Scroll To Top
FLASH
  • La demande de remise en liberté provisoire de Louisa Hanoune rejetée par le tribunal militaire de Blida.

Culture / Culture

Ancien animateur à la Radio nationale Chaîne II

Ali Necib, un poète qui décrypte les pulsations sociales

C’est cet amour pour la Kabylie profonde et pour la poésie qui avait bercé son enfance que le poète Ali Necib garde encore en mémoire cette poésie déclamée par sa défunte mère. La mère ou “tamurt” (le pays), deux sources d’inspiration dont “les sujets traités, dira-t-il, ne viennent pas sur commande mais se structuraient dans mon esprit en fonction des représentations mentales dont le désir identitaire figure au hit-parade de mes écrits”. 

Ancien animateur à la Radio nationale Chaîne II, durant les années 70, 80 et 90, il avait traité, à cette époque-là, de tout ce qui était lié à notre société, surtout, a-t-il dit, que “les paramètres sociologiques et psychosociologiques qui représentent des pesanteurs négatives tirant la société vers le bas, retarde son anticipation et inhibe l’espoir de l’Algérien”. 
Ali Necib, qui compte éditer son premier recueil de poésie à la fin du mois de Ramadhan, compte des centaines d’écrits en rimes ou en prose. “Ces écrits sont les témoins de ce qu’était l’expression engagée dans un monde amazigh verrouillé. La langue amazighe n’avait pas le droit à l’expression alors qu’elle voulait sortir de l’étouffement pour embrasser d’autres volets de la pensée universelle et mettre en exergue les aspects de notre histoire ancienne”, estimera Ali Necib tout en exprimant son souhait “d’organiser ses écrits sur la question amazighe durant son long passage à la radio, par thèmes et nature chronologique afin qu’ils soient publiés en livre ou en thèse par des étudiants qui s’intéresseraient à la question berbère telle qu’elle a été véhiculée à la radio”. Il compte aussi un livre en chantier portant sur les dégâts que causent les fausses croyances héritées des sociétés sous-développées sur l’émancipation de l’esprit. Pour la poésie qui l’a toujours fasciné, Ali Necib avoue qu’il l’a toujours déclamée depuis son jeune âge. “La poésie est un mode d’expression très esthétique, agréable à l’écoute et qui permet d’exprimer des idées de tous ordres. J’ai eu la chance d’avoir eu aussi une mère poétesse, presque clandestinement, tant la société était verrouillée et où toute forme de culture était prohibée à l’époque”, se rappelle Ali Necib. Il précise même que “durant ma scolarité, j’ai eu également à passer en revue tous les grands poètes du Moyen Âge, tels que Verlaine, Victor Hugo, Baudelaire, Guillaume, Apollinaire, tout cela pour dire que la poésie est pour le cœur ce que la musique est pour l’esprit”. En conclusion, Ali Necib estime encore que “le verbe est un détonateur formidable qui peut éteindre des brasiers, soulever des montagnes mais aussi avilir le despote, le rendre au rang de résidus que l’histoire oubliera. La poésie donne au poète une aura de vainqueur en toute circonstance. Ne dit-on pas que les poètes ne meurent pas, et ce, en rapport avec leurs écrits qui sont trans-générationnels”. C’est dire qu’en fait, Ali Necib, ce poète de l’ombre, décrypte les pulsations sociales qu’il restitue à qui de droit. 


K. Tighilt 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER