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Automobile / Coup de cœur

VOITURES AUTONOMES

Existe-t-il des limites morales dans l’innovation ?

L’accident mortel impliquant un véhicule autonome d’Uber, lundi dernier dans l’Arizona, rappelle que la question de la responsabilité des usagers et des opérateurs de ces voitures sans conducteur est loin d’être tranchée. Que prévoit la Convention de Vienne et qui est responsable de cet état de fait ? Il faut savoir que la Convention de Vienne, qui définit les règles internationales pour la circulation routière, stipule que le conducteur doit toujours rester maître de son véhicule, mais autorise depuis 2016 les systèmes automatisés, à condition qu’ils puissent être contrôlés voire désactivés par le conducteur. Ainsi, il était dit que “le conducteur doit être toujours présent et en état de vigilance derrière le volant”. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, la Chambre des représentants américaine a approuvé en septembre 2017 une loi censée faciliter le déploiement des véhicules autonomes, en empêchant les États d’imposer des réglementations trop restrictives. En France, en revanche, si elle doit être engagée, la responsabilité pénale reste celle du conducteur, car ce sont des voitures autonomes avec un conducteur. Ce n’est pas la même chose qu’une voiture sans conducteur et sans volant. Par contre, expliquent des experts et des avocats, la société qui a obtenu l’autorisation de mettre la voiture sur la route pourrait être tenue responsable civilement. Il ne s’agit pas du premier accident mortel pour ce genre de voitures. En 2016, une Tesla S avait percuté un camion à plus de 120 km/h, mais l’enquête avait finalement dédouané le système et révélé que le conducteur n’avait pas eu le comportement adéquat. Avec l'arrivée de voitures 100% autonomes, l’assurance automobile pourrait disparaître. Une question morale ? La place de l’intelligence artificielle au volant pose également une question d’ordre éthique. Entre écraser un piéton qui traverse au rouge ou sacrifier la sécurité des passagers, que choisira l’ordinateur qui pilote le véhicule? Des chercheurs du CNRS, du MIT, de Harvard et l’université de Californie ont mis au point Moral Machine, un simulateur permettant aux internautes de juger les situations éthiques auxquelles ils pourraient être confrontés avec les voitures autonomes. Une étude d’EY menée en Allemagne en septembre 2017 a ainsi montré que seulement 26% des Allemands s’imaginent monter demain à bord d’un véhicule autonome et 18% le conduire. Et si les questions de sécurité sont mises en avant, 45% des sondés pointent aussi le flou sur la responsabilité. Les USA ne sont pas en reste et un rapport de l’Association spécialisée sur les questions automobiles (AAA), publié en mars 2017, montre que 54% des Américains estimaient ne pas être rassurés de partager à l’avenir la route avec des voitures sans conducteur.


FARID B.


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