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Culture / Culture

CONFÉRENCE-DÉBAT D’ABDERRAHMANE DJELFAOUI À TIZI GHENIFF

Anna Greki, “un livre, une histoire”

Le cinéaste et écrivain Abderrahmane Djelfaoui a animé une conférence, samedi dernier à la librairie KLMI-éditions, autour du combat de l’une des grandes militantes de la cause nationale en la personne de la poétesse, auteure de Algérie, capitale Alger, Anna Greki.

La librairie KLMI-éditions de Tizi Gheniff (50 km au sud de Tizi Ouzou) a abrité, avant-hier, à l’occasion de la commémoration des événements du 11 décembre 1960, une conférence animée par le cinéaste et écrivain Abderrahmane Djelfaoui autour du combat de l’une des grandes militantes de la cause nationale en la personne de la poétesse, auteure de Algérie, capitale Alger, de Anna Greki, de son vrai nom Anna Colette Grégoire, native de Menaâ, à Arris, dans la région de Batna. “Nous avons un patrimoine fabuleux fait par des femmes et des hommes qui ont relevé le défi en affrontant la 5e puissance du monde. Va-t-on l’abandonner et le laisser à l’oubli ?”, s’interrogera l’orateur.
Anna Collette Grégoire, Zhor Zerrari, Djamila Bouhired, Claudine la Cascade, Annie Steiner et bien d’autres militantes, dira-t-il, font partie de ce patrimoine.
L’invité de KLMI commencera, alors, par rappeler à l’assistance qu’Anna Colette Grégoire, l’Auressienne, l’Algérienne, a tout abandonné pour participer à la guerre de Libération nationale. “Elle sera arrêtée en 1957 et sera torturée par les tortionnaires de Bigeard et de Massu dans la sinistre villa Susini, sur les hauteurs d’Alger. Elle aura cette chance, en dépit de tous les sévices atroces, de rencontrer dans la même cellule, Nassima Heblal, secrétaire de Abane Ramdane et de Benyoucef Benkhedda pendant six mois. Et c’était elle qui sortit de la cellule l’information reproduite par Djamel Amrani dans Alger Républicain. Ainsi, on sut que Nassima était encore vivante”, confiera-t-il. Anna Colette Grégoire fut transférée ensuite à la prison de Serkadji où elle rencontra d’autres militantes arrêtées comme elle pour la même cause. Elle passa deux ans de prison alors qu’elle n’avait que 26 ans, puis six mois au camp de concentration de Béni Messous, avant d’être expulsée à Avignon, en France, où elle sera prise en charge par la Fédération de France du FLN jusqu’en 1960, puis envoyée en Tunisie jusqu’à l’indépendance. “C’était elle qui avait écrit un article sur l’assassinat de Mouloud Feraoun dans Jeune Afrique”, se rappellera M. Djelfaoui. Il s’émerveillera du profil de cette femme-courage qui composa alors qu’elle était dans une cellule de 7 mètres carrés avec 40 autres prisonnières, tous les poèmes publiés en 1963 dans le recueil Algérie, capitale  Alger. “C’est le premier livre de poésie qui paraît après l’indépendance dans un contexte difficile. Et il a été édité en Tunisie dans les deux langues, arabe et français.
Depuis, il n’a jamais été réédité. Pourtant, ce sont des poèmes engagés pour la liberté, l’amour…”, expliquera-t-il. Abderrahmane Djelfaoui évoquera pour l’occasion d’autres poèmes et parlera aussi d’une autre combattante et militante : Zhor Zerrari qui avait, elle aussi, produit Poèmes de prison. L’écrivain-poète, séduit par ce personnage, prépare la biographie d’Anna Greki. “Elle mourut à l’âge de 33 ans, mais elle avait laissé derrière elle une vie pleine. Je ne m’intéresse pas à la biographie ordinaire de la personne, mais je voudrais “explorer” le profil et l’intérieur de cette femme combattante.
D’ailleurs, je suis en contact avec les personnes qui l’avaient connue. En tout cas, son histoire est hors du commun”, indiquera-t-il. Il terminera par cette question : “Plus de 50 ans après l’indépendance, c’est la Bibliothèque nationale de France qui prépare la célébration du centenaire de la naissance de Mohammed Dib. Qui fera l’anniversaire d’Anna Greki, de Tahar Djaout, de Mouloud Feraoun ? Qui protégera aussi tout ce patrimoine. Attendra-t-on toujours les autres pour le protéger et l’épanouir ?”.


O. G

Publié dans : Anna Greki

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