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Culture / Culture

Projection de films sur la ségrégation raciale et l’oppression coloniale

8e FICA : une tribune au débat et à la réflexion

©D. R.

Depuis le 1er décembre, la salle El-Mouggar abrite le Festival international du cinéma d’Alger (dédié au film engagé). Les œuvres présentées pointent du doigt les maux des sociétés (racisme, conséquences des guerres, atteintes à l’environnement), ainsi que les combats menés par différents acteurs civils.

Ségrégation raciale et oppression coloniale tels ont été les sujets abordés dans différents films projetés au Fica. À travers ces fictions, les réalisateurs ont raconté la misère et les souffrances des peuples durant l’occupation, notamment celle de Cuba par les Espagnols, ensuite par les Américains, et l’apartheid en Afrique du Sud. Certes, cette page de l’histoire remonte à loin, mais ce sont là la description d’une réalité affligeante : celle des sociétés du XXIe siècle.
Lors de ce 8e Festival international du cinéma d’Alger (dédié au film engagé), qui se déroule depuis le 1er décembre, et dont la clôture était prévue dans la soirée d’hier à la salle El-Mouggar, le public a découvert de nombreux films bouleversants et révoltants. Dans Cuba Libre (Cuba, 2015, 124mn), de Jorge Luis Sanchez, United Kingdom (Royaume-Uni/France, 2017, 106 mn) d’Amma Asante, et Era o hôtel Cambridge (Brésil, 2016, 100 mn) d’Eliane Caffé, ces fictions dessinent la défaite, la résignation ou alors l’engagement et le dévouement de communautés marginalisées pour la couleur de leur peau et appartenances ethniques.  
Ces longs-métrages reviennent sur des thématiques si différentes, mais qui sont liées dans le fond : l’oppression des Blancs sur les “hommes de couleur”. Dans United Kingdom de la Britannique Amma Asante (origine africaine), raconte l’histoire d’amour entre Seretse Khama, jeune roi du Botsawana (Afrique australe), et la londonienne Ruth Williams, un récit qui a l’air banal, mais cette péripétie se déroule en 1947, où les Blancs et les Noirs ne se “mélangeaient” pas. Basé sur de faits réels, ce film narre cette union impossible entre ces deux personnes. Car au-delà de leur différence d’origine, le mariage va à l’encontre des lois anglaises et sud-africaines. Mais les deux amants préfèrent se battre et défier le diktat de l’apartheid. Cette relation devenue un problème politique, le couple doit faire face à de nombreuses difficultés, notamment le rejet de Serestse par les siens, l’exil, et enfin Ruth qui subit la discrimination des deux communautés (européenne et africaine).
La deuxième fiction Cuba Libre de Jorge Luis Sanchez, nous plonge au XIXe siècle au plein cœur de la guerre hispano-cubano-nord-américaine, et  ce, à travers le regard de jeunes enfants Simon et Samuel. Vivant dans une grande pauvreté, les gamins sont abandonnés pour la plupart par leurs parents : alcooliques, démissionnaires ou ceux partis rejoindre l’armée cubaine. Lors de l’occupation espagnole, cette dernière inculquait les “bienfaits” de la colonisation, notamment la supériorité de l’Espagne sur les autres pays. Contrairement à leurs camarades, Simon et Samuel sont plus conscients de cette situation, et rêvent d’un avenir meilleur, et cherche à se surpasser, ce qui a créé une immense rivalité entre les deux. Suite à la défaite espagnole face aux Américains, qui à leur tour s’“approprient” le pays, et le retour de l’armée cubaine, les enfants découvrent les pires vices de l’homme : la trahison, le mensonge, l’hypocrisie, la cupidité… Mais aussi l’engagement et le dévouement pour la patrie au détriment de sa vie. Concernant le film Era o hôtel Cambridge d’Eliane Caffé, la fiction se déroule aujourd’hui, et dresse le portrait des “Sans-toit” au Brésil. Un mouvement constitué de réfugiés et de SDF, qui squattent les immeubles abandonnés dans le centre de Sao Paulo. Ces squatteurs sont d’Argentine, de Palestine, du Congo, et de régions du Brésil… Tourné à huis clos dans ce bâtiment, nous partageons les craintes, les joies et les illusions de cette communauté, qui travaillent comme dans une fourmilière pour survivre (cuisine, tâches ménagères, plomberie…).  Menacée d’expulsion par les autorités, cette catégorie de la société complètement à l’abandon devra y faire face seule contre tous. Si ces trois longs-métrages abordent diverses thématiques sur des époques distinctes, néanmoins le problème prédominant est la ségrégation sous toutes ses formes, l’un des maux de la société contemporaine. À l’issue de chaque projection, nous ressortons secoués par la puissance de ces productions, qui donnent à réfléchir et à nous interroger sur notre silence face à ces conditions inhumaines. Pour rappel, ce 8e FICA, a vu la projection de 18 films entre docs et fictions en compétition officielle, des tables-rondes et conférences portant sur le cinéma, l’histoire, le scénario…

Hana Menasria


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