie.com)

"Les gouvernés ce sont eux la politique et sans eux point de politique !" (Partie 04)

La démocratie libérale est toujours inféodée au capitalisme.

L’Etat est un mélange de violence et d’inertie conservatrice. L’Etat c’est le contraire même de la politique authentique, et on ne peut lui confier notre destin, qu’il est nécessaire que des mouvements de masses indépendants, et même des organisations populaires distinctes des ‘’partis’’, se créent dans la dynamique de l’Histoire.

Sur ce registre, l’expérience a prouvé que la création des Partis en Algérie sert essentiellement à créer des oligarchies, plus que des systèmes démocratiques, le public algérien est sempiternellement ballotté  de Charybde en Scylla. La démocratie ne peut se construire ou s’imposer par le haut, ce haut qui négocie en secret et laisse entr’ouverte et béante la porte aux scories du noyautage et de l’infiltration des forces occultes  dans le but de corrompre, de récupérer, de détourner et d’orienter les mouvements. Il faut que cela cesse.

Nous les représentés nous refusons ces partis hautains  sous le règne de la suffisance de leurs élites bureaucratiques. C’est cette classe bureaucratique (aussi d’anciens ministres aigris et boulimiques qui veulent encore mendier des postes) que promeuvent les partis, et les redoutables scories vectrices de la réaction que sont les progénitures des responsables, ce sont eux qui vont  acquérir ce pouvoir démesuré.

La  démocratie telle qu’elle existe aujourd’hui n’est que le versant politique d’un capitalisme oppressant, exploiteur, malfaisant, aliénant et dominateur. L’expérience prouve que la représentation n’est pas un véhicule de la démocratie mais un obstacle à sa réalisation. La création des partis en Algérie, participe à ces corruptions de la démocratie qui font de celles-ci une forme politique imposée et contrôlée par le haut.

Tous les partis sont opportunistes, ont de tout temps récupéré l’énergie et les idéaux sociaux des populations pour légitimer leur propre pouvoir. Les partis usurpent et trahissent la puissance des mouvements et des lignes de masses, une fois installés sur les fauteuils du pouvoir, font recours aux moyens ‘’institutionnels’’ pour reproduire les pratiques autoritaires contre lesquelles les mouvements s’étaient érigés au départ.

Ajouter à cela, le pouvoir de l’argent empêche les gens de s’associer et de construire des organisations capables de soutenir les coûts toujours plus élevés des campagnes électorales. Il vous faut être riche, très riche, si vous voulez vous aventurer sur ce terrain avec vos propres ressources. Sinon, pour y parvenir, il faut corrompre et être corrompu (Echkara du FLN, RND, etc .). Et lorsqu’ils sont arrivés au gouvernement, les représentants élus s’enrichissent. La représentation aujourd’hui fonctionne tel un mécanisme qui sépare la population du pouvoir, ceux qui reçoivent des ordres de ceux qui les donnent.

Le pauvre représenté, méprisé, trahit et leurré par la représentation et les partis corrompus (ils le sont tous), ne participe plus à la vie politique, se trouve pauvre parmi les pauvres, luttant seul contre les gangs de l’Etat et les forces du mal.

Les partis rigolent et méprisent les représentés sous des airs condescendants et magnanimes «  Vous avez fait votre devoir dans les rues et les meetings, disent-ils au mouvement sociaux, et maintenant dispersez vous, vous pouvez rentrez chez vous et nous laisser sous les dorures du palais, nous occuper de nos costumes, de nos voitures dernier cri, de nos affaires, de notre trafic d’influence, de notre bedonnant embonpoint qui sera bien pris  en charge par les meilleurs traiteurs de petits fours et de Méchouis d’Alger ; On vous convoquera quand on aura besoin de vous, à chaque fois, pour participer à nos fastes cérémonials liturgiques acclamatoires et folkloriques suivi du décor et du sifflement des gyrophares de nos voitures Mercedes blindées, flambantes neuves, accompagnées de nos gorilles, pour impressionner et ‘’écraser la populace’’ ».

[La polysémie du mot ‘’populace’’ prête à confusion, ceux qui comprennent mes écrits, je vise à  présenter la frange malheureuse, trompée, naïve et manipulable de la population et cela n’a rien d’insultant pour affecter nos masses].

Quel Folklore ! Quelle agression et provocation ostentatoire sur une population perdue dans la jungle sociale !  On perçoit bien le niveau d’arrivisme de nos effrontés  ‘’dirigeants’’ ! Roland Dumas dans ses mémoires qui viennent de sortir, témoigne, que la première mesure que F. Mitterand a prise, c’était d’éliminer le cirque des cortèges officiels et présidentiels.

Qu’on s’entende bien, la « démocratie de tous par tous» ne doit pas être confondue avec le concept d’holocratie, c'est-à-dire avec le pouvoir de tous ou de la totalité, qui a été dénoncé tout au long de l’histoire de la théorie politique comme un faux dérivé du pouvoir exprimé par tout un chacun.

Comment reconquérir (ou constituer pour la première fois) le projet démocratique, « la démocratie de tous par tous » c'est-à-dire le pouvoir politique du citoyen-travailleur, du citoyen-soldat ? L’une des voies pour parvenir à cette reconquête, passe par la révolte et l’insurrection contre les figures subjectives appauvries et dépotentialisées (c'est-à-dire un soulèvement intellectuel massif de sensibilisation pour gagner les défaitistes et les aliénés que l’Etat a décérébrés).

Marquons une petite halte, sur le discours falsificateur de la vernacularité Agitprop en Algérie, que dans leur grande majorité les partis et le pouvoir veulent récupérer. Nous assistons à une seule vernacularité fortement hégémonique et sans scrupule, une et une seule, sur toutes les vernacularités algériennes. L’enthousiasme, l’euphorie, le sentiment de participation vernaculaire n’est absolument pas suffisant parce qu’il faut tout de même que la représentation de ce dans quoi on entre ait aux yeux de l’ensemble des représentés une vocation nationale. Le contenu de la représentation est tout à fait important. Il faut que la participation soit explicitement à vocation nationale. Dans la manifestation politique, sa force, c’est qu’il y a une idée commune qui est présente, contrairement à la manifestation vernaculaire. La manifestation politique nationale vous projette dans un espace qui est un espace d’ouverture nationale et sur tout l’ensemble de notre grand monde Arabe, et les valeurs dont nous allons nous réclamer sont collées, attirent la sympathie et l’adhésion de notre grand monde Arabo-musulman. Exalter la particularité n’est pas une exception immanente, c’est un simulacre d’évènement, un faux évènement (selon Heidegger). L’exaltation de la catégorie de la particularité vernaculaire, c’est du racisme, adossé au fascisme et au sionisme.

[Ce régime veut sauver sa peau par tous les moyens après avoir institué la corruption comme mode de gestion des hommes et des gouvernants, jusqu’à brader les richesses du pays par de surprenantes concessions secrètes, non connues du public. Aux dernières nouvelles il s’agit de la cession de 3 grands gisements de gaz aux français, en cadeau à la prochaine visite de Hollande au chevet d’un régime mort cliniquement. Ce régime achète le soutien de la France sioniste, comme gage de sa survie, sans contrôle populaire. Cette même France, qui encadre les troupes saoudiennes par le contingent de sa Légion Etrangère stationné sur la base française d’Abou Dhabi, «Zayed Military City» pour assassiner et tuer des innocents yéménites. A l’heure ou je suis en train d’écrire, des pilotes français bombardent et tuent des civils au Yémen !].

  M Gaid Salah, je vous donne la clef pour assurer cette transition en douceur pour que vous ne soyez pas le dindon de la farce, il faut que la population dans une première étape, honnira tous les partis qui sont sans exclusive tous corrompus. Il faut shunter les partis par des mouvements massifs de la population dans la rue qui mobiliseront une dizaine de millions de jeunes avec des banderolles exclusivement en langue Arabe , il faut évacuer toute scorie fasciste vernaculaire qui exalte la particularité, il faut se rassembler sur ce qui nous unit. Dans une seconde étape, la population subsumera  l’armée dans sa corporéité et évitera à celle-ci de se métamorphoser en junte réactionnaire, doublée d’une armée de chefs compradores corrompus sans âme et peuplés de fonctionnaires qui n’attendent que leurs soldes en finale et le moment propice pour aller vivre ‘’heureux et cachés’’.

Il faut que le peuple hypostasiera l’armée et celle-ci à son tour hypostasiera le peuple, de façon fusionnelle et se transforme en armée du peuple, le peuple en armes. Revenir à la doctrine de notre révolution armée. L’armée du peuple, une armée de militants et non de fonctionnaires, asymétrique, puissante, professionnelle, hautement technologique, sera invincible sur n’importe quel terrain de combat et incommensurablement plus puissante qu’une armée régulière.

Nos masses avec 14000 émeutes annuelles sont déjà sur le terrain sans l’appui d’aucun Parti,  leurs principaux ingrédients sont la figure du pauvre et le corps de la jeunesse.

L’ingrédient de la puissance de la chair et du corps de la jeunesse, la concaténation des corps, c’est la capacité qu’à la jeunesse de se transformer à travers l’action historique et de créer un nouveau monde. Le corps de la jeunesse est un corps politique, une tête pour prendre des décisions, des bras pour mener des batailles, et d’autres organes qui ont chacun  leur fonction naturelle. Ce qui est extraordinaire pour notre jeunesse, c’est qu’ils ont cette communauté de corps, de sang et de sol qui définit le foyer national algérien, cette sorte de forme la plus aboutie du Gemeinschaft, c'est-à-dire la conception allemande de l’ordre propre du corps au corps politique, de la grande tradition du droit public allemand, qui va de Von Jhering à Von Gierke et Etnst Forsthoff  (tous du XIXe siècle), qui reconnait aux corps physiques d’être des corps sociaux de forte autonomie, l’axe central du pouvoir de façon absolue !

  L’ingrédient de la figure du pauvre nait dans l’enfer de la pauvreté et de l’exclusion, se manifeste par le commun du commun, c’est le sans-parts, le nécessiteux, le miséreux, le petit retraité, les femmes au foyer el’ouliat sans revenus, le sans-emploi, le sans-parti, le sans-propriété, le sans-pouvoir, l’esclave, l’homme du besoin, l’idiot, l’imbécile, le malheureux, le drogué, la prostituée, l’exclu, l’opprimé, ne sont-ils pas tous sous signe de l’éternel ? Sidi Lakhdar Ben Khlouf au XV siècle, à Sidi Lakhdar près de Mostaganem, en Soufi, homme d’Etat et redoutable guerrier, défend la terre Algérienne, participe et sera vainqueur de la grande bataille de Mazagran le 26 Août 1558 contre les hordes hispaniques chrétiennes pour occuper la Terre de l’Islam, ont laissé derrière eux sur le tapis de la bataille plus de 11.000 corps ; Sidi Lakhdar Ben Khlouf ( à titre posthume pourquoi ne pas lui attribuer la plus haute médaille militaire), a compris que le pauvre est le moteur de l’histoire (voir ses poésies liturgiques).

Les pauvres victimes de l’enfer de la vie expriment une immense puissance productive et vitale. Les pauvres ne sont pas seulement des victimes, mais des agents actifs et puissants. Les pauvres ne sont que partiellement exclus, mais participent et intégrés dans les circuits de la production et biopolitique. Vaille que vaille, la production biopolitique (la production de connaissance, d’information par la presse alternative (internet), les nouvelles formes linguistiques et langage des pauvres dans les bas-fonds, de réseaux de communications et de relations sociales coopératives) tend à impliquer toute la société, y compris ses composantes les plus démunis.

 

 Nous sommes forts parce que nous sommes pauvres. Les pauvres sont au centre du pouvoir. La pauvreté est une éthique. Les pauvres détruisent les hiérarchies, les mesures, les richesses et la domination quand ils se mettent en mouvement. L’histoire des pauvres est toujours révolutionnaire. Ce scandale est ontologique. La pauvreté est une résistance contre la répression du désir de vivre. Celui qui naît est l’être pauvre et nu. Dieu nous a fait naître pauvre. Le concept de pauvreté exclut celui de mort dans la mesure où, pour vivre, le pauvre a déjà dépassé la mort. La mort est derrière lui : dans cette perception, le commun s’exalte.

Que les ennemis du peuple sachent que c’est sur ce terrain de la pauvreté que va se former cette imagination collective sur laquelle tout mouvement trouve appui, créatrice de subjectivité et de biopolitique. C'est-à-dire la résistance, la révolte, le travail d’agitation, la manifestation, le campement, le sit-in, la solidarité, et la discipline. Nos forces sociales sauront bâtir et organiser un  ‘’appareil’’ hautement spécialisé, sophistiqué et extrêmement discipliné. Face aux grands évènements historiques, l’Algérien est performant et cool.

Mohamed Belhoucine

Docteur en Physique

Partie 01

Partie 02

Partie 03

Partie 05

 

(*): Le titre a été choisi par Liberte-algerie.com

(*): Les contributions publiées sur Liberte-algerie.com relèvent exclusivement de la responsabilité de leur auteurs


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER