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Culture / Culture

50e anniversaire du festival panafricain d’Alger de 1969

Afrique, une unité dans la diversité

Les intervenants lors de la conférence. © D.R

Le Musée du Quai Branly-Jacques Chirac (Paris) a abrité une conférence sur cet évènement historique, durant lequel plusieurs conférenciers sont revenus sur l’impact du Panaf dans les pays d’Afrique.

À l’occasion du 50e anniversaire du Festival panafricain d’Alger 1969, le Musée du Quai Branly-Jacques Chirac (7e arrondissement de Paris) a abrité dernièrement une conférence sur l’évènement. C’est durant l’été 1969 que s’est ouvert le 1er Festival panafricain d’Alger. Houari Boumediene, alors président en exercice de l’OUA, a concrétisé une idée de cette institution internationale en décidant d’organiser à Alger le premier festival panafricain. Manifestation culturelle grandiose comprenant des concerts, des spectacles de rue, des expositions, des projections, des concours ainsi que des conférences. Les disciplines représentées sont la musique, le théâtre, la danse, la littérature, le cinéma et les arts visuels. Le festival s’est ouvert par une parade des pays participants dans les rues d’Alger. Il s’est déroulé sept ans après l’indépendance de l’Algérie. C’était aussi l’époque des indépendances en Afrique et les leaders des mouvements de libération, de même que les représentants des Black Panthères des États-Unis, étaient présents. Un film de William Klein, Le Festival panafricain d’Alger 1969, illustre parfaitement cette ambiance. L’Algérie assurait alors le leadership du panafricanisme révolutionnaire. Mais, aux yeux des autorités, le Panaf avait également des objectifs économiques et commerciaux en Afrique. Première conférencière, Émilie Goudal, aborde la question de domination dans le domaine des arts. Pour elle, l’œuvre de Mohamed Khadda témoigne que le nationalisme à outrance, légitime à l’époque, fut un rempart et une révolte contre l’art et les normes esthétiques coloniales. L’artiste revendique la notion de l’intégration critique de l’héritage du passé que Berthold Brecht a si admirablement mis en pratique. Ainsi, bien plus que de vouloir uniquement évacuer le passé colonial, Mohamed Khadda, comme le groupe Aouchem, appelle à ouvrir la pluralité des héritages. On voit dans leur travail le souffle des indépendances avec un regard critique pour penser une culture émancipée. “Il s’agit d’insérer la nouvelle réalité algérienne dans l’humanisme universel en formation dans la seconde moitié du XXe siècle. Il y a nécessité d’un retour aux sources de nos valeurs, non pas pour nous y enfermer, mais pour opérer un inventaire critique afin d’éliminer les éléments devenus caducs et inhibiteurs, des éléments étrangers introduits par le colonialisme” et de retenir les éléments positifs, enrichissants et progressistes. Pour l’historien Olivier Hadouchi, second intervenant, l’idée était de créer un large front avec les Africains et les pays du tiers-monde. Selon lui, on percevait dans le film de William Klein cette volonté des Algériens de mettre en évidence la culture africaine comme élément de solidarité avec ses propres combats progressistes et tiers-mondistes. Cette solidarité internationale contre le colonialisme et l’oppression a inspiré Frantz Fanon et d’autres qui ont choisi la voie de la liberté au confort personnel. De son côté, Amzat Boukhari-Yabara pense que le Panaf “fait partie de ces grands rendez-vous qui sont anti-impérialistes et culturels, où des lignes politiques vont clairement se marquer et s’exprimer. En 1969, on est à la fin de la première décennie des indépendances des pays africains, on est au stade de désillusion partielle, notamment pour ce qui touche à la construction de l’État-Nation”. Il s’est posé alors la question de la culture nationale utilisée pour penser la révolution et chanter les indépendances. “La musique et la chanson encore plus, puisqu’elles s’expriment dans les langues locales alors que la littérature utilise la langue coloniale. Il y a une volonté de désaliénation culturelle.” Le Festival panafricain d’Alger 1969 a montré la diversité culturelle du continent africain qui indique que l’essence du panafricanisme est de construire l’unité dans la diversité.


A. B.


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