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Statut de l’Orthophoniste de Santé Publique

Une profession aussi dévoyée que son enseignement

© D.R

Par : Pr Nacira ZELLAL
Directrice de l'unité de recherches neurosciences cognitives, orthophonie, phoniatrie

Les seuls orthophonistes qui savent rééduquer les troubles voco-verbaux sont ceux qui sont sortis de la licence du système classique (1999-2014), de la licence LMD 2007 et 2008, outre ceux qui ont poursuivi le master de neurosciences cognitives et les formations cliniques continues de la SAOR (1992…), formations compensatrices du LMD falsifié, comme on le sait, depuis l’année 2009-10. Cela ne fût-ce que du fait que par leur pratique du “MTA” ils objectivent leur diagnostic. En effet, en l’absence de tests adaptés et étalonnés, le diagnostic se fait donc à l’aide de “la parapsychologie, des hrouz ou de la roqia”. C’est comme le médecin qui évalue la tension sans tensiomètre. D’un autre côté, les enseignants parachutés, “experts” à mon exclusion, crient à tue-tête : “Nous ne sommes pas des techniciens de la parole !” Or ils sont incapables d’écrire trois lignes pour répondre à mes démonstrations de leur méconnaissance de la notion d’adaptation des tests (ils travaillent avec des tests conçus en langue française, et adapter, ce n’est pas traduire !). Ils n’adoptent aucune théorie thérapeutique, elle aussi remplacée par leur “parapsychologie sociologiste”. Quand on stagne, on tombe dans la description sociologiste des troubles. Le soin n’est donc plus enseigné en LMD d’orthophonie. C’est comme si le médecin sortait diplômé en histoire de la médecine !
Un magasin de jouets “équiperait” pour 700 000 DA le cabinet d’orthophoniste. Le praticien ne sait plus s’il est psychologue ou orthophoniste ou les deux face au patient ! Sans tests, ni école thérapeutique, ni étude des rendez-vous et du nombre de séances maximum par type de prise en charge et du temps de rééducation par séance, les licenciés et les titulaires de masters auto-attribués sont autorisés à ouvrir des cabinets. Une cabinarde fait gravement dormir dans son cabinet privé des étudiants crédules qui, l’appelant “oustada”, se déplacent de l’intérieur du pays pour recevoir des “certificats” de formation en autisme, qui sont frauduleux. C’est le cas de ma doctorante faussaire, qui, dénoncée pour ce trafic, se serait vu fermer son cabinet. Elle voulait aussi singer le MTA en commercialisant l’hypothèse de sa thèse (un protocole de huit pages enrobées dans une mallette, qui n’a même pas encore été corrigé ni validé). Vendre des formations illicites, viser des certificats de formation à l’aide d’un cachet professionnel frauduleux et rééduquer le patient, sans fondements théoriques ni compétence, constituent d’autres délits graves. Ce cas psychopathologique a alors versé, durant toute une année, en transes hystériques, dans sa cybercriminalité contre ma personne, à travers son facebook ordurier, dès que ses camarades l’ont dénoncé à mon niveau, à leur découverte de son commerce illicite de l’hypothèse de son doctorat. 
Sa complice, mon élève des promotions 1990 et donc de ma génération, qui a fugué lors du CMEP toulousain 91MDU177 aux Émirats, avec son niveau licence, diffusera dans les mêmes réseaux sociaux infectés ses photos, recevant, en corrompue, des bijoux de la part de princes, qu’elle prend en charge, à l’aide du soin que je lui ai appris. Avec son niveau non conforme, elle a même “créé” un simulacre de revue, plagiant mes concepts, même pour lui trouver un “nom”. Cette pseudo-revue, qui ne respecte aucune norme, fera alors office de lieu de “publications internationales”, pour ses camarades en échec, en Algérie, afin de leur permettre d’accéder au grade de “professeur”, tantôt en orthophonie, tantôt en psychologie, c’est selon ! 
La CUN fonctionne, elle aussi, sans l’expert en orthophonie ! Comme si le pharmacien octroyait le grade de professeur de médecine. Un faux grade de “professeure” en orthophonie a été offert à une de mes élèves, alors qu’elle ignore que la référence est obligatoire pour tout travail scientifique ! Elle la confond avec “tuteur légal” ! Se prenant réellement pour une professeure légale et légitime, sans test ni publication, ni ouvrage ni projet en orthophonie, ne fût-ce que national ! C’est dire combien la médiocrité et la stagnation bêtifient l’être humain ! L’animal sait faire la différence entre son maître et un voleur ! Et puisque ce sont des Français qui ont fomenté la “demi-licence spécifique” des années 1977-78 et son illégal statut professionnel 1991, je signale le fait que c’est un autre Français, alors qu’il a lui aussi beaucoup profité de l’Algérie, la prenant pour une vache à traire, qui est derrière cette autre mascarade organisée contre l’orthophonie. En effet, sans être qualifié ni spécialiste, il affiche son nom comme “éditeur associé” de la fausse revue, sans la lire, qui promeut au grade de “professeur” des incompétents ! Je l’ai dénoncé auprès des instances, qui de droit (dgrsdt et service de la coopération du ministère). 
Tout ceci pour montrer que ces dinosaures, non remis à ce jour du choc de la création, pour la première fois en Algérie, d’une profession de santé publique et de son département par une Algérienne mono-nationale, avec des moyens et des conditions algériennes, n’instrumentalisent pas que leurs postes de responsabilité pour détruire l’orthophonie, ils instrumentalisent aussi mes propres élèves, les brisant, y compris dans leur réputation personnelle, leur honneur. En effet, toute une génération d’orthophonistes est devenue une génération de faux orthophonistes. 
D’autres moyens peu honorables sont utilisés pour extorquer des montants faramineux à des familles d’enfants autistes : c’est la très grave pratique de la hidjama sur leurs petits ! J’ai même appris qu’une “clinique” à Tipasa, logeant des psychologues et des orthophonistes, mariait des adolescents entre eux ! Or, ni la hidjama ni le mariage ne font partie des programmes LMD ! Ceci veut dire qu’un soin théoriquement justifié est corrompu, perverti en un soin “du guérisseur”. 
Autre fraude grave, beaucoup d’enseignants à l’université utilisent le soin, que je leur ai appris en chu (1979…), pour faire des consultations “dans le noir”, à domicile, pour ne pas déclarer leurs impôts et ne pas perdre leur poste à l’université. Les coûts des consultations varient d’un cabinet à un autre et d’un fraudeur à un autre, c’est à qui goinfre le plus. 
Toutefois, je tiens à signaler aussi le fait qu’une autre orthophonie, universelle, moderne, neuroscientifique et propre, est en train de monter. Le processus est donc similaire à celui du citronnier, qui perd tous ses premiers fruits, avant de se régénérer : cela fait partie de la naissance d’un concept, tel que celui des neurosciences cognitives, dans un environnement de non-création scientifique ! Dans la deuxième partie de cet article qui suit, je situerai, de façon motivée, la cause profonde du sabordage de la profession de l’orthophoniste et les moyens utilisés pour y parvenir. 
En effet, en Algérie, la notion de premier expert, neuve, voire exceptionnelle, provoque “le choc de l’innovation”. Elle est donc crainte, de façon massive. Pour tenter de l’occulter, les décideurs font des calculs concertés pour me mettre en équation, voire sous la coupe avec/de mes élèves, leur donnant la considération dont ils me privent sciemment, juste pour créer le problème, voire l’affrontement. Je fais face à ces pratiques investies de sentiments affectifs, avec un professionnalisme et une sagesse qui les déconcertent alors, jouant à fond la carte de l’arme qui fait défaut : la créativité prolifique du projet scientifique, compétent et toujours novateur, sans concession, creusant de plus en plus le fossé du retard et de la médiocrité. 
La marginalisation des compétences nationales, lancée dans les années 80, a fait des ravages et elle se poursuit à ce jour. Le projet auto-attribué à l’élève, sans l’expertise du spécialiste, de surcroît fondateur et maître ayant produit tous les enseignants d’orthophonie du pays, ou, pire, agréé par un expert non spécialiste, est un faux projet et un projet non crédible. Le doctorat, l’habilitation universitaire, les grades de mca et de professeur, le recrutement à l’université, octroyés sans l’expertise de la référence ni laboratoire de domiciliation idoine et légal, sont aussi de fausses promotions. 
Lors d’une assemblée nationale des directeurs de laboratoire, organisée par la dgrsdt à l’usthb, j’ai dit publiquement aux responsables, qui ne m’ont pas répondu : “Si à cause de mon cv de fondatrice, je suis persona non grata dans vos comités d’experts, il faut alors envoyer aux experts des usa, de France ou du Canada tous les projets algériens, de laboratoire, d’offres lmd et de recherches en orthophonie ; pour autant qu’ils aient un cv meilleur que le mien… Vous n’avez pas d’experts en orthophonie et ses prolongements en neurosciences dans vos commissions !” C’est la norme scientifique élémentaire.  J’ai produit ma première maître assistante en orthophonie en 1991 et ma première maître de conférences en orthophonie en 1999 et on ne m’a pas laissée produire le 2e professeur, affolé par le rythme et la qualité des doctorats, par ailleurs soutenables au mit ou à la Sorbonne, que je produits. Le détournement du magistère 1987 par sa première sortante en 2009 en est la cause. Pas de magistère, donc pas de doctorat ni d’habilitation universitaire ni de grade de professeur en orthophonie. 
L’ex-directeur du doctorat et de l’habilitation universitaire à la dgfes-mesrs, actuellement recteur, a reconnu en 2015, devant son assistant et ma collègue, le sabotage du lmd d’orthophonie, en ces termes : “Mme la dgfes et moi-même confirmons que vous avez réalisé et monté toute la chaire, mais on vous l’a détruite.” 
Fait abracadabrant, c’est donc l’État lui-même qui reconnaît la gabegie pédagogique et donc clinique en orthophonie, mais, fait troublant aussi, aucun responsable n’a pris ses responsabilités pour enrayer le mal, en appliquant la loi, rien que la loi et ses propres lois ! Quant aux règles d’éthique, il est regrettable que la charte d’éthique et de déontologie d’avril 2010 ne soit que de la poudre aux yeux. 

(2e partie)

 


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