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A la une / Contribution

Contribution (Liberte-algerie.com) (**)

"Les gouvernés ce sont eux la politique et sans eux point de politique !" (Partie 05 et fin)

M Gaid Salah, la tache éminente et prioritaire sera d’aider ces mouvements disparates à apprendre à travailler à la conjonction de quatre forces pour l’instant hétérogènes :

Primo, cette jeunesse éduquée, formée à l’université, majoritairement en chômage, qui se signale par sa volonté de remettre en cause l’ordre dominant de la représentation, de la ‘’démocratie’’ et de l’usurpation du pouvoir.

Secundo, il y a la jeunesse populaire et contestataire, celle qui vit dans les bidonvilles à la périphérie des villes, à la campagne, dans les villages, c'est-à-dire celle qui se soulève un peu partout dans le monde, les chômeurs, les non-salariés, les sans domicile fixe et ainsi de suite ;

Tertio, il y a ce prolétariat en perpétuelle exode en ‘’vagabondage’’ qui vadrouille à l’intérieur du pays ou à l’extérieur (immigration, harragas,  désespérados récupérés et recrutés  par les filets Jihadistes , Daeschiste americano-sioniste-wahabite visant à pastoraliser le monde arabo musulman) ;

Quarto, ordinairement toutes les petites gens, les femmes au foyer non rémunérées, employés de bureaux, les prolétaires des usines,la petite paysannerie,la paysannerie sans terre, chauffeurs de taxi, instituteurs, les salariés ordinaires, les petits retraités (ils sont 4,5 millions qui vivent avec moins de 18000 da/mois), nos prostituées qui vendent leurs corps et qui participent à la production et que la société cherche injustement à avilir, tous joignent difficilement les deux bouts, qui se battent contre un pouvoir d’achat continuellement érodé et extraordinairement ceux qui se battent jusqu’au dernier, mètre par mettre, pierre par pierre, qui vivent d’expédients, de petits boulots au jour le jour et de travaux précaires sans sécurité sociale, ce sont eux les moussabilines de la pauvreté.

Tous ces acteurs sont sans parts et sans propriétés, peuvent être lentement réunis, fédérés autour de l’idée du commun pour s’approprier les moyens de production et de vie sociale à même de donner un contenu et un horizon à leurs aspirations disparates.

Ces forces seront la source et le levier de nouvelles formes d’organisations qui nous feront sortir des circuits habituels, des partis et des canaux politiques traditionnels ; L’enjeu est bien plus grand que de savoir si l’on gagnera les prochaines élections, ou si l’on parviendra à infiltrer tel ou tel APC. Donc le travail va se dérouler sur la terre ferme pour prendre en charge leur destin et gagner leur liberté et non dans le « ciel pur des idées » comme le professent certains partis. J’ai toujours fait de la politique avec l’idée qu’il faut d’abord enquêter, discuter, recueillir les avis contradictoires.

On est un terroriste et un ignorant si on se ferme d’emblée à tout dialogue.

A ces acteurs  nous leur transmettrons le ‘’témoin’’ du notre background et expérience, primo, de les aider à prendre conscience de la nécessité de bien visualiser l’aboutissement d’un mouvement révolutionnaire, secundo, de prévoir ce qui vient après, tertio, de se garder des  simples impulsions négatives.

Elaborer un programme de toutes les actions à entreprendre dans leurs moindres détails avant et après la prise de pouvoir de la réelle représentation, c’est notre responsabilité nous les ‘’anciens’’. C’est une responsabilité fondamentale de tout  mouvement révolutionnaire, populaire, légitime, juste et performant.

Car nous sommes dans un champ de bataille, il faut que l’ordre de bataille doit être extrêmement minutieux et d’une précision microscopique, la capacité créatrice de notre jeunesse est colossale et foudroyante, ils créeront leur propre C4ISR , pour alimenter la banque de leurs cibles, finement élaborée et exhaustive et qu’ils sauront traiter ces dits cibles économiques, sociales , politiques et institutionnelles à la vitesse de l’éclair dans un minimum de temps.

Les mouvements algériens pourvus qu’ils naissent, doivent être pragmatiques, doivent éviter la passivité d’ ‘’Etre avec’’ mais ‘’Faire avec’’ les autres qui, en se diffusant, participent à l’apprentissage de la décision contrairement à l’hétéronomie des partis qui les exclue. Et il faut prendre une décision quand ‘’l’endetté’’ décide de ne pas payer sa dette ; lorsque le ‘’médiatisé’’ décide d’échapper au contrôle des médias et à leurs mensonges ; lorsque le ‘’sécurisé’’ veut devenir invisible par la fuite et de ne plus avoir peur et qui s’en fout de cet exercice légitime de la violence comme de l’an 40 parce qu’il est en exode ; et  lorsque le’’ représenté’’ refuse d’être gouverné par des représentants indignes et escrocs.

Il faut que nos singularités deviennent des sujets politiques autonomes et participatifs, doivent faire le saut vital et obligatoire, en passant  de l’individuel vers le collectif.

Dans ce contexte, il est évident et exclu  que le parti politique moderne – que ce soit dans sa forme parlementaire ou dans sa forme d’avant-garde -- ne peut servir d’organe à ce type de prise de décision.

C’est lorsque la multitude est capable de se gouverner elle-même que la démocratie devient possible. C’est ce passage incroyable de l’Individu au Sujet, en face d’un évènement et d’une vérité, c'est-à-dire lorsqu’un Sujet capable de s’en saisir de la démocratie absolue et de la mettre en acte aura émergé ( celui qui a initié cet ancrage entre l’individu et le Sujet , c’est un grand philosophe allemand du XXe siècle, Heidegger, dans son remarquable ouvrage, Etre et temps , qu’il faut absolument lire car il est d’actualité).

La démocratie de la Multitude s’oppose au souverainisme des partis et des pouvoirs et de leur exigence léonine, seul l’Un peut gouverner.

La démocratie véritable, quant à elle, a besoin d’une innovation radicale et d’une nouvelle Science. Ces mouvements sociaux qui ne font pas la une dans les journaux contrairement aux chefs des ‘’partis corrompus’’ qui habitent les médias, immanquablement vont se reconstituer sur un nouveau terrain autre que celui de l’imposture de la ‘’démocratie des partis’’ et trouver de nouvelles compositions afin d’exprimer leur autonomie et leur puissance.

Marquant un point ici, pour dire que l’enjeu est de trouver des formes d’intervention et de représentation à l’intérieur des mouvements sociaux porteur de l’Histoire, à la fois cohérentes et efficaces, qui, tout en étant branchées sur la société, doivent déborder totalement du schéma partisan des partis. 

La crise d’échelle que traverse actuellement la démocratie offre t’elle l’occasion de revenir à son sens originel, immanent ? Celui du pouvoir de tous et par tous, c'est-à-dire une démocratie qui se développe par le bas.

J’imagine rien, je ne propose rien,  il faut lutter, travailler, les solutions émergeront par le sang, la sueur, les larmes, en organisant les tâtonnements nécessaires, par approximations successives, c’est à dire les essais et les hésitations de l’expérience, grâce à l’énorme potentiel des mouvement sociaux, à l’instant même, quand la flèche décroche de l’arc, c’est à dire au moment où l’Etre est froissé dans l’instant de sa propre survie et dignité.

Pourquoi cela ne fonctionne pas dans les partis ? car la transcendance de l’Un se réinstaure toujours dans la figure du parti. Or l’Un est le principal adversaire de la multitude, tant sur le plan métaphysique que sur le plan politique. Attention, je ne plaide pas pour l’inorganisation anarchiste.

Mais pour pouvoir comprendre et avoir une réelle maitrise de la chose politique, il faut que je vous explique la véritable problématique sur laquelle nous butons tous. La mère des problématiques de toutes les problématiques est celle-ci :

“ Pourquoi la modernité n’a pas réussi à achever le projet de la vraie démocratie et de la vraie représentation?”.

On s’est rendu compte que la crise de la représentation et la corruption des formes actuelles de la démocratie à travers les partis, est un problème planétaire, et pour le résoudre il faut remonter aux origines de la modernité et de la souveraineté.

 C’est ce que nous allons tenter de faire dans l’annexe A.

Il faut d’abord partir du constat que la modernité en Europe a produit l’Etat-nation souverain comme réponse à la guerre civile (les épouvantables guerres civiles en Europe au XVI et au XVIIe , ou la moitié des peuples germaniques furent décimés) . A son tour la souveraineté moderne est née pour mettre un terme à la guerre civile et pour détruire le premier mode de la modernité (le vrai) basé sur l’immanence.

Le deuxième mode de la  Modernité européenne , c’est un projet contre-révolutionnaire pour résoudre la crise du premier mode de la modernité, se développa dans le(s) siècle(s) des lumières. Non seulement il s’est cristallisée sur le sol occidental et européen,mais coincida avec la découverte des Amériques par l’Europe et avec les débuts de la domination européenne sur le reste du monde. Ce deuxième mode de modernité contient trois germes, la transcendance du pouvoir, la colonialité et le racisme.( j’y reviendrai longuement en Annexe A ).

Nous définissons anti modernité, tous projets qui déploient des efforts pour briser la relation fondamentale du premier mode de la modernité et libérer le dominant de l’obligation de négocier avec le subordonné.

Notre critique de la modernité européenne ne s’oppose pas à la rationalité ou à l’éducation.

L’anti modernité, dans l’Europe et ailleurs, doit d’abord se comprendre comme l’expression sociale du commun.

La modernité est toujours double, ce n’est pas uniquement la rupture avec le sécularisme, il faut la comprendre dans son sens anti moderne, comme une relation de pouvoir : domination et résistance et luttes pour la libération. Cette idée va à l’encontre du récit traditionnel selon lequel la modernité est née lorsque l’Europe a affronté le pré-moderne dans les colonies, qu’il soit conçu comme barbare, religieux ou primitif. Il n’existe pas de modernité (second mode de la modernité) sans colonialisme, car le colonialisme est constitutif de la modernité.

Ce qu’il faut comprendre, que le racisme comme la ‘’colonialité’’ ne sont pas seulement interne mais constitutifs de ce second mode de modernité (je le démontre dans l’annexe A).

Par exemple en France, le racisme est institutionnel, comme nous l’explique l’historien du colonialisme Olivier Le  Cour Grandmaison, il n’est pas qu’une question individuelle de tendance ou de préjugé mais dépasse le niveau de l’idéologie. Il s’incarne et s’exprime à travers les articulations administratives, économiques et sociales du pouvoir.

L’un des nœuds de cette problématique (ma propre réflexion), définir la modernité comme une relation de pouvoir a aussi pour conséquence de la réduire à un projet inachevé. Si on pense que la modernité n’est qu’une force opposée à la barbarie et à l’irrationalité, et la définir parallèlement comme une relation de pouvoir, alors s’efforcer de l’atteindre, revient à perpétuer la même domination. Alors, davantage de modernité ou une modernité plus complète ne saurait résoudre nos problèmes. Au contraire ! Pour trouver une alternative, il faut plutôt explorer les forces de l’anti modernité, c'est-à-dire les résistances à la domination moderne.

Mohamed Belhoucine

Docteur en Physique

Partie 01

Partie 02

Partie 03

Partie 05

(*): Le titre a été choisi par Liberte-algerie.com

(**): Les contributions publiées sur Liberte-algerie.com relèvent exclusivement de la responsabilité de leur auteurs

 


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