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A la une / Culture

FESTIVAL DE LA MUSIQUE ET DE LA CHANSON KABYLEs DE BÉJAÏA

Aït Menguellet se livre à son public

Le chanteur Lounis Aït Menguellet. ©D. R.

Dans le cadre du 9e Festival culturel local de la musique et de la chanson kabyles de Béjaïa, (27-30 septembre), qui se tient à la maison de la culture Taous-Amrouche,  une rencontre a été organisée, jeudi, avec le chanteur Lounis Aït Menguellet.  Le public, venu nombreux, a pu découvrir lors de cette conférence, les différentes facettes de l’artiste dont jusque-là beaucoup ignoraient. Modérée par le commissaire du festival, Boudjemmaâ Rabah, l’assistance a découvert lors de cette rencontre, les techniques de travail dans l’écriture et la composition des textes de leur idole. Très ému par cet hommage poignant qui lui a été rendu de son vivant et à l’occasion de ses 50 ans de carrière, le conférencier a révélé sur son travail artistique avec modestie. “J’essaye toujours de dire ce que je pense, sans courir la vedette. Je dis les choses comme je les vois et comprends, et ce, sans me dire que j’ai raison”, a-t-il déclaré.  Questionné sur ses textes, Aït Menguellet indique que dans l’écriture, il cherche des mots accessibles usés dans le parler quotidien kabyle. “Je veux que le poème soit fort. C’est à vous de le juger”, a-t-il soutenu avant d’interroger le public s’il utilise des mots que ce dernier ne comprend pas. Ses œuvres, signale-t-il, sont composées quand l’inspiration lui vient pour ses textes et la musique. “Je ne choisis pas le temps pour composer une chanson. J’ai écrit à la maison, dans le train, dans les champs, etc. Je ne choisis pas les moments et encore moins les provoquer. Ils viennent seuls”, fait-il savoir à son public. Et de renchérir : “Parfois, je compose une chanson à partir d’une image qui me traverse l’esprit et parfois à partir d’un mot que j’entends dans mes conversations avec des gens simples et qui provoquent un déclic chez-moi.” À ce propos, Aït Menguellet raconte au public quelques anecdotes : “Quand j’ai composé Ayagu, j’étais au volant de ma voiture. Quand le brouillard s’est levé devant moi à Takhoukht, cette image m’a donné de l’inspiration et j’ai rebroussé chemin et rentrer chez-moi pour écrire cette chanson”, a-t-il narré pour dire que ses chansons sont composées parfois à partir d’une image ou d’un mot entendu, ou alors au gré d’une rencontre.
Au sujet de son riche répertoire, l’artiste révèle que peu de ses chansons traitent de son vécu quotidien. “99% de mes chansons sont le fruit de mon imagination”, a-t-il révélé. Pour ce qui est de sa musique, Aït Menguellet dit qu’elle lui vient instinctivement. “La curiosité m’a conduit à tout sauf à la musique. Je l’ai laissé à mon instinct. Je reconnais que j’ai eu tort”, a-t-il dit avec regret. Néanmoins, l’orateur a précisé avoir été impressionné par ce qu’il a été dit sur sa musique lors de la rencontre. À rappeler que cette conférence a été marquée par les interventions d’Itime Nacer, inspecteur de musique, et par le professeur de musique, M. Hocine. Durant leur intervention, les deux conférenciers ont tour à tour “décortiqué” d’une manière très technique la musique d’Aït Menguellet. Ils soutiennent que l’artiste a gardé tout au long de sa carrière son propre style musical. “Il suffit d’écouter les premières notes musicales pour s’apercevoir que c’est la chanson d’Aït Menguellet”, relèvent les deux communicants, qui ont plaidé pour l’enseignement de la musique kabyle dans les écoles.
Par ailleurs, cette journée a été entre autres ponctuée par les témoignages de deux ténors de la chanson kabyle, Kamal Hamadi et Akli Yahiaten en l’occurrence, et l’universitaire et militant de la cause amazighe, Hacène Hirèche. Les trois n’ont pas manqué de faire l’éloge de Lounis Aït Menguellet pour ses œuvres magistrales, mais aussi pour sa simplicité et sa modestie. Hacène Hirèche a annoncé, sous un tonnerre d’applaudissements du public et des you-yous stridents des femmes, l’attribution, le 3 octobre 2017, du diplôme de doctorat honoris causa à Aït Menguellet par l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

L. OUBIRA


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