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Culture / Culture

“Éditons les femmes”

À l’ambition de ces dames, il ne manque que l’aide de l’État

Les intervenantes lors de la rencontre. © Louhal/Liberté

La Bibliothèque nationale d’Algérie au Hamma (Belouizdad) a abrité, la matinée du 2 septembre, une rencontre-débat axée autour du thème “Éditons les femmes”. Modérée par Meriem Merdaci, la dame précurseur du générique “Houna Qassantina” a laissé le “Champ libre” aux convives, dont Fatiha Soal de la librairie Kalimat, Samira Bendris des éditions El-Ibriz, Fouzia Laradi des éditions Faïrouz, ainsi que Samia Zennadi des éditions Apic et Nouara Hocine des éditions Enag. En ce sens, le tour de table était unanime à dire que l’acte d’éditer est tributaire de réussir la traversée d’un “chemin de croix”, où l’éditeur n’a que son culte obsessionnel qu’il voue au livre. Seulement, l’amour livresque ne suffit pas à lever la succession d’écueils qui envenime davantage le calvaire de l’éditeur. Alors, comment remédier à une chaîne de livres qui grince de tous ses maillons ? Notamment le coût du papier, ainsi que les frais de l’imprimerie et l’écueil inhérent à l’outil de distribution, où “loge” le grain de sable qui coince l’engrenage procédurier de la chaîne du livre. Autant d’obstacles qui ne laissent pas beaucoup de temps à la prospection de nouveaux talents. Alors, et tour à tour, la dame d’El-Ibriz, qui croise la feuille et l’encre pour que la lecture roule enfin sur le même essieu que le lait maternel, a déclaré : “Il n’y a que l’État qui soit apte à lever les contraintes liées à la difficulté d’éditer. Pour ce faire, la formation de libraires est requise afin que le livre y retrouve sa place qu’il n’aurait jamais dû perdre dans les bacs des bons libraires d’antan.” “Outre le déficit en matière d’espaces de visibilité, les intermittents du livre n’achalandent pas les librairies de l’Algérie profonde, depuis sa reliure jusqu'au lecteur”, a déclaré Samira Bendris. D’où l’idée de Nouara Hocine de se fédérer autour d’une filiale unique de diffusion et d’une librairie qui soit le point de vente commun à tous les éditeurs. Autre difficulté, l’absence d’une réelle statistique, notamment le nombre réel de dépôt d’ISBN et de vente d’ouvrages ne permet pas un audit fiable à même d’évaluer l’état de santé du secteur du livre. “Aucun livre ne mérite d’être qualifié d’invendu s’il n’a pas bénéficié d’une promotion”, a ajouté Nouara Hocine qui déplore une pléthore d’œuvres littéraires à l’orée de l’ouverture du Salon international du livre au mois d’octobre, où les besoins de la rentrée favorisent beaucoup plus le livre utilitaire. Alors, pour y remédier, Nouara Hocine recommande d’avancer le Sila au mois de mai afin de favoriser la lecture durant la belle saison. Ce à quoi Meriem Merdaci propose la tenue d’un salon national du livre durant les vacances scolaires du printemps. Autant dire que le job d’un éditeur n’est pas une sinécure. Loin s’en faut, puisqu’“il y a une prise de risques”, a déclaré Naïma Beldjoudi des éditions El-Kalima, pour qui “l’urgence est à la séduction du lecteur par un produit de qualité”. Autre révélation, la presse a bonne presse auprès de ces dames. Mieux, “que l’on cesse de harceler le journaliste pour qu’il produise à la hâte des notes de lecture à la veille de l’inauguration du Sila”. “Il ne faut pas perdre de vue que le journaliste de la rubrique culturelle est aussi un polyvalent, donc un touche-à-tout dans la critique littéraire, théâtrale et de multiples festivals”, a ajouté Naïma Beldjoudi. Entre autres préoccupations, la traduction qui a alimenté le débat : “C’est grâce à la traduction que l’âme d’un peuple voyage”, a conclu Nouara Hocine. En ce sens, la première édition des rencontres annuelles des jeunes écrivaines n’augure que du bon ! Que l’édition n’a pas de sexe et qu’il faudrait y compter avec ces dames. À noter que cette rencontre a eu lieu dans le cadre des premières Rencontres annuelles Méditerranée-Afrique des jeunes écrivaines (Ramaje), les 1er et 2 septembre.


Louhal Nourreddine

 


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