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A la une / Contribution

Sciences Humaines et Sociales

Pourquoi n’arrivent-elles pas à émergeren Algérie ?

© D.R

 Par : Pr Nacira ZELLAL 

Directrice de l'Unité de recherches, neurosciences cognitives - orthophonie - phoniatrie Expert international en orthophonie et neurosciences, Alger 2
www.urnop-alger2.com

Expliquer pour faire prendre conscience de la cause profonde et réelle de l’échec des SHS, levier du développement économique, c’est un pas vers la connaissance et donc déjà une première piste pour améliorer nos disciplines et leur productivité et, ainsi, guider en amont les réflexions sur la société algérienne et son évolution. “La connaissance doit être gérée par celui qui l’a créée.”        

DJILALI LIABES

J’ai élaboré et concrétisé un projet en 45 ans et, situation ubuesque, qui fait rire sous cape la communauté, il est dirigé à ma place par d’autres personnes. Demeurant professionnelle, sans jamais perdre de vue mon double objectif : poursuivre le développement des neurosciences cognitives, creusant au maximum le fossé entre compétence et ignorance et conserver intacte ma détermination à défendre les droits de la science. Il est clair que la nature reprend toujours ses droits.   

Deux acquis cependant :
1- Sans le savoir, vu l’indigence de leur niveau, les deux relais de l’institutrice française, mes élèves, qui gèrent à ma place mon projet-département, rejettent massivement et en bloc aujourd’hui le principe du “spécifique”, c’est-à-dire du rattachement au tronc commun de psychologie d’une 4e spécialité psycho-orthophonique-psychopathologique, appelée de façon saugrenue “option orthophonie”. 

En effet, au lieu de continuer à la “construire”, dans leur département d’origine, en l’occurrence celui de psychologie, et ce, en respect du projet de l’institutrice française, ils m’ont poursuivie à géantes enjambées, dans mon projet-département, en septembre 2015, s’en emparant voracement, m’en pourchassant afin de subsister à l’aise, du fait qu’ils n’ont pas de projet, de mon LMD, de mes jurys de thèse à loisirs falsifiés. 

Ils sont protégés par l’administration complice et survivent cachés dans leur illégal et obscur CSD, dont, en tant que fondatrice du département, je ne sais même pas la composante exacte ni qui, parmi mes élèves, “m’y évalue” depuis 5 ans. Tous ses PV sont dissimulés et mes élèves administratrices, sur “instruction”, me privent alors de toutes les informations auxquelles j’ai droit. Leur organisation est militaire, ils sont rangés à travers toute la lignée des commissions dites “d’experts”, du CSD jusqu’à celle qui élabore les visas des arrêtés ministériels d’habilitation, de leurs offres LMD amatrices et de leurs grades. 

La CUN 2019, en l’absence de l’expert-référence en orthophonie, a octroyé le grade de “professeur” de psychologie à mon élève, alors qu’elle est orthophoniste, et le grade de professeur d’orthophonie à sa camarade, dont les jurys de soutenance du “doctorat” et de “l’HU” sont intégralement composés de psychologues. Cela lui permet quand même de “diriger” ses spécialités doctorales dites d’orthophonie, dans un laboratoire de fortune, de “adab 3arabi”. 
Ne sachant pas écrire un projet, ils plagient alors, aidés par des “psys” sournois et à flots et à loisirs, en copier-coller, les miens, largement exposés dans le site de l’Urnop et fougueusement triturés de leurs mains peu propres, au sein de leur hammam-CSD. C’est ce qui m’a incitée à protéger l’œuvre à l’Onda, aux fins d’en garder la paternité. Le fruit de ma propriété intellectuelle est transformé en propriété privée par ces trafiquants notoires de la pédagogie. 

Se rendant face au projet 1979, ils reconnaissent, au grand jour, que l’orthophonie n’est pas une imbécile spécialité d’une psychologie. Ils luttent comme des forcenés pour s’autoattribuer des “spécialités orthophoniques” plurielles, lesquelles, furent-elles toutes aussi non conformes les unes que les autres et que le prouvent leurs farfelus “programmes LMD”, mis à nu, par la force des choses, dans la plateforme de la FSS-Alger 2, n’en demeurent pas moins l’expression criante et trébuchante d’une belle reddition historique ! Ils se conforment à ce que préconise l’ouvrage OPU 1982 : enrayer le projet “spécifique” français ! Je cite le psychiatre de renom Pr Tedjiza : “J’ai cru que l’orthophonie n’était qu’une petite spécialité psychologique, mais vous lui avez donné ses lettres de noblesse, en lui créant ses propres spécialités.”  Le Pr Mustapha Haddab m’a dit : “Vous êtes partie de rien en 1979 !” En 1979, il n’y avait rien, en effet. Le “spécifique”, c’est du “rien” et l’Algérie ne mérite pas le “rien”. 

Question donc de temps, la nouvelle relève en cours de construction saura nettoyer ce qui reste à nettoyer. L’essentiel de la fondation est planté, c’est irréversible et ineffaçable. Et suis-je pourchassée de chez moi, par les quatre psychologues qui y ont fait effraction, dressant mes élèves orthophonistes contre moi, qui marchent dans la combine en contrepartie d’avantages (re-soutenances de leur magistère sous la forme de doctorat devant des jurys d’arrière-cuisine, auto-habilitation universitaire, bourses, petits postes rémunérants, etc.), il n’en reste pas moins que j’ai gravé de lettres d’or massif le nom de tout un département à l’Université Alger 2. 

2- Je signale à l’opinion qu’aucun d’eux ne voulait du département d’orthophonie. Leurs légendaires harcèlements ont été jusqu’à tenter d’en torpiller l’arrêté d’habilitation (n°459 du 16 juillet 2015), la veille même de son visa. Pourquoi ? Parce que, “bien cachés” dans le flou de l’ex-département de PSEO, où trois départements étaient mélangés pêle-mêle, la faute n’était pas visible comme elle l’est aujourd’hui. Aujourd’hui, l’hérésie est bien “gestaltisée” dans son espace-temps. C’est le deuxième gros point de remporté sur l’Histoire. 

L’ordre subjectif
Tous les graves dépassements que j’ai ci-dessus évoqués n’auraient évidemment pas eu lieu si les faussaires n’avaient pas leurs “khawas” discrètement logés au niveau des administrations du ministère, du rectorat, du décanat, des conférences régionales et des commissions dites “d’experts” des centres de recherche, auxquels, alors qu’ils sont tous sociologistes et moins qualifiés que moi, sont livrés tous mes projets neuroscientifiques.  Ainsi, le motif du retard des SHS est déjà dû à leurs tenants eux-mêmes. La tendance subjective, suicidaire en elle-même, en est un trait, et l’anonymat n’a pas de sens dans l’expertise de personnalités connues, par des inconnus. L’identité et les CV des “experts” sont maintenus secrets. 

En 2008, le Crasc, ne pouvant pas émettre un avis négatif au bilan triennal du LaboSlancom, lui a assigné une mention insultante, et lorsque j’ai comparé mon bilan à celui d’un collègue “très bien noté”, avec son accord, car lui-même était perplexe, j’ai découvert que le LaboSlancom était 5 fois plus performant que le sien. J’ai envoyé les tableaux comparatifs à l’ex-directeur de l’évaluation de la DGRSDT, lui exigeant une contre-expertise ; il m’a envoyé des menaces. En réponse, je lui ai envoyé l’ouvrage international regroupant tout le produit scientifique du bilan 2008. 

Un grand projet ATRSS en aphasie n’a été agréé que parce que j’ai dénoncé l’argument mensonger évoqué pour en justifier le rejet, et je l’ai publié en ligne. L’“expert” anonyme, un sociologiste sûrement, m’a écrit : “Projet évalué positivement, mais il n’est pas pluridisciplinaire.” Or, neurologue, spécialistes en sciences du langage, en TAL et en informatique en constituent l’équipe... 

L’ordre scientifique
La difficulté d’émerger des SHS a été largement expliquée, à travers des articles récents, comme celui paru en 2018 :  http://lequotidienalgerie.org/2018/06/04/comment-lorthophonie-cree-t-elle-en-algerie-les-neurosciences-cognitives-de-la-neuropsycholinguistique-en-lien-avec-la-double-notion-economique/. Dans le domaine SHS, traçons donc un dénominateur commun théorique, sous l’ensemble des profils des experts des CS, des thèmes des laboratoires et des centres de recherche, quels qu’ils soient, des thèmes des thèses, des colloques, des projets CMEP, Cnepru, PRFU, des spécialités doctorales, des articles (y compris ceux publiés à l’étranger, qui aime bien le “sociologisme” pour les pays postcoloniaux, tout en se réservant les neurosciences cognitives), il faut le dire scientifiquement et l’argumenter épistémologiquement : ils sont tous confinés dans le critère social ! Le sociologisme des travaux en psychologie, qui est une grande science, est d’autant plus dangereux que les psychologues n’ont reçu aucune formation en sociologie, elle aussi grande science !  C’est bien l’éminent sociologue Bourdieu qui, dans les années 60, a suscité le cognitivisme scolaire en analysant la ségrégation sociale par l’école, au sein de l’émigration en France, qui était ghettoïsée, comme les Africains aux USA.

Seulement Bourdieu n’avait pas les moyens conceptuels à même de lui permettre de résoudre sa problématique jusqu’au bout.  Le relais de sa pensée sera alors pris par les linguistes, qui, partant de son concept de capital culturel propre à tous les enfants du monde, quelle que soit leur race, ont créé les thèses d’acquisition (de 0 à 6 ans, par l’oral, le langage), suivies par les thèses d’apprentissages (de 6 ans jusqu’à la fin de la vie, par l’écrit, la langue). La prolongation pédagogique de leurs recherches cognitivistes, dans une école de la réussite, qui sera universelle, fera alors que des Obama ont dirigé les USA. 

Cela veut dire que c’est la sociologie de Bourdieu qui a suscité la neuroéducation et la neuropédagogie !  Le vrai scientifique suscite et fait avancer l’idée, il ne la détruit pas ! En Algérie, non seulement ce ne sont pas des sociologues ni des psychologues qui ont analysé la pédagogie scolaire à travers les outils des neurosciences cognitives, mais aussi, dès que l’un de nos projets leur tombe entre les mains, ils retroussent leurs manches et se frottent les mains, pour chercher comment le détruire. 

Le CSD de mon département, lui-même composé de membres ayant stoppé leur avancement scientifique, au niveau du magistère, est tombé dans le sociologisme, car si on n’avance pas on régresse, et pour progresser en neurosciences, il faut la formation neuro-cognitiviste de base, laquelle a été créée en 2007, en un module de L2. Il faut aussi poursuivre en recherches internationales, intégrant les TIC, pour nous, le logiciel thérapeutique, la e-therapy et l’imagerie, triple notion intégrée dans le master académique habilité par l’arrêté 312 du 07/09/2010 et dans le doctorat LMD “Neurosciences cognitives et e-therapy” habilité en 2016.    J’ai dû fermer cette inédite offre doctorale en 2019, vu que celle par le doctorat de laquelle le concept même de “doctorat d’orthophonie”, est né en 1995, désignée responsable de la filière, trafiqua mes candidatures.

Le sociologisme à outrance bloque, en effet, le progrès en SHS. Le “social humain” ou symptôme observable ou encore “comportement”, on ne peut que le décrire. En revanche, les neurosciences cognitives sont des sciences explicatives. On se comporte avec l’intelligence, paradigme où se situe la cause du bien ou du mal social. Et comme la prise en charge du mal, démarre de sa cause, les neurosciences cognitives, qui s’occupent du biologique (le cerveau) et de sa fonction (l’intelligence), sont alors nées, il y a une trentaine d’années, pour la relance économique des pays qui veulent rester les maîtres de la planète. 

Les neurosciences, souffle nouveau
L’exportation/importation n’a ni plus ni moins, comme objet, que la technologie, elle-même fruit de la science, résultat de l’intelligence, que l’être humain développe en ces deux moments cognitifs, depuis le cri de la naissance jusqu’au décès, que sont l’acquisition et les apprentissages. Et pourquoi décrire un symptôme, si ce n’est pour le situer dans un ordre et en classer les traits pertinents, c’est-à-dire les traits à valeur diagnostique ? Une thèse consiste à analyser pour classer, à expliquer, à prévenir et/ou à prendre en charge le comportement  social, lorsqu’il est normal ou bien compromis, dans un tableau d’addiction, d’échec scolaire, de tendance suicidaire, de dépression, de violence, d’aphasie, de bégaiement, de dyslexie, de dysphasie, d’autisme, de dysphonie, de trouble de la résonance dû à une fente labio-palato-vélaire, de mutisme dû à une cophose congénitale, d’IMC...

Tous les faits, objet de recherches scientifiques (neurolinguistiques, agronomiques, physiques,  médicaux, orthophoniques, psychologiques, économiques, sociaux...), sont approchés, à travers l’un de ces quatre angles d’attaque ; il n’y a pas trente-six façons d’être scientifique et chercheur de thèses, de solutions exportables, économiquement. Si les sociologues, les psychologues et les orthophonistes prennent donc conscience de l’impact scientifique de leur démarche en Algérie, les SHS connaîtront alors un épanouissement inégalé. Expliquer pour faire prendre conscience de la cause profonde et réelle de l’échec des SHS, levier du développement économique, c’est un pas vers la connaissance, et donc déjà une première piste, pour améliorer nos disciplines et leur productivité et, ainsi, guider en amont les réflexions sur la société algérienne et son évolution. Les neurosciences cognitives ont donné un souffle nouveau aux SHS, en actualisant la recherche sur la pensée humaine. 

C’est la somme d’hommes intelligents qui fait la société sereine, autonome et heureuse. Inaugurées en Algérie, par le modèle théorique quadrangulaire, fédérateur des sciences,  dans une logique conceptuelle (consulter l’article : https://urnop-alger2.com/wp-content/uploads/2019/07/LETTRE-OUVERTE-A-MR-LE-MINISTRE.pdf), les neurosciences cognitives intègrent au sein de l’Urnop le profil même, pluridisciplinaire, de la vingtaine de ses équipes. Médecins, sociologues, biologistes, linguistes, psychologues, informaticiens composent le comité de formation du LMD d’orthophonie, fondé par ce modèle. Elles traduisent l’impact du traitement de l’information, sur le comportement des humains en difficulté de communication et, en conséquence, sur son environnement. 

Désormais, une lecture purement sociologique reste donc impuissante pour rendre compte des dysfonctionnements et de la désorganisation de la pensée. Bourdieu et les psycholinguistes l’ont prouvé, avant nous. Les thèses d’acquisition et d’apprentissage depuis l’école, objet d’étude des sciences cognitives, sont discutées depuis les années 50, remettant en cause la théorie de la ségrégation sociale par l’école. D’où l’importance d’introduire les sciences cognitives dans la formation de tous nos futurs universitaires en SHS. Certes, le pouvoir politique investit des budgets faramineux pour leur approche descriptive ! Mais jusqu’à quand décrire les problèmes, pour avoir le titre de “professeur”, sans les résoudre ? 

Identifier un problème est la première démarche à entreprendre, cependant, ce n’est pas l’exhaustivité. C’est quoi la science si ce n’est assurer une méthodologie qui permet d’identifier le problème pour en découvrir des pistes à même de le résoudre ? C’est aux chercheurs et aux universitaires donc de faire vivre cet esprit scientifique, qui pourrait pérenniser les savoirs et leur acquisition, par la rigueur et l’éthique. En SHS, c’est l’accès à l’exhaustivité qui doit être scruté : le sociologue doit accéder à la classification des traits de son objet : la ressource humaine dans ses comportements, fondements de la société, puis, comme l’a fait Bourdieu, établir le pont avec le cognitivisme, courant, qui a fait naître le courant des neurosciences, à l’essence socioéconomique. 

Pour l’heure, je n’ai trouvé que chez les professeurs Rouadjia et Hamadouche ce souci de rechercher “ce qui ne va pas” dans le comportement, en ressources humaines. Tous les autres sociologues devraient, eux aussi, s’inscrire dans l’actualité : la “behavior decade”. Les cursus LMD, les projets socioéconomiques, les Cnepru, les PRFU, les colloques, etc., sont tous inscrits, en Algérie, dans les critères sociaux purs et durs, en ce qu’ils sont donc tous descriptifs des conséquences du “malheur” social, dont l’origine est cognitiviste (l’intelligence logée dans le cerveau) ! De quoi les maux sociaux sont-ils donc le symptôme, si ce n’est du déterminant psycho-cognitif et de l’éducation ? 

Quand le concept de pluridisciplinarité sera-t-il donc admis en Algérie ? Sans rigueur dans la démarche scientifique (formation universitaire en chute libre, outils d’approche non adaptés et non étalonnés en milieu social algérien, promotions sans critères dans le grade, jurys de soutenances de complaisance…), les résultats obtenus seront donc approximatifs et n’auront pas l’impact socio-économique escompté, concept si cher à la DGRSDT. C’est ce qui rend compte de l’indigence des résultats dans la production en SHS, qui sont en état de torpeur chronique où le moindre progrès neuroscientifique est guetté, jusqu’à sa destruction.  

Sur le plan clinique, les neurosciences contribuent à optimiser la connaissance des individus, leur capacité cognitive (leur métacognition), leur socialisation, etc. Dans cet élan, l’orthophonie joue un rôle important (la rééducation des troubles d’origine neurologique et des troubles neuro-développementaux) et orthopédagogique (les apprentissages), créant la neurolinguistique et la neuropsychologie. 

Ainsi, faire appel à des compétences qui peuvent assurer une formation de qualité et une transmission des savoirs, avec des méthodologies rigoureuses, est d’intérêt général, pour avancer dans la recherche et dans le savoir-faire. Ces expertises sont recrutées à partir de leur production intellectuelle, de leur recherche scientifique et de leurs travaux pédagogiques, et non pas à partir de leur lieu de naissance et/ou de l’obédience à la toute-puissance connue et stérilisante, le “corps administratif”.

Conclusion 
La marginalisation des compétences nationales doit cesser. Ce processus, institutionnalisé dans les années 70-80, a ruiné l’enseignement et la recherche. Tout est décidé dans les CSD, et si le CSD est tordu, il ne fera que dans le coup tordu. Le concept d’élection pour le constituer ne vaut en Algérie qu’à la condition de définir ce qui est entendu par la notion de “pair”. Le fondateur n’a pas de pair et ses élèves ne sont pas ses pairs, surtout lorsque leur grade de rang magistral est non conforme. Les textes officiels doivent préconiser des lois à l’international, qui protègent le fondateur, qui n’est pas – pratique gravement humiliatrice – à mettre en équation ou sous la coupe avec/de ses élèves ni avec des non-spécialistes, qui déjà dans leur discipline sont en échec. Il faut se baser sur les préceptes de la charte d’éthique d’avril 2010. 

L’inversion des valeurs existe déjà au niveau de la tutelle : mon ubuesque exclusion de la CUN fait que, pour pouvoir placer mes élèves au rang de “décideurs” sans partage, des grades non conformes de “professeur d’orthophonie” sont illégalement octroyés par des sociologues ou des psychologues à un personnel sans dossier à la norme, mais dont les accointances avec les “élus” de la CUN sont d’avance déterminantes, comme si le chimiste octroyait le grade de professeur de physique. 

Il s’agit pourtant d’un travail bénévole. C’est en tant que membre de la CUN de la première université du globe terrestre, Almountassiriyya de Bagdad, que je suis rémunérée, même lorsque j’émets un avis négatif ! Un pays meurtri comme l’Irak, lui, veille à l’objectivité et à l’honorabilité d’octroi du grade de professeur ! 
Le tenant d’un CV de premier spécialiste, quelle que soit la discipline, doit être consulté avant toute prise de décision, qui engage l’avenir de centaines de promotions de futurs cadres, sachant que le marché du travail est devenu très exigeant. 

La carte d’identité, pour faire partie de ces comités décisionnels, c’est le CV et plus jamais le lieu de naissance ni le clanisme. C’est par “sociologisme tribal” que le médiocre qui, par manque d’intelligence et de force cognitive, se cherche un clan où adhérer ; le scientifique, lui, tient à sa dignité, car il a de vrais diplômes et un CV, il n’a pas à s’imposer en tant que personne, car son apport est visible et lisible. La loi prescrit l’appel à l’expert spécialiste, lorsqu’un CS en est dépourvu et lorsqu’il faut traduire en langue arabe le nom d’une nouvelle spécialité. Il y a des filières jeunes, comme l’orthophonie.

Contraindre donc un personnel sans expérience à générer 3 spécialités doctorales, lorsqu’il ne peut pas produire un programme de licence ni de master qui soient corrects, est une autre hérésie académique. Il faut cesser de faire dans le populisme lorsqu’il s’agit de science. Le ministère doit appliquer ses propres lois. Comment peut-il donc habiliter une offre doctorale et l’habilitation universitaire lorsqu’elles sont illégalement domiciliées dans un laboratoire hors domaine et hors filière ? Lorsqu’une preuve de sabotage d’un projet, de plagiat ou de triche, par un CS, est fournie aux responsables, ceux-ci doivent assigner les sanctions par les lois, qui existent, pour bloquer les récidives.

Pour décider de la cartographie des filières, des spécialités, de l’opportunité et des modalités du concours doctoral, la tutelle doit établir la concertation avec les compétences avérées et il n’y en a pas des masses. Les CV et les critères de choix des présidents des CPN, des CPND, de la CNH… doivent être publiés au niveau des sites du ministère et des universités. L’anonymat pour des personnalités connues est un leurre ! La décentralisation au niveau des décanats, de la gestion des laboratoires diminuera les problèmes, cependant il faut définir ce qu’en pratique veulent dire des textes comme “le directeur du laboratoire est ordonnateur du budget alloué pour ses projets ; le directeur d’unité reçoit tout pouvoir de gestion, de la part du chef d’établissement”.

Auquel titre je suggère le recrutement, par l’université, d’un agent comptable propre à ne gérer que les budgets des laboratoires, et la gestion directe par la DGRSDT des budgets des unités de recherche. Je me souviens de la gestion à la perfection par l’ANDRS, pourtant située à Oran, des budgets de nos projets aux années 1990-2000. La DGRSDT déploie de gros efforts pour améliorer la gestion des laboratoires par les universités, certes, cependant elle doit faire de l’expertise des compétences réelles scientifiques, connues, reconnues, visibles et lisibles, son alliée. Je tiens à signaler le fait que si, aujourd'hui en Algérie, le métier d’orthophoniste, pourtant très jeune, est en train de dépasser de loin celui de psychologue, surtout en secteur libéral, lieu où se cristallise la vraie compétence, c'est tout simplement du fait que, en tant que TCC, neuroscientifique et non sociologiste, le soin orthophonique, selon la norme, est théoriquement justifié par ses fondements cognitivistes et il a ses tests adaptés et étalonnés dans la société et le plurilinguisme algériens.

Ses diagnostics sont donc posés de façon objective. Mes étudiants, qui sont encore en 2e année de master de “neurosciences cognitives” touchent deux fois et l'une de mes thésardes en doctorat de “neurosciences cognitives et e-therapy” touche huit fois mon salaire de professeure. Neuroscientifique et bien mené, l'exercice orthophonique est donc plus rémunérant que celui du professeur en chirurgie dentaire, en médecine et en pharmacie. En France, pour poursuivre les études d’orthophonie, qui sont de baccalauréat + 5, le concours national d’entrée aux études est extrêmement sélectif, et ces études sont considérées comme étant plus difficiles que les études de médecine : voir les sites internet. J’espère donc que la nouvelle équipe du ministère pourra redresser cette situation, due à la gestion sans norme de l’enseignement supérieur durant ces dernières décennies.

Dès septembre 2020, l’ESRS peut être investi du changement. Le projet de délocalisation du département d’orthophonie de la faculté des sciences sociales vers son lieu naturel et universel, c’est-à-dire en faculté de médecine, est publié dans le site de l’URNOP, après son dépôt au niveau du ministère de la Santé et de l’ESRS en janvier 2019. Question de santé publique de former utile et de construire le lien sciences médicales/SHS, la pluridisciplinarité théorisée et réfléchie.

Et comme l’a dit feu Nouar, l’orthophonie, créatrice des neurosciences cognitives, sera alors la locomotive pour un éveil des SHS, qui seront donc assez modernes pour permettre à l’Algérie de sortir du confinement dans l’importation, source de corruption et pour devenir un pays qui échange dans un rapport d’égalité avec les pays puissants, c’est-à-dire un pays capable, lui aussi, d’exporter non pas le scientifique dans son intelligence, mais le produit de sa science et de son intelligence. 

 


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