Automobile / Coup de cœur

TARIFS DOUANIERS SUR L’ACIER ET L’ALUMINIUM

Un expert craint une hausse mondiale des prix des voitures

Le professeur à la faculté des sciences de l’administration de l’université Laval (Canada) et titulaire de stratégie, Yan Cimon, prévoit des hausses vertigineuses des prix des voitures à court terme, et ce, à cause de la hausse des tarifs douaniers dans le monde, notamment sur l’acier et l’aluminium comme il a été décrété par l’administration Trump. En effet, dans un entretien qu’il a accordé à un quotidien canadien, Yan Cimon estime que l’imposition des tarifs douaniers fera parler d’elle, d’autant que pour une seule pièce de rechange ou de montage, “il peut y avoir de 7 à 9 passages à la frontière, des fois plus, selon le type de véhicule. Le grand danger, ce qu’on ne veut pas voir dans l’industrie de l’automobile, c’est un effet boule de neige où les intrants qui traverseraient la frontière seraient taxés une première fois par un pays et tarifés de nouveau. Comme il y a beaucoup de passages à la frontière, vous êtes dans une situation où ça peut avoir un effet exponentiel sur les prix.” Sachant que le système d’approvisionnement est complexe, il a indiqué “qu’avec ce type de tarifs, ça va faire augmenter le prix des véhicules et avoir des conséquences adverses à ce qu’on voulait régler”, sachant, estime encore ce quotidien, que les automobiles sont conçues avec de l’acier et de l’aluminium qui seront tarifés à 25 % et 10 % respectivement. Face à cette situation, explique Yan Cimon, “il est possible que les grands constructeurs commencent à s’approvisionner dans des régions qui ne sont pas visées par des tarifs (…) En voulant sauver des activités nord-américaines, puisque c’est un système et un enchevêtrement complexes de flux de matériels et de savoirs, ça se peut très bien que l’on produise l’effet inverse”. En revanche, Yan Cimon craint que cela nuise à l’intégration (…) Si vous regardez la chaîne d’approvisionnement complète, il y a des processeurs spécialisés qui viennent du Japon, il y a d’autres intrants électroniques qui sont sous-contractés en Chine par un sous-contractant d’un sous-contractant. Le défi dans cette industrie-là, c’est qu’elle est mondiale.

SYNTHESE : F.BELGACEM