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Automobile / Coup de cœur

LA PRÉSIDENTE DE L’UPIAM À PROPOS DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE EN ALGÉRIE

Latifa Turki Liot : “Il nous faut des résultats tangibles et de la visibilité”

© D. R.

Dans cet entretien, la présidente de l’Upiam revient sur la rencontre du 27 juin dernier, la démarche des contrats de filière automobile présentée récemment aux membres du Pacte économique et social, la naissance des premiers comités ad hoc, la sous-traitance automobile, la création d’un comité dédié à la réflexion sur les composants de 2e monte, composé d’importateurs qui portent un projet industriel dans ce secteur, et enfin le souhait du ministère du Commerce de se diriger vers le calcul du prix de revient du véhicule monté en Algérie.

Liberté : L’Upiam (Union professionnelle de l'industrie automobile et mécanique) a organisé, le 27 juin dernier, une rencontre destinée aux membres afin de créer des comités de filière. Qu’en est-il exactement ?
Latifa Turki Liot : Nous restons sur la même démarche proposée par l’Upiam depuis le début de notre mandat en 2017, à savoir la mise en place d’un contrat de filière automobile, en particulier, et véhicules, en général. Mais nous avons avancé depuis, étant donné que cette démarche a été présentée récemment aux membres du Pacte économique et social sur invitation du ministère de l’Industrie et des Mines. Ce contrat de filière qui prendrait la forme d’un dialogue public-privé de haut niveau sera structuré, organisé et piloté par l’Upiam sous un mode projet, avec, à la clé, un système d’évaluation (indicateurs) qui nous permettrait de savoir où on en est, où on va et ce qui reste à faire dans ce secteur, mais toujours avec une vision industrielle. L’objectif de la rencontre du 27 juin dernier était d’ancrer les premiers comités ad hoc qui soutiendraient ce contrat. Nous avons décidé la création de trois comités que nous considérons prioritaires en matière de sous-traitance. Nous ne pouvons plus nous permettre de “panser” nos erreurs passées par des lois qui n’auront pour seul effet que de projeter une vision d’instabilité à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Comment cette proposition a-t-elle été accueillie par les institutions cibles ?
Les membres du Pacte économique et social ont accueilli très favorablement cette démarche. Cette initiative est aussi soutenue par le ministère de l’Industrie et des Mines qui nous a détaché des cadres pour nous accompagner dans cette démarche, à commencer par la rencontre du 27 juin dernier. Au fond, tout ce que demandent les opérateurs, c’est de la visibilité pour orienter leurs investissements économiques. Et tout ce que nous proposons, c’est de partager cette vision avec les constructeurs, avec le soutien des institutions locales, pour leur permettre d’avoir cette visibilité. Il nous faut des résultats tangibles et de la visibilité. Ce contrat nous permettrait d’atténuer la méfiance, voire l’hostilité que peuvent afficher certains acteurs dans notre paysage économique sur ce secteur. Il apporterait aussi une vision claire sur le cap qu’on se donne dans ce secteur. Le constructeur a tout autant besoin de stabilité économique qu’un sous-traitant de visibilité sur son plan de charges.

Mais les constructeurs ont déjà signé des contrats avec les partenaires locaux. Quel serait le plus que devra apporter ce contrat tripartite et par qui serait-il porté ?
Le contrat qui lie le constructeur étranger et le partenaire local est la clé de voûte de la réussite d’un projet industriel. Et ces contrats sont actuellement en phase d’exploitation et de production, on ne peut donc pas revenir en arrière. C’est pourquoi nous proposons de reporter ces engagements industriels sur le contrat tripartite qui lierait le ministère de l’Industrie et des Mines. Car, il faut rester cohérents avec la stratégie industrielle déployée par cette institution à l’échelle nationale, les constructeurs qui ont une vision arrêtée sur l’intégration locale et, enfin, les industriels qui sont, aujourd’hui, prêts à investir dans ce secteur et qui en ont la capacité. Le rôle de l’Upiam, qui, je le rappelle, est une union professionnelle non gouvernementale qui existe depuis 1992, serait de structurer et de piloter ce contrat de filière, donc de décliner une feuille de route industrielle portée par les industriels eux-mêmes (organisés sous forme de comités ad hoc au sein de l’Upiam), partager cette feuille de route avec les constructeurs et le ministère de l’Industrie et des Mines en tant que partie prenante. Il y a lieu, ensuite, de dégager des indicateurs industriels et, enfin, communiquer de façon cohérente sur l’avancement de cette feuille de route par l’édition d’un rapport public qui informe sur notre avancement dans ce secteur.

Comment l’Upiam envisage-elle de traiter l’arrivée sur le marché d’un nouveau type d’industriels, en l’occurrence les importateurs qui, eux aussi, se projettent d’aller vers ce créneau ?
Un opérateur qui a un projet industriel, qu’il soit historiquement sous-traitant ou pas, reste un opérateur industriel. Ceci est d’autant plus vrai que ces métiers peuvent être complémentaires. L’importateur a une grande connaissance du dimensionnement du marché pour les pièces de 2e monte, et le sous-traitant a une grande connaissance des capacités techniques et outils de production à mettre en place afin d’optimiser son investissement. Nous avons d’ailleurs créé au sein de l’Upiam un comité dédié à la réflexion sur les composants de 2e monte, composé essentiellement d’importateurs qui portent un projet industriel dans ce secteur. L’organisation de la filière pour les composants de première monte est totalement différente de celle dédiée aux composants de deuxième monte. Dans le premier cas, on cherchera à avoir des usines de production qui travaillent en flux tendu et, du coup, fournir des produits qui répondent aux exigences normatives du secteur, certes, mais qui doivent s’intégrer dans la chaîne de production avec des exigences de production et de livraison en juste à temps des constructeurs. C’est la raison pour laquelle les constructeurs font le choix de regrouper les sous-traitants dans l’enceinte ou autour de l’usine de montage. Dans le second cas, on cherchera, plutôt, à créer du volume et de mettre en place une organisation logistique et de distribution à l’échelle nationale et internationale qui permettra d’écouler ces volumes. Pour autant, ces composants devront eux aussi répondre aux exigences normatives du secteur.

Justement, qu’en est-il de l’export et quel est votre avis également sur le souhait du ministère du Commerce de se diriger vers le calcul de la structure des coûts de production des véhicules montés en Algérie ?
Il faut distinguer l’export des véhicules et l’export des composants automobiles. Pour ce qui concerne l’export des composants automobiles, commençons par fabriquer localement des pièces normées pour le marché national avant d’envisager l’export. L’export des véhicules montés en Algérie vers d’autres régions me semble toutefois une piste plus sérieuse à étudier. S’agissant du coût des véhicules montés en Algérie, l’objectif est de permettre au citoyen de bénéficier d’un prix d’achat qui soit comparable à celui des véhicules importés. On parle bien du prix d’achat du véhicule par le consommateur, donc celui affiché par le concessionnaire ou son distributeur qu’il ne faut pas confondre avec le prix des véhicules sortis d’usine.
C’est le distributeur de la marque du véhicule monté en Algérie (le concessionnaire ou son distributeur) et non pas l’usine de production qui a la responsabilité d’afficher des prix conformes à ceux habituellement pratiqués à l’import. Mais je suppose que l’institution concernée (le ministère du Commerce, ndlr) a mis en place les actions nécessaires sur le marché de distribution automobile afin que les prix de vente affichés par ces derniers respectent cette clause.


F. B.


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