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Culture / Culture

Farida Sellal, écrivaine, à “Liberté”

“Après l’imzad, le diwan comme patrimoine mondial”

©D. R.

Rencontrée au stand algérien de Livre Paris 2018 (du 16 au 19 mars derniers) où elle dédicaçait ses ouvrages, et particulièrement son dernier livre autobiographique Nomade (Casbah Éditions 2017), l’écrivaine algérienne Farida Sellal a bien voulu nous accorder un entretien.

Liberté : Avec vos livres Sauver l’imzad, Assouf, Silences, Sahara, royaume des silences, tous édités chez Casbah, vous affirmez votre profond attachement au Hoggar, à sa beauté et à son histoire. Est-ce une passion pour la vie ?
Farida Sellal :
J’ai découvert le Hoggar quand je devais avoir 25 ans. C’est là-bas que j’ai retrouvé mes racines, gravées sur la pierre, sur la trace des anciens ; que j’ai rencontré de vieux Touareg qui m’ont appris l’histoire. L’imzad aussi raconte l’histoire, depuis la bataille de Tit jusqu’ à nos jours. Tout est chanté sur l’imzad. Ce qui m’a attirée, c’est cette vérité qu’on ne trouve pas dans les livres et que je découvre dans les immensités du Sahara. Quand je suis dans le désert, je suis émerveillée, comme un enfant qui se réveille enchanté par une féerie.

À vous lire, le Hoggar, le désert en général, les vastes espaces, les populations qui y vivent, leurs us et coutumes, sont bien plus qu’une culture, c’est une véritable philosophie de la vie.
Exactement, c’est une philosophie, une leçon de vie. On dit que le désert est un apprentissage. On retient ce que comporte ce mot : “apprend-tisse-âge”. Pour connaître le désert, il faut d’abord l’apprendre, et pour en tisser la trame croisée qui lie le ciel à la terre, il faut savoir attendre, prendre de l’âge. Je crois que quand j’étais jeune, et que je travaillais dans le désert, je ne voyais pas réellement ces choses-là.

Qu’est-ce qui a changé ?
C’est maintenant que les émotions sont sorties, que je redécouvre toute la beauté et la profondeur culturelle du grand Sud. À l’époque, j’étais occupée par mon travail. À la retraite, je m’attache à toutes ces beautés que j’ai montrées. C’est tellement sublime et c’est cela qui me fait vivre et revivre.

Avez-vous d’autres ouvrages en projet ?
J’ignore comment Nomade va être perçu par le public en Algérie. Peut-être que je ferai la suite. Je suis très sincère, je ne sais pas écrire ce qui est fiction, je ne sais écrire que ma réalité, ce que mes parents m’ont appris ; donc cela dépendra de l’évolution de mon état d’âme et d’autres choses, aussi je ne peux pas vous répondre directement.

Quelles sont les perspectives de l’association Sauver l’imzad ?
L’association active toujours, mais je ne devrais plus l’appeler “Sauver l’imzad”. On va lui changer de nom car l’imzad est désormais inscrit au patrimoine mondial. L’objectif initial de l’association a été atteint grâce au travail de tous, y compris des médias. Je n’aime pas qu’on dise que Farida Sellal a sauvé l’imzad car c’est réellement le résultat d’un effort collectif. Maintenant que l’imzad est devenu patrimoine mondial, j’ai un autre projet dans le même sens. Mon but est de travailler sur le diwan. Je suis présidente d’honneur de Dar diwan qu’on veut construire à Béchar.
Comme je l’ai fait pour l’imzad, je me suis lancée maintenant dans le diwan et je souhaite que tout le monde m’aide à créer une fondation du diwan pour qu’on puisse inscrire ce genre musical comme patrimoine mondial. C’est mon rêve le plus fort.*

Entretien réalisé à Paris par : Ali Bedrici


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