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A la une / Contribution

À chaque étudiant sa période

L’étudiant-moudjahid, l’étudiant socialiste et l’étudiant critique et/ou consentant

© D. R.

Dans toutes les époques, les étudiants étaient le fer lance de toutes les opérations effectuées dans la société, notamment la société algérienne. En général, les étudiants ont été les pionniers dans tout pour la société algérienne. Ils ont subi les trois phases comme cité dans le titre de cette intervention.

De tous les temps, les étudiants ont été les premiers à embrasser les mouvements sociaux pour conquérir les libertés humaines parce qu’ils sont les premiers à les acquérir. En général, l’éveil commence chez les étudiants parce qu’ils lisent beaucoup et surtout ils sont préparés à cela. Dans le cas des étudiants algériens, il y a eu trois grandes périodes telles que citées dans le titre de cette intervention. Nous commencerons par la première période que nous avons appelée :

L’étudiant libérateur ou moudjahid
Au début de la Révolution algérienne, durant l’année 1956, les étudiants étaient invités à assurer la libération de leur pays. Ils durent créer d’abord l’association appelée Ugema. En mai 1956, un ordre a été donné par l’ALN aux étudiants de rejoindre les maquis dans le but de libérer le pays. Le 19 mai 1956, l’Ugema de la Fac d’Alger donne l’ordre aux étudiants de se mobiliser et de rejoindre les maquis. Car un diplôme de plus ou de moins n’allait pas arranger la situation d’un pays colonisé. La section d’Alger de l’Ugema qui demande à tous les adhérents d’être plus utiles aux côtés de l’ALN pour libérer le pays de l’oppression coloniale française. Donc une grève se prépare pour être solidaire avec le peuple et leurs frères déjà engagés dans la lutte en tant que membres de l’ALN/FLN. Comme une poudre, l’ordre de grève a fait son chemin à travers le territoire et même en France, dans les grandes universités. L’ordre de grève fut suivi par la majorité des étudiants, même en France. Le 13 décembre 1956, le président de la section d’Alger Ugema s’est aperçu que cette grève n’avait rien apporté “de nouveau, bien au contraire, rien ne s’était produit en Algérie”. Cette grève a imposé beaucoup de sacrifices aux étudiants algériens et sa prolongation pour l’année suivante deviendrait plus catastrophique ; car les étudiants risquaient de perdre le statut d’étudiant. Mais au regard de l’information que celle-ci a provoquée à travers le monde, le résultat était positif.
En effet, l’union a affirmé que la grève a atteint ses objectifs puisque son but premier était d’attirer l’attention de l’opinion internationale. Cela s’est fait le plus normalement du monde. L’organisation du FLN-ALN voulait seulement que l’organisation des Nations unies sache qu’un pays qui s’appelle l’Algérie est en train de livrer un véritable combat à un pays oppresseur (colonisateur), la France. C’est pourquoi l’organisation FLN-ALN parle de grève qui a atteint ses objectifs. En effet, le fait que tous les autres pays du monde sachent qu’un petit pays livre un combat atroce à un pays aussi grand que la France, cela va les pousser à se mettre du côté de l’Algérie pour forcer la France à aller à la table de négociations. En plus, les étudiants en tant que jeunes et en se joignant à l’ALN, ils lui apporteront certainement un sang nouveau et propulseront la Révolution vers des résultats meilleurs. L’Ugema consciente du rôle que doivent jouer les étudiants dans le combat libérateur donc, elle prépare l’étudiant aux différentes tâches qui l’attendaient. L’étudiant doit donc se préparer aux responsabilités d’un État moderne en donnant à l’Algérie un cadre solide, éprouvé et digne de l’esprit de la Révolution que mène ce peuple. Elle a pour rôle de diffuser, à travers le monde, l’esprit de cette révolution et le vœux de son peuple.
En 1962, l’accession à l’indépendance de l’Algérie a été une réalité. L’étudiant qui fut moudjahid est devenu le socialiste performant.

L’étudiant socialiste
De 1965 à 1980, l’Algérie vivait sous le signe du socialisme et évidemment tous les étudiants étaient pour la plupart inscrits dans des associations satellitaires du parti unique le FLN. La JFLN ou jeunesse du Front de libération nationale était une association satellitaire du FLN où les jeunes se formaient au socialisme. Comme, il y avait aussi l’UGTA ou Union générale des travailleurs algériens où les travailleurs se formaient aussi au socialisme. Les étudiants formés en association pour opérer des volontariats soit pour aider les agriculteurs lors des périodes des récoltes ou pour aller chez eux pour les informer des travaux qu’il faut entreprendre pour la réussite de la bonne récolte.

Les étudiants et le reboisement
Tous les dimanches au début des années 1965, les étudiants étaient appelés au reboisement. Chaque étudiant plantait au minimum une vingtaine d’arbres, dans les abords du village. Chaque vendredi, une procession d’étudiants rejoignaient les camions de la commune pour être transportés sur les sites où devait se faire le reboisement.
Cela est devenu comme une seconde nature, au réveil, on allait directement sur la place du village pour grimper dans ces camions pour rejoindre les endroits désignés par le chef de daïra ou par M. le wali. Mais ce que nous pouvons, à l’heure actuelle, reprocher à ses sorties, c’est qu’une fois le plant mis en terre, le suivi n’était que partiellement assuré, si bien que le résultat n’était pas parfait.

Les étudiants et les campagnes de récolte
Comme aide aux agriculteurs, dans les régions céréalières, où manquaient énormément des travailleurs, on faisait appel à ces saisonniers qui étaient les étudiants, les lycéens et parfois même aux élèves des écoles moyennant un petit paiement. Cela permettait aux étudiants d’avoir des sorties et surtout de connaître les travaux des agriculteurs. C’était ainsi que l’on inculquait le patriotisme à tous ces jeunes. La patrie devenait de plus en plus aimée par les jeunes : tous les jeunes s’accrochaient à cette idée pour fournir le meilleur d’eux-mêmes.

Les étudiants et le barrage vert
Au début, l’Algérie, ayant senti la désertification de son “Sahra” a pensé bloquer ce phénomène par l’érection d’une grande muraille verte. Elle convie donc d’abord les jeunes du service national qui étaient majoritairement des étudiants venant accomplir leur devoir de civisme. C’est à partir des années 1974 que cette grande œuvre a été lancée. La participation des étudiants a été grande et a été effectuée avec bravoure et joie. Une bonne poignée de nos étudiants a été confrontée au grand Sud et ont su ce qu’est le Sahara. Ce barrage vert est une ceinture verte de 15 km de large et de 1 200 km de long. Cette ceinture a été réalisée dans la précipitation et n’a pas donné l’occasion à la population de l’adopter en tant qu’initiative venant accompagner leur mode de vie socioéconomique basé essentiellement sur l’élevage. Ces populations ont compris que l’on veut leur limiter les parcours de pâturage.
Ce barrage vert a eu pour défaut le fait que la population pastorale ne soit pas associée à la décision. Quelques difficultés ont surgi : le soir, après avoir mis en terre des plants, les résidents venaient les déplanter. Malgré ce travail de sape, la réalisation de ce barrage vert a été faite. Aujourd’hui nous avons des étudiants critiques qui ne cessent de réclamer.

Les étudiants critiques
Aujourd’hui, un bon nombre d’étudiants réclament à chaque fois et contestent les travaux réalisés sous le prétexte qu’ils sont mal faits.

Les étudiants grévistes
Ces dernières années, nous assistons à des grèves qu’on peut considérer comme sauvages, puisqu’elles ne reposaient que sur des futilités qui pouvaient être discutées dans des réunions et n’auraient pas besoin d’une telle démarche. Ils auraient peut-être fait leur grève en réclamant certaines spécialités pour l’obtention d’un diplôme plus coté, nous aurons admis. Les différentes réclamations auraient porté sur l’amélioration des cours cela peut se comprendre, mais si c’est pour des réclamations au sens léger.

Les étudiants déserteurs de bibliothèques
Avant d’aller dans les bibliothèques, essayons de voir nos rues : peut-on voir quelqu’un avec un livre dans les mains ? – Non !
Voyons dans un bus, peut-on voir quelqu’un avec un livre entre les mains ? – Non !
Jetons un coup d’œil dans l’enceinte de l’université, croise-t-on un étudiant sur un banc avec un livre entre les mains ? – Non !
Entrons dans une bibliothèque.
Seules quelques tables sont garnies. Approchons-nous des étudiants : que font-ils ? Ils copient. Quoi ? Sans doute des leçons ?
Allons vers les quelques kiosques autorisés à avoir pignon sur rue et chargés d’effectuer des photocopies. Une chaîne énorme attend son tour, les cahiers dans les mains. Que veulent-ils ? La photocopie des cours auxquels, ils s’étaient absentés. Seule l’obtention du diplôme de l’université les intéresse, ils n’ont jamais cherché à avoir “une tête bien faite”.
- Ont-ils appris à lire ? Je répondrais par la négation.
Où donc se situe la faille ? Nos universités ne se trouvent même pas parmi les cinq cents premières universités du monde.  
Je me permettrais de narrer une petite histoire qui m’est arrivé. Cette année, j’avais reçu ma petite fille qui vit actuellement à Paris. Comme à l’accoutumée, j’achetais quelques quotidiens pour la lecture des différents évènements. À mon grand étonnement, la petite fille m’a retiré le journal et l’a ouvert aux mots croisés pour y jouer. Mon petit fils d’Algérie était avec elle, il n’a fait que la regarder d’un œil soupçonneux. C’est peut-être là qu’il faudra regarder pour retrouver les failles de notre système scolaire. Je me suis inquiété et je lui ai posé la question :
- Où as-tu appris à faire les mots croisés ?
C’est papa où maman qui te l’appris ?
- Non ! c’est à l’école que j’ai appris à faire la chasse aux mots.
Comment voulez-vous que nos étudiants puissent rivaliser avec les autres étudiants du monde. Il me semble qu’à partir d’une telle déduction, il nous suffirait de rechercher le mal. Bref ! Revenons à notre thème et posons-nous la question de nouveau, pourquoi cette qualification de trois catégories de types d’étudiants ? Il me semble que les étudiants sont devenus ce que nous avons voulu qu’ils soient. Donc, nos étudiants sont comme tous les étudiants du monde : c’est à l’école de faire d’eux ce que la société veut qu’ils soient. Aujourd’hui, les étudiants ne veulent plus réfléchir, ils veulent être consentants sur toute chose, l’essentiel c’est qu’ils ne se fatiguent pas les méninges. Seule la contestation en tant que contestation pour être seulement la contestation est leur for intérieur. En conclusion, il m’a semblé que la jeunesse algérienne est passée par ces trois étapes sans aucune manifestation. La docilité, aujourd’hui, est devenue quelque chose qui fait partie d’eux. Ils l’acceptent comme faisant partie d’eux, chose qui était, tout à fait, le contraire de leurs aînés qui ont mené avec brio la révolution qui fut à l’origine de la libération du pays.


 L. K.
(*) À la retraite, ex-enseignant d’université, ex-inspecteur de l’éducation


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